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Un ancien consultant de Sarkozy prétend qu'un lien existe entre Call of Duty et le djihad

Alain Bauer s'inscrit dans la longue liste des grands penseurs qui estiment que les jeux vidéo sont facteurs de violence.

par Romain Gonzalez
26 Mars 2015, 12:17pm

Image de couverture issue de Call of Duty Modern Warfare 2

Alors que la France vient tout juste d'adopter l'une des lois les plus liberticides de son Histoire, Alain Bauer continue de murmurer à l'oreille des puissants et semble être en mesure de propager ses idées anxiogènes à l'ensemble de la classe politique française. Déjà en grande partie responsable de l'arrestation arbitraire de Julien Coupat – l'auteur présumé de L'insurrection qui vient – ce criminologue adoré par les médias poursuit son entreprise de dénonciation hasardeuse en établissant un lien entre Call of Duty franchise la plus vendue de l'histoire du jeu vidéo – et le départ pour le djihad, dans des propos rapportés par VSD.

Le rapport entre violence et jeu vidéo est un thème ressassé sans fin depuis les origines du plaisir vidéoludique. De nombreuses controverses ont en effet éclaté lors des sorties de Death Race, Mortal Kombat ou encore Manhunt. De grands penseurs de notre temps, telle Nadine Morano, ne manquent pas de répéter à l'envi leur méfiance face à un médium susceptible de corrompre notre angélique jeunesse.

Les études qui se sont penchées sur le sujet ne sont pas toutes unanimes, mais elles semblent indiquer qu' aucun lien de causalité n'existe entre la pratique des jeux vidéos et le recours à la violence physique. Malgré cela, le mythe de l'adolescent tourmenté, hardcore gamer et qui bascule dans la violence gratuite – image véhiculée par un film comme Elephant – est toujours propagé par des types qui sont écoutés avec attention par nos décideurs politiques.

Capture d'écran du jeu ArmA III

C'est le cas d'Alain Bauer, officier de la Légion d'honneur et rédacteur de nombreux ouvrages sur le crime, dont le Terrorisme pour les Nuls et le Que-sais-je sur « Violences et insécurité urbaines. » Après avoir fait ses armes au sein de l'Unef-ID, il est devenu grand maître du Grand Orient de France entre 2000 et 2003. Parrain d'un fils de Manuel Valls, proche du premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis mais aussi de l'ancien Président Nicolas Sarkozy, Bauer est le symbole presque caricatural de la collusion intellectuelle qui règne au sein de la classe politique française.

Ce népotisme pas franchement dissimulé a éclaté au grand jour lorsqu'Alain Bauer a obtenu la création d'une chaire de criminologie sous Nicolas Sarkozy – chaire supprimée lors du retour de la gauche au pouvoir. Malgré les critiques de bon nombre d'universitaires français, qui lui reprochent son manque de professionnalisme et son recours à des concepts à la validité scientifique douteuse, ce criminologue poursuit son entreprise d'imposition d'une pensée du tout-sécuritaire en France, inspirée directement du modèle étasunien.

Son ultime sortie sur les jeunes, le djihad et Call of Duty s'inscrit dans la logique du discours de l'État Islamique, qui désire attirer les kids du monde entier en présentant une image cool et ludique de la Guerre Sainte. Après avoir détourné des séquences de GTA, l'EI a profité d'un mod du jeu ArmA III pour propager son message guerrier au sein de la communauté des gamers. Bon, il faut aussi souligner que le nouvel ennemi du Monde Libre s'appuie sur tous les codes de l'entertainment pour attirer de nouveaux débiles dans ses filets, et que le dixième art n'est qu'un instrument parmi d'autres. De là à dire que les types qui enchainent les quick scop sont des Amedy Coulibaly en puissance, il y a un gouffre qu'Alain Bauer a franchi sans trop se poser de questions.