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Keith Jones aurait voulu être un chien...

Vice : J'imagine l'intérieur de ton cerveau et ça doit ressembler à tes dessins, mais en plus canadien.Keith Jones : Ouais, ça devient flippant par moments. Je me dis : « Oh non, ça va être encore plus glauque que la dernière fois.
17.12.08

Vice : J’imagine l’intérieur de ton cerveau et ça doit ressembler à tes dessins, mais en plus canadien.

Keith Jones : Ouais, ça devient flippant par moments. Je me dis : « Oh non, ça va être encore plus glauque que la dernière fois. » J’arrête pas de me taper des obsessions sur des thèmes super bizarres.

T’étais obsédé par quoi, récemment ?

Le mois dernier, j’étais obsédé par la fin du monde et l’échec, ce genre de trucs. Par les comics aussi.

Tu lisais qui ?

Un type qui s’appelle Fletcher Hanks. C’est un gars des années 1930, personne ne sait ce qu’il est devenu. Ses histoires sont vraiment bizarres. Quelqu’un a retrouvé son fils. Il a déclaré que son père était cinglé et alcoolique, qu’il s’était barré de la maison et qu’il le haïssait.

Ouais, je viens de regarder sur Google. On a trouvé son cadavre gelé sur un banc dans un parc à New York en 1976. Tu bouges pas mal, non ?

Mes affaires sont restées à Victoria pendant un certain temps, mais j’y étais jamais. J’ai traversé les États-Unis en moto, et j’ai pris des trains de marchandises pendant quelques années. Avec des potes, on avait rencontré ce type dont la copine avait été coupée en deux par un train. Elle essayait de sauver leur chien. Ils sont morts tous les deux sous ses yeux.

Pas de chance.

Je crois qu’il avait l’intention d’aller jusqu’en Alaska et de se jeter sous un train. Mais je l’ai convaincu qu’il fallait qu’on prenne des trains de marchandises, donc on est d’abord descendus dans l’État de Washington. Sur le chemin, on a été pris en stop par un camionneur. Il voulait bien nous faire monter, mais dans le compartiment arrière. Il pensait qu’on était des fugitifs. On a passé genre quinze heures enfermés dans cette boîte noire.

Waouh.

C’était plutôt flippant. Il nous a déposés sur une aire, en pleine nuit. On s’est fait prendre par un type qui avait un crochet au bout d’un moignon. Il rentrait chez lui pour la première fois depuis vingt ans. Il disait que tout le monde l’adorait quand il était petit parce qu’il était super bon au lancer de couteaux, mais que là il avait plus de main et il savait pas comment leur annoncer ça. Donc il flippait.

Tu crois pas qu’il vous racontait de la merde ?

Je crois pas, non. Il était vieux et déprimé.

Bon, c’est triste ton histoire. Jouons au jeu des animaux.

C’est quoi ?

T’imagines que t’es mort et que tu vas au paradis. Dieu t’annonce : « Keith, on va te renvoyer sur Terre, mais tu peux plus être un être humain, il faut que tu choisisses l’animal que tu veux être. »

J’aimerais bien être un chat.

Ok, tu dois me donner trois qualités de chat. Trois chalités.

Euh, ils traînent toute la journée, ils se font nourrir…

C’est pas des qualités.

Tu veux dire des caractéristiques ? En fait, je crois que je préférerais être un chien. Ils sont joyeux, insouciants et toujours de bonne humeur.

Pas mal. Dieu ajoute : « Je mets ton nom sur la liste des chiens, mais au cas où on n’aurait plus de place, il faudrait que tu me donnes un deuxième choix. »

Un singe. Ils sont agiles et sociables. En plus ils ont des mains et ils peuvent balancer des trucs.

Et au cas où toutes les places pour les chiens et les singes seraient prises, un dernier choix ?

Un oiseau. Ils sont libres et ce sont des charognards. Quelque part ils me rappellent les chats, ils peuvent avoir l’air profond, des fois.

OK, j’ai analysé tes réponses. La première c’est tous les trucs que tu aimerais être, la deuxième ce que tu projettes sur le monde, et la troisième est censée être ce que tu es vraiment. Ça colle ?

Ouais carrément ! C’est marrant, j’ai pensé aux chats en premier parce qu’ils ne foutent rien.