FYI.

This story is over 5 years old.

Music

Young Scooter a profité du jour de l'an pour sortir sa nouvelle mixtape Street Lottery 2

Sortez vos calculettes.

Il n’y avait pas école le 1er janvier de l’an 2014, mais j’espère que tout le monde a sorti sa calculette afin de célébrer la sortie de la nouvelle mixtape de

Young Scooter

,

Street Lottery 2

. Le rappeur d’Atlanta a rebaptisé son rap « count music ». Tout ce qui l’intéresse, c'est de compter, particulièrement l’argent, et évidemment lorsqu’on se sert d’une calculatrice, c’est qu'il s'agit de grosses sommes (le plus gros hit de Young Scooter, « Columbia », parle d’importation de cocaïne « par tonnes »). Et les calculs pourraient se révéler encore plus complexes : après une année 2013 entachée par la peine que Scooter a purgé en prison, le rappeur espère enfin un sacre en 2014, pour voir tous ces comptables utiliser à bon escient leurs formules bizarres avec des exposants.

Publicité

Scooter avait sorti le premier volume de

Street Lottery

il y a pile un an. Depuis ses débuts en 2008, et plusieurs mixtapes au succès modéré, les gens ont toujours eu tendance à le considérer comme un appendice mineur de

Gucci Mane

, voire un simple pote d’enfance de

Future

. La situation a changé quand « Columbia » est devenu un micro-tube entre l’automne 2012 et le printemps 2013 et que

Street Lottery

a été unanimement acclamée. Caractérisée par l’habilité de Scooter à dompter des beats massifs avec un débit saupoudré et décalé, renforcé par une franchise sans limite, allant des défauts du système pénal à sa relation avec sa mère, la mixtape apportait la preuve que Scooter était bien plus qu’un rappeur lambda.

En avril dernier, Scooter a été envoyé en prison et n’est ressorti qu’en octobre, sous liberté conditionnelle. Une compilation sortie en août,

From The Cell Block To Your Block

, avait permis à Scooter de rester dans l’actualité, mais à part quelques titres comme celui réalisé avec Future (« Caught Up In These Streets »), on était loin de l’intensité développée sur

Street Lottery

. Avec

Street Lottery 2,

Scooter tente de capter à nouveau l’attention du monde hip-hop en s’appuyant sur ses succès de 2013. Et avec le gazillon de collaborateurs et de stars qu'il a réussi à caser en featuring, il y a de fortes chances qu’il réussisse. Il a dépensé quelques minutes de son temps précieux pour nous parler de son séjour en prison, de son processus d’enregistrement inhabituel, et de la cour du lycée.

Publicité

Tu es sorti de prison cet automne. Ça fait quoi de revenir ? Les choses ont changé ?

Non pas vraiment. Je suis juste préoccupé par mon buzz, je veux continuer à progresser. J’apprécie beaucoup le fait que mes fans m’aient soutenu tout le temps où j'étais derrière les barreaux. Vraiment, j’ai bataillé dur.

Tu sens qu’il y a une vraie connexion entre toi et tes fans ?

Ouais, mais c'est surtout dû à la musique. Il leur arrive sûrement de penser que je ressens la même chose qu’eux quand je leur parle. Et c’est une bonne chose. J’aime toucher les gens, les inspirer et les pousser à faire de l’oseille.

Tu leur as écrit une lettre ouverte quand tu étais en prison.

Ouais, je me devais de le faire, pour leur montrer qu’ils comptaient pour moi. Sans les fans, tu n’es rien. Ce sont eux qui te guident.

Quand as-tu commencé à enregistrer des morceaux ?

Vers 2008, 2009. Mais je ne prenais pas vraiment ça au sérieux. J’ai juste vu que Future décollait, alors je me suis dit que je pouvais le faire, moi aussi. On est du même quartier, on a passé 17 ans collés ensemble.

À quel point tu penses que la musique a fait évoluer ta relation avec Future ? Il y a de la compétition entre vous ?

Il mérite son succès, parce que c’est un bosseur. Je ne suis pas comme lui. Il est très bien là où il est aujourd’hui. Il m’a poussé à me dépasser. Mais son parcours est différent, pendant que je passais mon temps à zoner, lui rappait tout le temps. Ma musique décolle quand même, mais pas au même niveau que la sienne.

Publicité

Vous vous influencez mutuellement au niveau musical ?

Non. Lui me dit juste « vas-y fonce ». Mais on se soutient et on fait gaffe à la finition de notre son. Quand on fait un truc, on se sert simplement des conseils de l’autre.

Il y a d’autres gens qui t’inspirent à Atlanta ?

Non. Personne.

Il y a beaucoup de rappeurs à Atlanta, mai son dirait que tout le monde veut faire de la trap.

Je ne fais plus ce genre de musique depuis quelques temps, ce truc de jouer sur le beat, etc. Je ne fais pas ça. Moi, je rentre de plein fouet dans le beat, je parle de thune, de tout ça. Le son trap, qui se répète à l’infini, tu n’entendras pas ça chez moi. J’écris de la musique qui tourne autour de ma vie, donc c’est forcément différent. Tu ne vis pas ma vie, alors je ne fais pas ta musique. Il n’y a aucune chance que je fasse le même son que toi, parce que je rappe sur ma vie.

Sur ton morceau « Made It Through The Struggle, » tu parles du lycée.

Je n’avais aucune patience, je détestais rester assis en cours. Donc je n’ai jamais vraiment aimé l’école. Pourtant, j’ai eu le bac. Mais sérieusement, ça me saoûlait. Au lycée, je trafiquais beaucoup, c’était comme être dans la rue pour moi, ça a été un changement majeur dans ma vie. Je ne rentrais jamais chez moi, je restais là à traîner, toute la journée. C’était comme le quartier, il se passait tout le temps quelque chose.

Il y a un autre morceau où tu parles de ta mère. Quel type de relation as-tu avec elle ?

Publicité

Ma mère est une femme incroyable. Elle s’est prostituée, elle a enduré beaucoup de choses… Être l’enfant d’une mère qui connaît la rue m’a aidé à être plus fort. C’est une de mes plus grandes supportrices. Mon père, lui, je ne lui parle quasiment jamais. Je ne m’en soucie même pas en fait, tout ce qui m’importe c’est ma musique et continuer à faire évoluer mon truc.

Qu’est ce que ta mère pense de ta musique ?

Elle n’a jamais été emballée. Elle s’en foutait un peu en fait. J’allais au studio enregistrer des trucs pendant qu’elle était au travail, elle ne captait pas trop. Jusqu’à ça devienne sérieux, là elle a commencé à voir que ça marchait. Et elle est à fond maintenant.

A quel moment c’est devenu réellement sérieux ?

Quand j’ai fait « Columbia ».

Comment tu composes ?

Comme un coup de poing. J’écris rien, j’entre juste dans la cabine et c’est à ce moment-là que ça sort. Du pur freestyle, du rentre dedans.

T’as toujours procédé comme ça?

Non, j’ai commencé en écrivant. Mais rentrer dans un beat, à l’instinct, c’est le meilleur moyen.

Qu’est ce qui t’a fait changer de technique ?

Traîner au studio, avec Future, Gucci, et tous ces mecs. Ils font pareil. Ils ne sont pas là, assis, à écrire des textes, à gaspiller leur temps. Le temps c’est de l’argent, surtout dans un studio.

Les gens critiquent justement tes paroles pour leur manque de profondeur.

Ouais. Mais la profondeur, ce n'est pas mon truc. Il s’agit juste de parler de moi, de faire de l’argent. Je ne suis pas là pour faire des rimes et balancer de gros lyrics. Non, je ne fais pas ça. Les 10, 15, 20 derniers mecs qui sont sortis de la scène d’Atlanta, aucun d’eux ne rappe comme ça. Et ils sont au top actuellement. Il y a du rap à textes, mais il ne se vend pas.

Publicité

Tu crois que ce rap est plus accepté à Atlanta que dans d’autres endroits ?

Ouais, mais je crois qu’il est de plus en plus accepté à travers le monde maintenant. Je ne vois personne qui fait de la musique à textes. Je n’en entends nulle part. Dans mon quartier, personne ne fait ce genre de musique.

Comment as-tu fait pour te faire connaître au début ?

J’ai passé pas mal de nuits dans les clubs. En filant des CD à droite à gauche, ou toutes sortes de trucs. Mais la promotion la plus efficace a été la rue. Quand t’es un rappeur et que tu parles de la rue, toute la rue est derrière toi. Et c’est ce qui m’arrive maintenant.

Des mecs connaissaient ta musique en prison ?

Certains, ouais. Mais là-bas tu dois faire profil bas, rester toi-même et rester humble. Fais ton temps et rentre tranquillement chez toi.

Il y a des choses au sujet du système judiciaire où du fonctionnement de la prison dont tu aimerais parler ?

Je pense que c’est une escroquerie, vraiment. Le monde doit savoir que toutes les prisons sont corrompues. Le système est corrompu, les juges, les avocats. Tu ne peux même pas faire confiance à ton propre avocat. Mieux vaut que tu te défendes tout seul puisque de toute façon, à l'arrivée, un avocat commis d’office t’enverra en taule.

Tu appelles ton rap « count music » ?

Je l’ai appelé comme ça parce que tout ce dont je parle tourne autour de l’argent, du trafic, du deal, et de toutes ces activités de rue. Tout ce qui sort de mon rap est relié à l’argent, donc « count music ».

Publicité

Qui est le Black Migos Gang ? Tu sais qu’il y a un autre groupe qui s’appelle déjà Migos ?

Black Migos Gang, c’est notre quartier. Les gens dont tu parles sont juste d’autres types qui sont arrivés dans le game. Ils ont leur propre truc. Je ne fais pas partie de leur bande. Je sais qu’ils sont vrais. C’est juste confus pour les fans parce qu’eux ne savent pas. C’est vraiment marrant d’ailleurs. Les gens croient que je suis en beef avec eux ou un truc comme ça. Je ne suis pas en beef avec ces kids.

Tu viens de quel quartier ?

Kirkwood. Zone 6.

La Zone 6 a plutôt une sale réputation. Comment tu décrirais l’endroit ?

Il y a pas mal de musique en Zone 6. Mais bon, c’est une musique qui va avec l’environnement. C’est plein d’embrouilles et de trafic, ici. Il n’y a que ça en Zone 6. Et il n’y a qu’un seul Black Migos Gang, pas deux.

T’as l’impression parfois que certains essaient de créer des rivalités ?

Oh ouais. Tu sais bien que le rap game est un endroit propice à tous les coups bas. Untel clashe untel, etc. Moi je ne clashe personne, donc s’il y a un problème, on peut le régler en dehors d’un morceau. Il n’y aura jamais de beef avec moi. C’est comme dans les médias : « Je sais que machin le déteste »… Ou comme quand tout le monde me sortait : « Hey cousin, c’est toi qui es avec Migos ? » Je le répète, je ne fais pas partie de leur truc. Je suis avec le Black Migos Gang.

Ta mixtape Street Lottery 2 est sortie le jour de l’an. Parle m’en un peu.

Publicité

Street Lottery 2

est un condensé d’énergie, bien différent de la première. J’ai invité Cam'ron, Future, Waka, Wiz Khalifa, et quelques autres. J’ai pris plus mon temps sur celle-là. Sortez votre calculette, c’est ce que je dis aux fans, parce qu’il va être question de beaucoup d’argent là.

Tu as dit dans une interview que tu étais content de rester indépendant et de n’être signé sur aucun label. Tu le penses toujours ?

Je ne dis pas que je signerai jamais nulle part. Mais je ne veux pas me retrouver ligoté pour rien. Être indépendant c’est bien, mais tu dois dépenser des putain de sommes d’argent, pour ta promo. Si la situation se présente et que le timing est bon, je le ferai.

Kyle Kramer a passé une très bonne année. Il est sur Twitter -

@KyleKramer