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Basement revient livrer la bonne parole au peuple emo avec « Promise Everything »

Ça sonne, en gros, comme un mélange de Jimmy Eat World et Soundgarden, soit exactement ce qu'on est en droit d'attendre d'un disque de rock alternatif.

par Emma Garland
26 Janvier 2016, 1:45pm

Groupe originaire du Suffolk, Basement semblait avoir fait le tour de la question fin 2012 avec son deuxième album, Colourmeinkindness. Mais à l'écoute de leur nouveau LP, Promise Everything, toujours chez Run For Cover, il semble que ce n'était pas du tout -mais alors pas du tout- le cas.

Si Colourmeinkindness s'éloignait déjà du pop-punk de leurs débuts, flirtant ouvertement avec la tendance néo-grunge de 2012, Promise Everything semble avoir trouvé l'équilibre parfait entre mélodies et parties agressives. Ça sonne, en gros, comme un mélange de Jimmy Eat World et Soundgarden, soit exactement ce qu'on est en droit d'attendre d'un disque de rock alternatif. On a profité de la sortie de ce nouveau disque (que vous pouvez écouter en intégralité ci-dessous) pour contacter le guitariste du groupe, Alex Henery, pour parler fanbase, gastronomie et rêve américain, à quelques jours de la nouvelle tournée de Basement, qui se terminera à Paris le 2 mars prochain.

Noisey : Vous aviez mis le groupe en veille après la sortie de Colourmeinkindness en 2012. Il s'est passé quoi entre cette période et le nouvel album ?
Alex Henery : Eh bien, ce qu'il s'est passé, c'est que le groupe est désormais notre « job » à plein temps. Appeler ça un job est tellement bizarre, mais c'est le cas. C'est cool de pouvoir dédier tout son temps à ça. Avant, on avait juste des tafs à temps partiel qu'on lâchait au moment de partir en tournée. Mais en gros, c'est toujours la même chose, on est toujours potes et on est toujours motivés par l'idée de faire de la musique ensemble.

Vous n'avez cessé d'attirer de nouveaux fans depuis cette période. Est-ce que vous avez envisagé le fait que vos nouveaux morceaux ne plaisent à votre fanbase originelle ?
C'est impossible d'ignorer le public, mais quand tu es au studio, tu dois faire complètement abstraction des attentes du public et uniquement écrire ce que tu aimes et ce que tu as envie de jouer en live. Ce qui importe, c'est qu'on soit contents de ce qu'on fait. Quand on s'excite autour d'un morceau au studio, c'est toujours un super moment, je ne reste pas assis en me disant « je me demande si les gens vont aimer ça ». Moi j'aime ça, alors je m'en tape de ce que les autres peuvent penser.

Sur Promise Everything on a l'impression que vous avez enfin trouvé l'équilibre entre mélodie et agressivité. C'est plus massif et pusisant que tout ce que vous avez sorti jusqu'à aujourd'hui.
Ouais, c'était une décision consciente. J'adore les chansons avec des mélodies puissantes et je voulais aussi conserver l'énergie de nos anciens disques. La mélodie et l'énergie étaient les bases fondatrices de ce nouvel album. Et je crois que c'est notre disque le plus cohérent à ce jour. Il a un côté bien plus naturel que tout ce qu'on a sorti avant, et je pense aussi que le songwriting est bien meilleur. Même la production de Sam Pura lui donne un son massif, mais jamais exagéré.

Vous aviez quoi en tête au moment de composer cet album ?
Ce disque aborde différents thèmes : ta place dans le monde, les rapports aux autres, l'estime de soi, la quête du sens. Je ne peux pas parler à la place d'Andrew qui a écrit toutes les paroles de l'album, excepté le morceau « Halo », qu'on a co-écrit ensemble. Mais voilà ce que j'entends quand j'écoute ce disque. Tout le monde peut se retrouver dans les émotions et les thèmes évoqués dans ces chansons, et les interpréter à sa façon.

Vous vivez aux Etats-Unis depuis quelques temps maintenant. Ça ne vous a pas compliqué les choses pour la réalisation de ce nouvel album ?
On a écrit pas mal d'idées chacun de notre côté qu'on s'échangeait ensuite par mail ou par chat. Ça s'est plutôt bien passé, mais j'espère ne pas avoir à écrire un autre album de cet façon. Là, ça a bien fonctionné, mais à l'avenir, j'aimerais davantage m'isoler plusieurs semaines avec le groupe, qu'on se retrouve tous au même endroit, pour composer, sans distractions. On écrit nos meilleures chansons quand on est ensemble et quand les idées viennent naturellement. On a façonné et modifié beaucoup de nos idées initiales quand on s'est retrouvés en studio. Il y avait une forte contrainte temporelle et même si je rechigne à l'admettre, je crois qu'on bosse mieux sous la pression. Mais sur le prochain LP, j'aimerais qu'on prenne vraiment notre temps.

Comment décrirais-tu Promise Everything pour quelqu'un qui n'a jamais entendu Basement avant ?
Quand quelqu'un demande à quoi ressemble le groupe, je réponds juste « t'as déjà entendu Jimmy Eat World ? C'est un peu pareil mais en plus abrasif. » Quand ils me répondent qu'ils ne connaissent pas Jimmy Eat World, je dis juste qu'on est un groupe de rock alternatif.

Si tu devais choisir un morceau qui représente le mieux ce nouvel album, ce serait lequel ?
« Aquasun ». C'est une chanson que ma mère aime bien, et aussi un titre que les gens qui nous écoutent depuis des années aimeront. C'est entraînant, et hyper marrant à jouer. J'aime aussi beaucoup « Brother’s Keeper ».

« Aquasun » va sûrement devenir votre nouvel hymne. Il y a plein de poissons et de jeux d'arcades dans le clip, c'est quoi votre jeu préféré d'ailleurs ?
Ma borne préférée est à Felixstowe, celle où tu paries sur des chevaux pour 2 pence. Mais l'année dernière, pendant notre tournée aux USA, ont est allés voir Sicario dans un cinéma et il y avait ce jeu appelé Down The Clown, où tu devais dégommer des figurines de clowns avec des balles. Pas besoin de préciser qu'on s'est vachement pris au truc et qu'on a dépensé plus de 20 dollars à essayer de battre les scores des uns et des autes. La machine t'insultait quand tu ratais les clowns, donc tout le monde gueulait et s'énervait sur ce jeu débile !

Vous allez prochainement entamer une tournée européenne avec Tigers Jaw et Alex G, impatients ?
Ouais, cette tournée va défoncer. J'adore les deux groupes, et le nouveau disque d'Alex G est incroyable, certainement mon album préféré de 2015. Et Tigers Jaws, on se connaît depuis des années, donc ça va être chouette de traîner avec eux pendant quelques semaines. Sur notre dernière tournée, on avait défoncé les autres groupes au paintball, donc peut-être qu'on pourra remettre ça dès qu'on aura un jour off.

Basement a une grosse fanbase aux Etats-Unis, mais en terme d'identité, est-ce que vous sentez une connexion plus forte au Royaume-Uni ?
Ce n'est pas un truc super important pour nous, même si on adore tourner aux USA, c'est clairement le meilleur endroit où jouer. Il y a aussi plus de groupes avec qui on est potes aux États-Unis, donc c'est toujours cool d'organiser des concerts avec des gens que tu aimes. On ne connaît pas énormément de groupes au Royaume-Uni, autres que ceux de la scène hardcore. J'aime bien Adele par contre, elle est géniale. Quand « Hello » est sorti on l'a écouté chaque jour de la tournée pendant deux semaines, notre bassiste Duncan nous en a beaucoup voulu pour ça !

Bon, entre Britanniques, ce n'est un secret pour personne : les groupes américains qui viennent chez nous détestent notre cuisine. Selon vous, quelle bouffe est meilleure, l'anglaise ou l'américaine ?
L'Amérique a un choix plus large de nourriture et donc par extension c'est la meilleure des deux. Par exemple, je suis allé à Shake Shack à midi et bordel, leurs burgers sont oufs. Ceci dit, en Angleterre, tout a plus de saveur, le pain, les fruits et les légumes, c'est à un tout autre niveau. Sérieusement, le pain Hovis pourrait à lui seul me faire revenir vivre en Angleterre, le pain américain est tellement naze. Les autres bons plats anglais : le cottage pie, les bangers & mash, le fish & chips, la meat pie, les boulangeries Greggs, et honnêtement, nos supermarchés sont un million de fois mieux. Dédicace à Tesco et Sainsburys. Et puis, l'Angleterre a le thé et les biscuits Hobnobs. Tout est dit.


Basement goûteront la gastronomie française à la Mécanique Ondulatoire le 3 mars prochain.