Publicité
Munchies

Les produits laitiers sont-ils vraiment nos amis pour la vie ?

Et si, contrairement à ce qu’avançaient conjointement les lobbyistes du lactose, la consommation de lait comportait davantage d’effets néfastes que positifs pour la santé ?

par Munchies Staff
07 Septembre 2015, 10:33am

Photo via Flickr user Tambako the Jaguar

En musique ou à grand renfort de sportifs célèbres, l'essentiel de la communication émanant des acteurs de l'industrie laitière repose depuis des années sur le fait que les produits laitiers sont bons pour la santé. À l'écran, puis dans l'imaginaire collectif, l'idée a aussi fait son chemin si bien que la terre entière en est venu à la conclusion que, finalement, plus quelqu'un consommait du lait, plus il avait de chance de devenir grand et fort.

Si vous êtes nés avant 1990, vous avez forcément été marqué par l'un des spots publicitaires les plus suggestifs que la télévision publique n'a jamais diffusé. Sur une musique aux faux airs de Portishead, on s'invitait dans l'intimité d'un couple d'adolescents lascifs mangeurs de yaourt avant de les voir se rouler des pelles pendant qu'un liquide d'une blancheur éclatante coulait le long de leurs mentons. Trente secondes d'émotions intenses — qui foutaient presque mal à l'aise — pendant lesquelles le Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière (CNIEL) nous promettait de vivre des « sensations pures ». Plus proche de nous, dans les années 2010, une autre campagne toute aussi étrange marquait les esprits. On y voyait des petits squelettes-enfants expliquer qu'un loup difforme menaçait de bouffer notre grand-mère avant de marteler à nouveau ce slogan qui nous lie d'amitié avec n'importe quel aliment content solide ou liquide contenant du lactose. C'est quand même un peu dur d'imaginer que l'on va devoir se coltiner un vieux camembert (qui parle et sent très fort) comme « amis pour la vie » jusqu'à la fin de ses jours.

Et si, contrairement à ce qu'avançaient conjointement les lobbyistes du lactose, le Ministère de la Santé (qui recommande de consommer trois à quatre produits laitiers par jour), les pédiatres et globalement, toutes les grandes personnes chiantes que l'on croise à l'heure du goûter dans son enfance, la consommation de lait comportait davantage d'effets néfastes que positifs pour la santé ?

Car une étude scientifique récente, basée sur l'observation des habitudes alimentaires de plus de 100 000 personnes en Suède sur les vingt dernières années, dresse un bilan pour le moins inquiétant. Les chercheurs ont établi, pour les deux sexes, qu'il existait une corrélation positive entre une consommation élevée de lait et le taux de mortalité. Ils ont aussi noté une forte occurence des fractures osseuses pour les femmes qui consommaient beaucoup de produits laitiers. Pour les besoins de l'enquête, chaque participant devait répondre à deux questionnaires à propos de leur alimentation à dix ans d'intervalle. En parallèle, les sujets de l'étude ont bénéficié d'un suivi médical et étaient observés par les chercheurs jusqu'à leur mort ou jusqu'à la fin de l'enquête, en décembre 2010, en fonction de ce qui survenait en premier.

LIRE AUSSI : Quand les croûtes de fromage serviront à faire du carburant

Puisque l'étude démontre une corrélation (comprendre, un lien probable) et non une causation (un lien évident), certains se sont montrés sceptiques quant aux résultats obtenus. En effet, les résultats de la recherche ne prouvent pas — ouf de soulagement — que la consommation de lait est mortelle pour l'homme mais établissent des ponts entre lait, mortalité et fragilité des os. C'est le D-galactose, l'un des sucres présents dans le lactose, qui serait la source de tous nos maux : absorbé en grandes quantités, il serait à l'origine de nombres inflammations, notamment des tissus organiques.

La bonne nouvelle, c'est que le D-galactose est peu présent dans les produits laitiers fermentés comme le yaourt ou le fromage. Dans l'étude en question, ceux qui consommaient davantage ces produits-là furent moins exposés aux fractures osseuses et aux maladies entraînant une mort prématurée. Mieux, chez les femmes, le fait de consommer régulièrement des produits fermentés permettrait de réduire les risques précédemment évoqués de 10 à 15%.

Qu'adviendra-t-il des spots de publicités pour les produits laitiers si d'autres études venaient à confirmer les possibles méfaits du lait sur la santé ? Le jus de vache est-il sur le point de devenir le nouvel ennemi public numéro 1 ?

S'il est encore trop tôt pour s'affoler — une brique de lait n'a encore tué personne que l'on sache — il est peut-être préférable de voir le côté positif des choses et se consoler sur un beau plateau de frometons bien fermentés. Car se priver totalement de produits laitiers, pour nous qui vivons dans le « pays des 300 fromages », cela reviendrait vraiment à pousser le bouchon un peu trop loin.