FYI.

This story is over 5 years old.

LE NUMÉRO 1994

Mad for it!

Toute cette histoire de « nouveau lads » est un phénomène exclusivement anglais. Il est apparu d'un coup à la face du monde grâce au groupe de cokeheads mancuniens Oasis...
8.11.09

Toute cette histoire de « nouveau lads » est un phénomène exclusivement anglais. Il est apparu d'un coup à la face du monde grâce au groupe de cokeheads mancuniens Oasis et au magazine masculin Loaded.

Les nouveaux lads viennent en majorité des classes moyennes anglaises mais font semblant d'être des prolos vénères, en hommage aux frères Gallagher.

Loaded Magazine aussi est écrit par des hommes venant, pour la majeure partie d'entre eux, des classes moyennes, mais qui font semblant d'être des prolos vénères, et écrivent des articles qui montrent à quel point les hooligans sont brillants ou en quoi les gangsters de l'East End qui rackettent des quartiers entiers en échange de leur protection, sont les « Robin des Bois des temps modernes ». Loaded vend quelque chose comme un million de copies chaque mois.

Publicité

Les parents de ces nouveaux lads vivent dans les banlieues bourgeoises, mais ils ont échangé leur accent chic pour un style de vocabulaire répandu dans le East London ou les banlieues les plus pauvres de Manchester.

Boire est l'élément essentiel du mode de vie nouveau lad. C'est à celui qui boira la bière la plus forte, chimique et dégueulasse pour pouvoir montrer à quel point il est bourré. La Stella Artois est la plus répandue, et un bon moyen de débuter (surtout à cause de la connotation humoristique de ses surnoms – « Wife Beater » en particulier), mais il y a aussi la Kronenbourg et la Carling (la marque sponsorise pas mal d'équipes de foot).

La classe dirigeante de ces nouveaux lads a un nom, le « proper english boozers ­», idéalement implantée près de West London ou de Camden, à moins que vous préfériez faire un pèlerinage au Groucho, le club très privé de Soho où l'élite des lads et autres ladettes se retrouve pour discuter des sujets qui fâchent, de l'invincibilité de la Grande-Bretagne et du fait que les États-Unis n'aient rien sorti de bien ces soixante dernières années.

Ils déboulent dans la rue sapés comme Liam Gallagher, professant à tout bout de champ qu'ils sont « mad for it » en enchaînant les pintes de Stella Artois et en faisant semblant de s'intéresser au football. C'est le tourisme social de la pire et la plus embarrassante espèce, et ça me donne sincèrement envie de vomir. Mais, en y réfléchissant bien, leurs petites copines sont pires. Elles viennent des mêmes milieux favorisés que leurs mecs mais ont, grâce à un processus à peine explicable, pris toutes les caractéristiques des hooligans hommes. Il n'est pas rare de les voir s'écrier des choses telles que : « Cours après la putain de boule, Beckham ! » en regardant un match de foot dans un bar, même si Beckham ne joue pas. Elles aiment tellement le football qu'elles ne s'embarrassent même pas de trouver une équipe à soutenir, elles encouragent toute équipe drainant derrière elle un cortège de hooligans ultra violents. Elles sont fausses, débiles et bourrées, mais la pire chose qu'elles aient faite est d'avoir infiltré la culture indie-rock. Toute l'esthétique amenée par des groupes Riot Grrl comme Skinned Teen ou Huggy Bear a été récupérée par des groupes horribles de type Sleeper et leur ladette infecte Louise Werner. Récemment, elle a dit : « Les hommes sont très bons en amitié. Bien meilleurs que les femmes. Ils ne se prennent pas la tête. C'est plus difficile de se faire des amies filles à leur image – tu vois, classe, relax, joyeux et qui peuvent passer leur après-midi à faire des listes et être absolument trivial. » Woah, allez les filles !

VERS UN GLOSSAIRE DU NOUVEAU LAD : “Mad for it”: Prononcer « Mad ferèt ! ». C'est un terme inventé par Liam en personne et qui signifie : « Je suis enthousiaste à l'idée de me bourrer la gueule, taper de la coke, me battre et baiser des laiderons. »” “I’m having it large” : Prononcer « I'm 'avin it large ». C'est la sensation ressentie quand un truc pour lequel vous êtes « mad for » est sur le point de se réaliser. “Are you up for a couple of shandies?” : Ça veut dire, boire dix pintes de houblon, suivi de douze gin tonic – qui est la boisson préférée de Liam Gallagher du groupe Oasis. “Gack” or “chang” or “bugle” : Ce sont des synonymes du mot « cocaïne », substance très populaire parmi les nouveaux lads. On peut remercier Oasis d'en faire des chansons. “You facking muppet!” : C'est un terme qui sert à vanner un proche. Il fait référence à la série américaine The Muppet Show et est à utiliser lorsque qu'on veut se moquer d'un nouveau lad plus stupide que soi, plus jeune, ou plus faible. “I nearly dropped my bacon sarnie!” : À utiliser en cas de surprise extrême ou après le surgissement d'un événement inattendu. “Ba-ba-da-da-da!” : Chanté et hurlé par les nouveaux lads à chaque fois qu'ils entrent dans un nouvel établissement ou à un concert d'Oasis, c'est un cri de ralliement qui signifient qu'ils sont clairement « mad for it » et sur le point de « have it large ». “Geezer” : Un gentleman intègre et respectable parmi des gentlemen intègres et respectables, admirés de tous pour sa capacité à être « mad for it » et de pouvoir « have it large ». Michael Caine est un « geezer », de même que Noel et Liam. Ce sont les deux frères de Manchester derrière le groupe Oasis. “Fifteen more lamb bhunas please, Joe Daki” : Une insulte raciste envoyée à l'encontre des serveurs dans les restaurants indiens. « Joe Daki » fait référence au mot « Paki », qui est lui-même utilisé, mais pour parler de tous les gens de couleur marron. Ils peuvent venir d'Afrique, d'Asie, d'Amérique ou d'Europe, ils demeurent quand même des « Pakis » – un diminutif du mot « Pakistanais ».

LA MUSIQUE ET LES FILMS PRÉFÉRÉS DES NOUVEAUX LADS
FILMS Alfie
Get Carter
The French Connection
Zulu
Quadrophenia
Pulp Fiction
Reservoir Dogs
La majorité des films avec Michael Caine  
MUSIQUE Oasis
Happy Mondays
Paul Weller
La B.O. de Pulp Fiction
New Order (pour les plus sophistiqués)
Sleeper
La B.O. des films pourris des années 1960 sur le « Swinging London », habituellement interprétés par Michael Caine.