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Music by VICE

King Dude est plus Douglas Pearce que jamais sur « Desolate Hour »

L'aigle noir de Seattle nous a envoyé un extrait de son prochain album et quelques mots sur les kangourous, la MDMA et les Cathares.

par Tim Scott
24 Avril 2015, 9:45am


Image - David Fitt

Nombreux sont ceux qui aiment leur musique dark et menaçante, mais peu peuvent s'enorgeuillir de faire partie de la Greater Church of Lucifer (GCOL). C'est le cas de TJ Cowgill alias King Dude, l'auteur-compositeur-interprète connu pour ses puissantes balades et qui, désormais, représente une organisation qui embrasse Lucifer et l'Autre Chemin.

Ça se tient. King Dude a récemment écrit les morceaux « Lucifer is the Light of the World et « Desolate Hour », que vous pouvez écouter en intégralité juste en dessous, un titre issu de son prochain album, Songs of Flesh & Blood - In The Key of Light, qui comme vous vous en doutez abonde de références au « sang du diable et au « fils de Satan ». On lui a posé quelques questions alors qu'il rejoignait l'Australie, après un passage remarqué au festival Roadburn en Hollande.

Noisey : Tu viens de jouer au Roadburn où tu as réussi à instaurer une vraie intimité avec le public, ce qui n'est pas toujours facile dans des concerts aussi gros.
King Dude : Perso, quand je suis sur scène, j’aime autant jouer que parler et m’amuser avec le public. Parfois, je préfère même m’amuser avec eux, peu importe qu’il y ait 6 ou 600 personnes. En plus quand je joue, je picole quasiment à chaque fois, et donc après j’ai tendance à adresser la parole à tout le monde.

Tu viens de débarquer en Tasmanie, qui a un passé relativement sombre et sanglant. C’est un endroit qui a l’air de coller aux thèmes que tu abordes dans tes textes.
J’ai toujours voulu aller en Australie. En fait, ce qui m’attire le plus, c’est la réserve naturelle de Bonorong. Je crois qu’on est même autorisé à approcher, à nourrir et à prendre en photo ces petits animaux tout mignons. Je sais que ça peut paraître un peu débile mais j’adore les animaux et je n’ai jamais vu de kangourous en vrai, donc c'est l'occasion rêvée.

On classe souvent ta musique dans le style néofolk. Tu connais Striborg, ce mystérieux mec de Tasmanie qui joue un style unique de neo-folk/metal ?
Oui j’ai découvert ce mec et sa musique dans ce documentaire réalisé il y a quelques années. Le néofolk pour moi est quelque chose de solide, je suis vraiment plongé dans ce mouvement, mais je ne sais pas si ma musique y correspond vraiment. C’est bizarre, on ne m’a jamais dit que je faisais du blues alors que je m’inspire autant de groupes néofolk que de groupes comme les Kinks ou Son House. J'imagine que c'est à cause des runes ?

Dans ton dernier titre, tu racontes l’histoire d’un mec qui a perdu sa femme et qui pactise avec le diable en donnant sa vie, pour qu’elle ressuscite. « The first time I saw her the Angels appeared / I knew what had to be done/ The blood in my veins mixed with MDMA / Jesus Christ told me I was in love ». C’est une histoire vraie ?
Il y a une part de vérité, et je crois que c’est le premier morceau dans lequel je décris mon amour pour une fille, en l’occurrence mon ex. Quand j’ai écrit ce texte, j'habitais à Seattle et elle à Berlin, et ce que je dis dans la première ligne est totalement vrai. La première fois que je l’ai rencontrée j’étais sous MDMA et je suis aussitôt tombé amoureux. On a commencé à sortir ensemble plusieurs années après cette rencontre. Quand j’ai écrit le morceau, on était déjà en train de rompre. C’était très dur pour moi, j’essayais de trouver une solution pour qu’elle retombe dans mes bras. Elle n’est pas morte, le reste de la chanson n'est qu'une allégorie. En tout cas, ce qui est dit dans le premier couplet s'ets réellement passé. J’hésitais à parler de MDMA dans mes textes, je ne savais pas si ça sonnerait débile ou pas, mais je l’ai quand même fait, car c’était la pure et simple vérité, et la vérité, c’est ce que veulent entendre les gens. C’est grâce à elle que j’ai appris tout ça.

Quelle signification se cache derrière le nom de ton label, Not Just Religious Music ?
C’est un hommage aux labels américains des années 20, 30 et 40. À l’époque, il y avait un paquet de musique spirituelle qui sortait sur vinyle — du Gospel et des chants chrétiens — mais les gens voulaient aussi écouter des morceaux différents, plus séculaires. C’est quelque chose qui se devait d'être pressé sur disque pour que l’auditeur sâche que qu'il n’avait pas seulement affaire à un label de musique spirituelle. Je crois que j’ai du lire cette phrase sur de vieux disques et je me suis dit que ça pourrait être un nom cool pour mon propre label. C’était il y a quelques années maintenant et j’ai une très mauvaise mémoire.

Qui est le plus grand parolier pour toi ?
Le meilleur ? Putain mec, je sais pas. J’adore Leonard Cohen, et Bob Dylan. Les deux étaient très bons. Mais je pense que Son House est vraiment mon préféré, j’y fais référence en permanence. Ce type était tellement sincère.

Tu as dit être passionné par les Cathares, ces hérétiques et dualistes du 12ème siècle que punissait sévèrement l'Eglise. C’est quoi le châtiment le plus sinistre qu'ils aient subi ?
Après qu’une ville cathare soit tombée durant les croisades, les chevaliers survivants avaient été alignés et attachés les uns aux autres à l’aide de cordes. Ils ne pouvaient plus bouger leurs mains mais ils pouvaient encore marcher. Les Croisés leur ont alors coupé la lèvre supérieure, le nez et leur ont arraché les yeux. Ils ont tous subi le même châtiment sauf celui qui se trouvait en première ligne à qui ils ont simplement enlevé un oeil. Puis ils les ont fait marcher jusqu’à la ville cathare suivante. Là-bas, ils ont montré aux autres chevaliers cathares le sort qui les attendait s’ils ne se rendaient pas. Je crois qu’ils se sont tous rendus.