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Culture

Arrêtez d’obliger les gens à vous accompagner faire les magasins

C’est la pire activité qui soit. Si vous n’êtes pas encore convaincu, matez les pauvres types de Miserable Men.
31.5.16
Toutes les photos sont de @miserable_men

Lumière trop crue, musique trop forte, gens insupportables, vendeurs ou vendeuses condescendants ou lessivés : donnez-moi une seule bonne raison d’aller encore écumer les magasins au XXIe siècle. Les boutiques en ligne offrent tous les avantages du lèche-vitrine sans les défauts sus-cités. Certains offrent même les frais de port, aller et retour, alors, vraiment, je ne vois vraiment pas ce que vous foutez à traîner dans ces abîmes du consumérisme que sont les centres commerciaux. Et pire, pourquoi infliger ça aux autres ?

À part faire plaisir à votre mère en faisant semblant de la conseiller — et en espérant surtout qu’elle finisse, par bonté de cœur ou gratitude, par vous offrir enfin cette fringue hors de prix que vous ne vous payez pas alors que vous dépensez la moitié d’un smic en alcool ou en drogues chaque mois — il n’y a aucune raison valable d’aller faire les magasins accompagné•e. Si vous n’avez pas encore pris la mesure de la souffrance que cette activité implique, je vous laisse prendre le temps de regarder ces individus en pleine détresse/solitude/remise en cause existentielle.

Matt Stroud, un commerçant américain, a, lui, eu l’idée de collectionner en particulier les mecs qui subissent ce calvaire. Ce supplice n’est pas réservé qu’aux individus du sexe masculin — coucou Papa — mais Stroud en croise tellement qu’il a ouvert un compte Instagram, Miserable Men, qui compile des photos de mecs au bout de leur vie dans des magasins de toutes sortes.

Dans une interview à Paper, il raconte comment il a commencé à poster ces photos sur Instagram : « Bien avant qu’Instagram n’existe, j’étais dans un magasin à New York, attendant comme tous les autres gars et j’ai réalisé que les mecs assis à côté de moi avaient l’air vraiment misérable. Comme s’ils étaient là depuis des années. J’ai pris quelques photos d’eux et j’ai remarqué qu’ils étaient tellement ailleurs qu’ils ne voyaient même pas que je prenais une photo juste en face d’eux. Je n’existais même pas. Tout ce qu’ils voulaient était de se casser de ce putain de magasin. »

Stroud a commencé à poster en décembre 2012 et, face au succès rencontré, a ouvert son compte aux contributions, élargissant les horizons de la détresse capitaliste. Sa collection est aujourd’hui forte de 1284 victimes et compte 254 000 abonnés au compteur.