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J'ai beau être homo, j'ai aimé ce robot-chatte

Mon chef m'a récemment demandé de tester un truc qui s'appelle Real Touch, un sex toy interactif censé simuler tout ce qui se passe à l'intérieur de l'entrejambe de vraies pornstars.
31.8.12

Mon chef m'a récemment demandé de tester un truc qui s'appelle Real Touch, un sex toy interactif censé simuler tout ce qui se passe à l'intérieur de l'entrejambe de vraies pornstars. En gros, ce petit robot se synchronise avec des vidéos porno pour vous faire ressentir les sensations d’une bonne baise, comme si vous y étiez. Et comme ça me fait plaisir de vous raconter tout ce que je fais de ma bite, je m’y suis plié.

J'étais triste d'apprendre en lisant le descriptif sur la boîte que simuler le cul d'un mec hétéro ne faisait pas partie des compétences de mon nouveau robot. Ce truc simule les vagins (mais aussi les bouches, et les fesses – toujours de femmes – selon la notice). Je sentais bien que je m'étais fait avoir, mais il était trop tard. Je n'avais plus qu'à enfoncer ma queue dans cette machine infernale aux allures de sèche-cheveux et espérer en sortir indemne.

Disons-le tout de suite, le RealTouch est sans doute le truc le plus abouti dans le monde du sexe 2.0. C'est le sexe du futur, tel que je me l'imaginais plus jeune, un peu comme la machine à programmer ses propres rêves dans Les Jetson. Avec cet appareil, si on ajoute une webcam et le gode électronique correspondant de l'autre côté, on peut (en théorie) baiser avec n'importe qui par Internet interposé. On peut aussi se taper des nanas du site web RealTouch, même de vraies pornstars. On peut aussi s'amuser solo, puisque des DVD sont fournis. Du cybersex à moins de 300 euros l'appareil, tu m'étonnes que ce truc soit en rupture de stock à peu près partout, selon les dires de la firme.

Bien sûr, qui dit appareil sophistiqué dit galère d'installation avant même de pouvoir en profiter. Pas d'exception ici : ce truc fonctionne avec trois câbles, deux transfos et une demi-bouteille de lubrifiant (réalisme oblige). Sans compter le software, un cauchemar.

Tellement galère que j'ai dû me rendre à l'Apple Store pour qu'ils m'aident à installer Windows sur mon mac avant même de pouvoir installer le logiciel RealTouch. Évidemment, l'Apple Store était bondé, et les vendeurs occupés à calmer une connasse de graphiste hystérique qui criait au complot parce que son disque dur avait un bug. Comme personne ne s'occupait de moi, j'ai fait comme elle et j'ai pris ma mine de connard. Un employé est alors venu vers moi.

– J'ai besoin d’installer un logiciel, maintenant.
– C'est quoi comme logiciel ?
– Un logiciel porno.
– Hum...
– C'est pour un article, pour VICE.
– D'accord, je vois. Je vais voir ce que je peux faire.

Une fois le logiciel installé, je n'étais toujours pas au bout de mes peines. C'est franchement assez galère de dévisser le bouchon pour remplir le réservoir à lubrifiant. En plus, il fallait d'abord que je finisse mon interview d'un responsable de chez RealTouch, seulement pour qu'il me dise que « l'offre RealTouch n'a de cesse de s'améliorer chaque jour ».

Je lui ai alors demandé s'ils comptaient exclure les homos du sexe du futur encore longtemps, ce à quoi il m'a répondu qu'ils étaient déjà en train de travailler dessus. « RealTouch permet de relier les gens. Pour un couple équipé, la distance géographique n'est plus un problème. Chaque couple en voudra un. »

En gros, les couples pourront baiser par ordinateur interposé. La fille se met un gode électronique, le mec martèle son RealTouch, le gode de madame mesure ce qu'il faut mesurer et le RealTouch reproduit tout ça sur la bite de monsieur en temps réel. « J'ai essayé le spécial couples, et c'est bluffant, m'explique le responsable, ma femme et moi pouvons maintenant avoir des rapports même quand je suis en déplacement. Avec RealTouch on peut rester en liaison étroite. »

L'entreprise a déjà donné 200 versions béta du produit à des soldats en opération à l’étranger. Son prochain projet : créer des cyberclubs échangistes qui utiliseraient RealTouch. « Ma femme et moi ne sommes pas échangistes, mais peut-être qu'on va essayer ça, ça peut pimenter notre relation », conclut-il.

Pour l'instant, la version Monsieur/Madame n'est pas encore commercialisée, mais le principe est exactement le même que leur système actuel de sessions privées (payantes bien sûr) que le client peut avoir avec une fille sélectionnée sur le site. RealTouch m'a filé 80 dollars de crédit après que je leur ai dit que je voulais une session privée avec un des deux homos au menu sur le site. Le même responsable m'a assuré qu'ils me feraient jouir en quatre minutes. Je bandais comme un taureau.
Moi qui ai toujours aimé les sites cam2cam, j'avais trop hâte de le cyber-faire avec Nicolas Nash et Omar Latino. Problème : ils m'ont posé un cyber-lapin à la dernière minute et n'ont pas répondu à mes messages. Pas top, le service RealTouch. J'ai donc dû me contenter de niquer une chatte mécanique en matant les DVD hétéro fournis.

Je me suis donc posé sur mon canapé, à poil, en essayant de me souvenir de ma seule tentative avec une fille, expérience sans succès. Et si je réussissais pas à bander ? J'avoue que la ressemblance de mon « partenaire » à EVE, la copine de Wall-E, ne m’a pas vraiment aidé.

Coup de motivation. Je me suis connecté à realtouchvideos.com, j’ai raccordé l'USB à l'ordinateur, enveloppé le RealTouch dans une serviette et lancé le logiciel, qui sert à contrôler les sécrétions de lubrifiant tout en s'assurant que ma barre restait bien dure jusqu'au moment de souiller l'intérieur de ce petit robot. Le RealTouch a d’abord pris deux minutes pour chauffer un peu. J'en ai profité pour lire les conseils d'utilisation sur le site. Apparemment, ils conseillent d'abord de mater des exercices vidéos d'endurance pour être sûr de ne pas éjaculer avant d'avoir pu profiter de la phase « lubrification intégrale » de ma petite machine en chaleur. Des exercices en trois parties : 3 minutes « durcir », 5 minutes normales, et 6 minutes à donf’ façon « combien de temps tu vas tenir ? ». Pas plus d'instructions que ça, juste des vidéos porno synchronisées avec l'appareil.

J'ai vite réalisé que le vagin du RealTouch me faisait penser à ce body-builder quinqua euro-asiat que j'avais niqué le mois dernier – ceci parce que la phase « durcir » est en fait comme se faire branler par un mec musclé. Cela dit, la vidéo, c'était 3 minutes d'un body-builder qui se frotte la bite et les couilles avec sa salive, ce qui n'est plus vraiment drôle au-delà de 20 secondes.
L'entraînement à l'endurance c’était vraiment bidon. Sérieux, qui éjacule en quatre minutes ? Mais j'étais surpris de voir que, contrairement à ce que racontait la boîte, il y avait des vidéos gay livrées avec, même s’il s’agissait de porno gay comme les hétéros se l'imaginent : un gros mec viril, un petit mec passif qui prend tout et, en bruit de fond, de la musique de porno seventies. Le genre où la tapette ne s’arrête de sucer l'armoire à glace que le temps de lui lécher les boules, sans aucune faveur en retour. Étant moi-même un mec hyper maigre de 20 ans mais pas particulièrement enclin à finir le cul plein de foutre, j'ai plutôt débandé.

La suite n'était guère plus appétissante : une grosse bimbo avec des seins énormes en train de se faire défoncer par un autre Schwarzenegger aseptisé (dans le cerveau des cadres de RealTouch, tous les mecs rêvaient d'être des machines de 130 kilos de muscles bâtis pour fourrer des filles siliconées). Bref, ce porno m'écœure et je ferme les yeux. C'est alors que les rouleaux en caoutchouc du RealTouch s'activent. Le ronronnement à la base de ma queue ondule lentement mais sûrement jusqu'à mon gland. Mes jambes se tendent, mes orteils se plient, ma tête tombe en arrière. Oh putain. Le plus drôle, c'est que j'ai essayé tant bien que mal de me prendre en photo avec la webcam en faisant tout pour me retenir. Mais en moins d'une minute, tout mon sperme avait été pompé par la robot-chatte de cette blondasse aux gros seins que j'étais en train de me « taper ». J'ai pas retiré ma bite tout de suite, je me posais trop de questions.

Est-ce que je suis bien pédé ? Peut-être que j'aime la chatte en fait ? Je ne savais plus trop, j'ai donc passé les deux jours suivants à comparer l'offre hétéro aux simulations de trous de balle d'hommes.

Pour me remettre de mes émotions, j'ai essayé de me mettre dans la tête de l'hétéro de base. Je sais plus trop pourquoi, mais j'ai toujours cru que Lindsay Lohan était le fantasme ultime des mecs hétéro. Je me suis donc déguisé en elle. Ça, c'est une photo de moi en train de brouter le RealTouch, pour faire encore plus réaliste. Ma version de la Méthode façon Actors Studio. Mais trêve de conneries, j'avais une expérience à mener avec ma machine.

Le responsable RealTouch a été assez cool pour me filer du crédit gratos sur les vidéos du site. J'ai donc décidé de me taper Brent Corrigan, l'impresario un temps soupçonné d'avoir assassiné son mec/mentor, Bryan Kocis. Dans la vidéo, Corrigan suce un grand blond poilu. Et au début, RealTouch m'a assigné le rôle du blond (comprendre, de ressentir ce que sa bite ressent) – se faire sucer par Brent Corrigan, un rêve, quoi ! Mais les deux ont ensuite inversé les rôles, et la machine m'a automatiquement assigné la bite de Corrigan. Ça plombe le réalisme et du coup, c'est pas terrible. Et bon, ici pas moyen d'attraper les cheveux de son partenaire  pendant qu'on lui fourre la bite dans sa gorge, comme vous pouvez vous en douter. Deux points en moins.

Surtout, j'avais envie de faire du face-fuck avec la machine. Là encore, pas moyen : ce truc s'accroche à ma bite comme l'extraterrestre dans Alien. À ce moment-là, le blond commençait à mordiller le sexe de Corrigan, sensation à peu près reproduite sur moi. Mais c'est alors que je me suis rendu compte que mon bazar était vraiment coincé dedans, ce qui n'est guère agréable. Bien sûr, aussitôt la vidéo éteinte, ma bite se trouvait libérée, mais en l'examinant de plus près je me suis rendu compte que j'avais des des rougeurs causées par les frottements. Ce truc a abîmé ma bite et ma dignité par la même occasion.

Je suis alors passé aux nanas. J'ai maté/baisé Sasha Grey, une fille par ailleurs dotée d'un anus assez large pour y faire passer un (petit) tracteur. Je pensais que je m’étais aventuré dans son cul, mais en montrant le screen shot à une amie, elle m'a révélé qu'en fait, c'était bien sa chatte. Décidément, j’y connais rien aux femmes.
La nana était assez claquée, mais là, rien à dire, elle savait s'y prendre avec une bite. En moins de deux, j'étais vidé. Du coup, je comprends mieux pourquoi les hétéros peuvent avoir besoin de vidéos d'entraînement à l'endurance : les vagins, c'est super bien.
Ce qui est moins cool par contre, c'est de niquer ce truc sans capote, parce que ça devient vite crade à l'intérieur. Et comme c'est électrique, y'a que le réservoir à lubrifiant qui puisse aller au lave-vaisselle. Difficile à nettoyer alors que ça en aurait bien besoin, il va sans dire que c'est pas un truc que vous emprunteriez à votre pote.

Mais c'est pas bien grave parce que ça vaut vraiment le coup. Je doute qu'un jour je baiserai une vraie fille, ça me fait pas vraiment kiffer, mais je dois admettre que le mode vagin du RealTouch m'a filé le meilleur orgasme de ma vie, façon « Roi du Monde » dans Titanic. Et en parlant de Titanic, il se trouve que je connais le fils gay d'un célèbre réalisateur. Quand il a fait son coming out, son père lui a dit : « Tu devrais essayer la chatte au moins une fois dans ta vie. » Je dois dire qu'il avait carrément raison.

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