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LE NUMÉRO PORTRAITS

Le détatouage au laser est un business tout à fait sérieux

Effacer vos bêtises d'enfants gâtés est aujourd'hui un vrai métier.
4.7.14

Photos publiées avec l'aimable autorisation de Phil Marandola

À l’heure où vous parcourez ces lignes, de nombreux Américains sont en train de se faire tatouer. Aujourd’hui, plus d’un Américain sur cinq possède un tatouage et cette industrie engrange 1,7 milliard d’euros de revenus par an. Si la plupart des pièces artistiques qui ornent la chair des Américains ont sans aucun doute été réalisées avec professionnalisme, de plus en plus d’entre elles sont horribles et ceux condamnés à les porter se retrouvent vite à regretter leur décision. Ainsi, tout comme l’industrie du tattoo, celle du détatouage ne cesse de prendre de l’ampleur. Fin 2012, Phil Marandola et sa mère Carmen Vanderheiden ont créé Tataway, une entreprise spécialisée dans ce nouveau marché. Selon le site internet de la société, la mère et son fils souhaitent venir en aide aux « 9 millions d’Américains qui regrettent leur tatouage ». Le matériel le plus précieux de leur cabinet est le PicoSure, un laser qui efface les tatouages grâce à ses ondes lumineuses et qui leur a coûté 250 000 euros. L’engin déloge l’encre de la peau, ce qui permet au système immunitaire du corps de l’absorber et de nettoyer l’épiderme de tout dessin. Si une séance chez Tataway coûte quelques centaines d’euros, plusieurs sont parfois nécessaires pour éliminer un tatouage (selon Marandola, le coût moyen d’une procédure complète coûte 1 000 euros). Le type d’encre utilisée, l’état de santé du patient et la taille du tatouage concerné influencent aussi le nombre de séances nécessaires à l’opération. Quelquefois, nettoyer votre peau du nom de votre ex-copine peut prendre plus d’un an. La procédure peut sembler longue mais le PicoSure et les autres machines de détatouage de dernière génération « ont rendu la pratique plus accessible et permis à l’industrie de grandir », explique Lorenzo Kunze II, propriétaire de l’Académie internationale du laser. « Il y a treize ans, nous facturions le traitement 750 ou 1 500 euros, et il restait toujours des traces. » Outre l’avancée technologique, l’expansion de ce marché peut s’expliquer aussi par le nombre grandissant de personnes qui souhaitent recouvrir leurs anciens tatouages par de nouveaux. Selon Chad Chalse, un tatoueur qui travaille en collaboration avec Marandola, les gens « savent aujourd’hui à quoi ressemble un beau tatouage ; ils veulent remplacer leurs tatouages les plus laids par de nouveaux. » Effacer des tatouages peut parfois avoir un intérêt plus qu’esthétique. Marandola offre par exemple des opérations aux membres de gangs qui décident de tirer un trait sur leur ancienne vie et aux patientes atteintes du cancer du sein dont le traitement par radiation a laissé des marques sur la peau. « Les gens se font enlever leurs tatouages pour différentes raisons », explique Cynthia Finch, une tatoueuse qui a déjà recommandé Marandola à ses clients. « Beaucoup le font afin de trouver un emploi. Si la plupart assument pleinement leurs tatouages, d’autres oublient le fait qu’ils pourraient avoir un effet néfaste sur leur vie professionnelle. »

Justin Glawe possède lui-même plusieurs tatouages honteux, et ne les regrette pas du tout. Il documente la montée de la violence dans sa ville natale, Peoria, Illinois.