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Israel Regardie n'est définitivement pas un groupe « occulte »

Le groupe de post-punk lyonnais nous a envoyé un morceau de leur prochain album et a répondu à 13 de nos questions.
11.9.14

Lorsque vous vous réveillez, pressentez-vous qu'un évènement particulier va se produire dans la journée ? Vous arrive-t-il d'invoquer des esprits ou des puissances avec succès ? Vous arrive-t-il de percevoir les sons des sphères éthériques ? Autant de questions auquel Israel Regardie, groupe créé à Lyon en 2012 et empruntant son nom à la figure de l'ésotérisme anglo-saxon, n'a pas pu répondre. On les en félicite ! Et on vous invite d'ailleurs vivement à bannir le mot « occulte » de votre vocabulaire. Après un excellent EP coldgaze sorti l'année dernière, Tu n'es personne, le groupe est en train d'enregistrer un album complet de 9 titres dont vous pouvez écouter un extrait exclusif juste en dessous, « Eternal Light ». Pour l'occase, ils ont répondu sans se montrer à 13 de nos questions.

Noisey : Vous existez depuis quand ?
Vincent : Depuis un peu plus de deux ans. On a commencé à faire de la musique avec Chris dans son 12m2 il y a quelques années maintenant. On a débuté par une sorte de garage/post punk débile qui s'appelait Ghetto Youth. Après on s'est dit qu'on voulait faire quelque chose de plus beau et de moins drôle, ça a donné Israel Regardie. Entre les deux on a aussi eu CAVE avec Chris à la guitare et moi à la batterie, ça ressemblait à un truc entre Drunkdriver et les premiers albums de The Men, mais en moins bien.

Comment se passe la vie d'un groupe de cold-punk à Lyon, la ville de Haine Brigade ?
On ne sait pas trop en fait. On ne joue pas souvent, mais lorsqu'on joue c'est plutôt cool, et les retours qu’on a sont toujours positifs.

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Vous avez eu pas mal d'autres groupes avant Israel Regardie. Comment la froideur vous a réuni ?
Vincent : Chris a joué dans pas mal de trucs ouais, et joue toujours, seul, dans Abschaum. Antoine a eu pas mal de groupes aussi. Quant à moi, j'ai d'abord joué dans des groupes de punk/hardcore de province, maintenant il ne me reste plus que Veuve SS et Israel Regardie, et ça me va totalement. C'est plus la rouille et la bière premier prix qui nous a réunis.
Antoine : J’ai joué dans un groupe post-punk qui s’appelait Le Parti sur Sainté… on s’est arrêté il y a 4 ou 5 ans. J’ai ensuite fait Man In Box avec Chris, un projet 80’s à la limite de la parodie… Puis la rouille…

C'est pour quand les paroles en énochien ?
Vincent : On va d'abord essayer le français, mais c'est pas gagné…

C'est un effet de mode à votre avis les références occultes dans la musique ou ça a toujours été plus ou moins là ?
Vincent : Ça a toujours été là, après t'as toujours l'effet de mode qui pousse les groupes à embrasser l'image qui va avec la musique, et pas que dans la cold wave ou le post-punk. La différence se fait surtout avec la musique et la manière de faire les choses. Tu peux être aussi occulte que tu veux, si t'es une merde, tu restes une merde. Quant a nous, on n’a d’occulte que le nom, qu'on trouvait joli. On a songé à changer histoire de ne justement pas trop jouer là-dessus, et puis on s'est finalement dit qu'on s'en tapait.
Antoine : Oui, après t'as des vagues… Mais l’occulte était déjà à la mode quand les Doors ont sorti « The End »… Sinon ça se joue effectivement dans la manière. Quand on lit sur un flyer : « entre Joy division et The Cure » c’est certainement pas ça qui va nous motiver…

Il y a des francs-maçons dans votre entourage ?
Vincent : Oui, le grand père de la copine de Chris, il a même une bague vraiment occulte, paraît-il.
Antoine : On est bien entourés à Lyon. J’ai découvert une cave en bas de mon immeuble avec des drapeaux aux sigles étranges… sans doute un lieu de réunion mais j’en sais pas plus.

Croyez-vous aux illuminatis ? Le cas échéant, croyez-vous en Rockin’ Squat ?
Vincent : Non, mais Julien, un ami à nous, a un cousin qui croit que le monde est en fait gouverné par des reptiliens tapis dans l'ombre, comme ce bon vieux Loïc Sellas…

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Vous sortez votre premier album album bientôt. Où, quand, comment ? Il y a une tournée de prévue cet automne ?
On doit finir d'enregistrer proprement nos nouvelles chansons (il en reste 8 !), donc on espère sortir quelque chose avant 2015. On va tout faire pour essayer de jouer plus, surtout que maintenant, nos potes Flo, Morgan et Nabil (qui s’occupe du fanzine I love/hate it here) nous aident pour les concerts.

Est-ce que la maturité a complètement effacé vos influences shoegaze ?
Tu l’as vraiment écouté ce morceau ? Parce qu’on s'est vraiment fait chier à trouver une fin shoegaze !

C’est quoi le groupe anglais qui vous a le plus poussé à faire ce son ?
On a fait en sorte de ne pas trop copier New Order. De son côté, Chris a tenté de plagier Spacemen 3.

Il a des groupes actuels dont vous vous sentez proches ?
On a joué avec Weekend et Merchandise qui viennent tous les deux du punk/hardcore et ça se sent, ils jouent super bien, sont super humbles et intéressants. Ca change des groupes qui se veulent cool mais se comportent comme de grosses merdes. Avec votre musique, vous ne craignez pas qu’on vous traite de « gotchiques » ?
Ce mot est tellement éprouvant à lire… Tellement qu'on ne va pas répondre. Ce qui est sûr c'est qu'après la parution de cette interview, on va effectivement bien se faire traiter.

Pour les lyonnais, Israel Regardie jouera au SONIC le 8 octobre prochain en première partie de Lust For Youth.

Rod Glacial croit uniquement en la toute-puissance du Froid. Il est sur Twitter - @FluoGlacial