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Au Soudan

Avant de me rendre au Soudan, je ne savais pas grand chose de la situation du Darfour. J'avais entendu dire que : "C'est le pire génocide de notre époque" et vu quelques images sur CNN...
30 août 2007, 5:20pm

Avant de me rendre au Soudan, je ne savais pas grand chose de la situation du Darfour. J'avais entendu dire que : "C'est le pire génocide de notre époque" et vu quelques images sur CNN montrant la milice Janjaweed en train d'exterminer des villages entiers. On a décidé d'y aller parce que notre photographe anglais préféré, Jamie-James Medina, chattait depuis un moment avec une de ses vieilles copines attachée de presse pour les Nations Unies à Khartoum. Elle a réussi à nous obtenir des visas et des billets d'avion. On s'est dit: "Fuck it" et on a pris le premier vol. Dans l'avion, je me suis envoyé 300 pages d'explication sur la situation. Ça m'a cloué: 400 000 personnes tuées et 2
millions déplacées en moins de quatre ans. Le tout survenant juste après une
autre guerre civile qui avait fait plus de 2 millions de
morts et en avait déplacé plus de 5 millions d'autres. Lorsque
l'avion a atteri à Khartoum, j'ai eu le plus intense "qu'est-ce que
je fous là?" de toute ma vie.

Voici un des Enfants Perdus qui habitent à l'intérieur du marché. Ils sont tous accros à la colle. Parfois ils viennent au refuge pour manger, mais la plupart du temps, ils survivent avec ce qu'ils volent ou ce qu'ils trouvent dans les poubelles__. Ce kid est totalement accro. Il m'a assuré qu'il n'avait pas sniffé, mais quand il toussait, ça sentait comme si une maquette d'avion allait décoller de sa bouche.

Lui, c'est Rasheed devant de sa maison construite avec de la boue, de la bouse et de la paille. Il vient du Darfour. Il a essayé de s'en échapper avec son petit frère âgé de deux mois, mais les Janjaweed ont arraché le bébé de son dos et l'ont brûlé vif. C'était notre guide. Lorsque on est partis, on a découvert que la police secrète nous avait suivi en permanence. On était très inquiets des conséquences que ça pouvait avoir pour lui.

Lui, il essayait de pêcher des poissons dans une crique près du village, avec un morceau de popcorn attaché au bout d'un bâton, debout sur un tuyau d'égoût. Quand on lui a demandé pourquoi il avait choisi un tel endroit, il nous a dit que les poissons venaient ici pour manger les excréments. Pendant qu'on parlait avec lui, on a vu des gens arriver avec des barils de gaz et les remplir d'eau non-traîtée, pour aller les vendre au village comme si c'était de l'eau potable. Y en a pas de toute façon de l'eau naturellement potable dans le coin.

On a croisé ce graffiti en roulant vers Khartoum. Je me demande si 50 Cent sait qu'on l'écoute aussi dans des coins où on crève de la faim.

Eux, ce sont des enfants devant une madrasa, près de Khartoum. Leurs parents ont été tués au Darfour et ils sont maintenant réfugiés dans leur propre pays. Un cheik les a recueillis, nourris et habillés, en retour, ils doivent lire le Coran. Ils restent assis là jour et nuit à apprendre des prières inscrites sur leurs tablettes. Dès qu'ils ont appris un passage par coeur, ils l'effacent avec de l'eau et en inscrivent un autre. C'est tout ce qui leur reste.

Pour en voir plus, Série Inside Sudan sur VBS.tv