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Pharrell nous explique ce que ça fait d'être l'auteur du plus gros hit du moment

« La définition et la signification du mot qualité vont changer cette année. »

Pharrell fait de la musique depuis une vingtaine d’années. Pourtant, il aura fallu attendre 2014, l'année de son 41ème anniversaire, pour qu'il connaisse le plus gros succès de sa carrière.Bien sûr, ses productions pour Jay-Z ou Madonna et ses contributions sur des morceaux comme « Drop It Like It's Hot » de Snoop Dogg, ou « Blurred Lines » de Robin Thicke en ont fait une star incontestée et une sérieuse garantie de succès international. Mais le public avait, malgré tout cela, toujours du mal à le considérer comme un véritable artiste solo. Jusqu’à aujourd’hui.

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« Happy », le premier single de son nouvel album,

G I R L

, est un phénomène sans précédent qui a propulsé Pharrell à la première place du Top 100 US, où il se maintient tranquillement depuis sept semaines. Se retrouver en tête du Top 100 US est déjà un exploit en soi, mais s'y accrocher plus de deux mois, c'est tout simplement inhumain. C’est dans ce genre de situation que l’on peut vraiment commencer à parler de « disque de légende. »

On a discuté rapidement avec Pharrell de ces impressions sur ce qui est devenu le plus gros hit de la planète, de la sgnification profonde de son nouvel album

G I R L

, et de son amour pour le public.

Noisey : « Happy » représente plus qu’un hit. C’est un moment clé de la pop culture. Tu le ressens comment toi ?

Pharrell :

C’est génial parce que je sais que je n’en suis pas le seul responsable. Ok, je suis l’auteur de la chanson, mais ce sont les gens qui sont derrière tout ce succès. Quand tu prononces les mots « gros », « énorme », « succès », tu te réfères surtout à la réaction du public envers quelque chose. Chaque fois que quelqu’un vote, ou recommande, ou télécharge, il contribue au mouvement que symbolise désormais « Happy ». Et ils l’ont hissé jusqu'à la première place. La seule chose que je puisse faire c’est créer un morceau. Mais combien de chansons géniales sortent aujourd’hui ? Et elles ne sont pas toutes promises à un tel destin, à de telles réactions. Quand tu es jeune, tu penses que tu es le seul responsable de ton succès, mais quand tu composes depuis un bail comme moi, tu sais que le succès, ce sont des éléments qui semboîtent. Parfois tu penses qu’un morceau va exploser et puis il ne se passe rien, pour diverses raisons. Je suis vraiment content que tous les éléments se soient réunis pour nous créer ce moment et je vais continuer à être loyal envers ça.

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Tout ce phénomène a été provoqué par une chanson très positive, c’est gratifiant non ? On dirait qu’avec « Happy », il y a eu un changement d’humeur général. Même ma mère m’a dit qu'elle adorait ce morceau. C’est un truc que tu ne peux pas atteindre avec un morceau négatif. « Happy » entraîne un certain type de message, une certaine attitude.

Qui aurait cru que les choses se passeraient comme ça ? C’est surréaliste. Je suis vraiment reconnaissant envers les gens à qui la chanson a plu. Et pareil pour

G I R L

. L’accueil a été tellement favorable et chaleureux. Même si mon boulot n’est pas parfait, je pense que tout le monde comprend que le dénominateur commun est d’être sûr que le résultat ait de la valeur, d'un point de vue esthétique. Ok, j'entends les morceaux, mais qu’est ce que je ressens ? C’est comme ça que ça se passe. La définition et la signification du mot qualité vont changer cette année. Vous allez la voir évoluer très rapidement. Avant, c’était une Ferrari. Ou un gros chèque. Maintenant, ça va être : « Comment cette foule réagit quand je rentre dans la salle ? Qu’est ce que cette chanson me fait ressentir quand je la chante ? Qu'ai-je aprris en visitant ce site ? » Le sentiment va redevenir la clé. Quand j’étais gosse, on écoutait de la musique et on la

ressentait

. Un disque comme « Cry Together » des O’Jays, je ne savais pas vraiment de quoi ils parlaient, j’étais trop jeune, mais je pouvais le sentir.

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J’ai été assez surpris de lire ce que tu pensais de ton premier album solo

,

In My Mind.

Tu as dit ceci : « Ce n’était pas de la joie. Juste de la frime. » Mais cette frime a pourtant apporté de la joie à pas mal de gens. Beaucoup pensent que

In My Mind

est un classique. J’ai réalisé avec le temps qu’il y avait de la valeur en dehors des choses matérielles, mais quand tu es jeune, que tu regardes la télé, cet album faisait vraiment écho à plein de choses. Aujourd'hui, ce nouvel espace créatif dans lequel tu évolues m’intéresse, mais je regrette un peu le type de musique que tu faisais sur In My Mind.

Ok, soyons clairs, j’étais bien trop « passionné » à cette époque. Il y avait des sentiments dans cette musique et j’étais relativement émotionnel, mais ça avait plus à voir avec une question de tonalité. C’est comme quand ton téléphone passe en veille, la lumière s’estompe avant de s’éteindre. Je traversais une phase difficile de ma vie, j’étais affaibli. Je me suis retrouvé à faire de la musique pour être en compétition avec les autres. C’est pour ça que, pour moi, les albums de N.E.R.D. avaient globalement des vertus bien plus médicinales que

In My Mind

.

In My Mind

était un disque émotionnel, et les émotions sont comme des montagnes russes, mais mon nouvel album est plutôt comme un avion. Il plane du début à la fin. Il n’est même pas constitué de morceaux. Dessus, je ne pense pas à moi, je donne juste mon avis sur les femmes.

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G I R L

est une histoire d’amour dans laquelle les gens peuvent se reconnaître.

Ernest Baker ne laisse jamais son téléphone passer en veille. Il est sur Twitter

@ernestbaker