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Un astéroïde qui a frôlé la Terre n'avait été découvert que deux jours plus tôt

L'astéroïde est passé tout près de pulvériser nos satellites de communication.

par Brad Bergan
13 Septembre 2016, 5:00am

Image: Kevin Gil/Flickr.

Ce n'est que deux jours avant qu'il frôle dangereusement l'atmosphère terrestre que les astronomes ont découvert l'existence et la trajectoire inquiétante de l'astéroïde 2016 RB1.

Sa course l'a vu passer à quelque 38.000 kilomètres du niveau de la mer le 7 septembre - suffisamment près pour menacer nos satellites de communication - à une vitesse supérieure à 30.000 km/h.

L'astéroïde, d'une taille estimée entre 7,3 et 16 mètres, a été repéré pour la toute première fois par des astronomes de l'Université de l'Arizona grâce au télescope de Cassegrain de Mount Lemmon. Son existence et sa localisation ont ensuite été confirmées par Gianluca Masi, du Virtual Telescope Project en Italie. Évidemment, un corps céleste de la taille d'un bus est trop petit pour être vu à l'oeil nu, mais heureusement Masi disposait des moyens de créer une animation représentant la trajectoire de l'astéroïde.

Après avoir calculé sa trajectoire, il ne nous restait plus qu'à transpirer en regardant l'astéroïde passer à 3500 kilomètres des satellites qui permettent à ce site d'exister ou à votre téléphone d'accomplir son rôle de téléphone. Mais pas de panique.

L'astéroïde 2016 RB1 est issu d'un groupe de rochers interstellaires qu'on appelle les Aton. En gros, ce sont des objets géocroiseurs ("Near Earth Objects" ou NEOs en anglais) qui voyagent à travers le système solaire selon des orbites suffisamment aléatoires pour qu'ils entrent parfois en collision avec des planètes avoisinantes - Mars, la Terre, Vénus et Mercure.

Autrement dit, rien de très inédit. Il y a une dizaine de jours, un astéroïde plus massif baptisé 2016 QA2 est passé entre la Terre et la Lune, à 80 kilomètres environ du niveau de la mer. De façon réaliste, ces incidents n'ont en théorie pas de quoi nous inciter à hurler à l'extinction imminente.

Car même si les scientifiques ont assuré aux médias que 2016 RB1 n'était pas assez grand pour causer une catastrophe majeure, faisant à peine un trentième de la masse de l'astéroïde responsable de l'extinction des dinosaures, le fait que nous n'ayons potentiellement que deux jours pour nous préparer à un impact majeur devrait nous convaincre d'investir dans des programmes visant à étudier ce type d'incidents, comme le Planetary Defense Coordination Office (PDCO) de la NASA. Lancé au début de l'année, ce nouvel organisme a été fondé pour coordonner diverses approches pluridsicplinaires afin de recenser tous les NEOs capables de décimer la vie sur Terre.

On peut légitimement se demander pour la NASA ou l'ESA voudraient mettre en place des programmes aussi importants pour recenser des astéroïdes dangereux, si le seul bénéfice potentiel revient à savoir un peu plus tôt que nous allons tous mourir. C'est pourquoi la NASA teste actuellement des contremesures théoriques grâce à des missions telles qu'OSIRIS-REx (Origins, Spectral Interpretation, Resource Identification, Security, REgolith Explorer), une mission spécifiquement consacrée aux astéroïdes lancée jeudi dernier depuis Cap Canaveral.

La tâche première de la sonde consiste à récupérer un échantillon d'un astéroïde baptisé Bennu pour le ramener sur Terre, afin que les chercheurs puissent en apprendre davantage sur ces objets qui menacent notre planète bleue.

Soutenue également par l'Agence spatiale canadienne, OSIRIS-REx va aussi étudier ce qu'on appelle l'effet Yarkovsky. Quand un astéroïde approche du soleil, sa surface chauffe suffisamment pour relâcher des gaz et d'autres matériaux, qui agissent comme une sorte de propulseur naturel.

Avec une arrivée à destination prévue pour 2018 (et un retour programmé en 2021), la sonde va mesurer diverses propriétés physiques - comme la rotation - qui déterminent quand et comment l'orbite d'un astéroïde évolue, faisant ainsi d'un NEO menaçant un caillou sans danger et vice-versa.

OSIRIS-REx est un premier (et petit) pas pour le programme PDCO de la NASA, que les astronomes attendaient depuis longtemps. Le bon sens veut que la première étape d'un programme de catalogage des astéroïdes commence par recenser de nombreux objets ignorés jusqu'ici. Mais la dure réalité reste la même : en ouvrant enfin les yeux sur ce qu'il se passe autour de notre planète, il y a des chances que nous ayons plus de raisons d'être inquiets que de nous rassurer.

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