FYI.

This story is over 5 years old.

Les vieux de Foster Care emmerdent New York

La pire ville du monde par les pires brutes de la côte Est
9.7.12

Photos : Kendra Elliott

Durant cette époque reculée que fut la seconde moitié du siècle précédent, New York faisait autant figure de Mecque culturelle du monde que de trou à rats arpenté par des hordes d'héroïnomanes – c'est ce qui a crée le punk-rock. Pourtant, il existe toujours un gros beef entre les anglais et les ricains pour savoir où le truc est né. Nous, on s'en branle. On sait juste que les keupons tout pourris voudraient que le vrai punk ressemble à « l'anarchie et Crass », et que les Talking Heads soient exclusivement destinés « aux pédés ».

Ce qui compte, en fait, c'est qu'il existe des mecs comme Foster Care. Ces mecs viennent de Brooklyn et sont à eux seuls le meilleur truc punk new-yorkais actuel. Dedans, on retrouve d'anciens membres des Carbonas et des Ex Humans ; si vous ne connaissez pas ces groupes, vous pouvez fermer cette fenêtre et vous échapper d'Internet à tout jamais.

Avec des mecs comme les texans de Bad Sports, toute une scène garage-punk est déjà solidement installée au pays de la liberté. Foster Care s'en fout et a préféré s'orienter vers un son hardcore que seul les nerds qui traînent sur Killed By Death connaissent. Pour prouver leur loyauté envers New York, ils ont signé sur Jackshack records, un petit label de Brooklyn sur lequel ils viennent de sortir leur premier LP Bad Vibe City. On a discuté avec eux de New York, cette grande ville pleine de mauvaises vibrations.

VICE : Salut les mecs, vous pouvez vous présenter ?

Christopher Joseph Teenager [frontman: Je suis le singe hurleur.

Patrick Cornelius Sullivan [guitaristeMoi c'est Hairspray, dude.

Jesse  « Martinez » Crawford [bassiste] : Je suis Le Gringo.

Merci. J'ai lu quelque part que vous aviez formé le groupe pour « botter le cul des branchés ».

Patrick :  Non, je crois pas. À vrai dire, je ne me souviens pas de comment ça a commencé. J'étais même pas dans le groupe au départ. Au final je ne sais pas comment vous avez formé ce groupe, les mecs.

Jesse : On n'a jamais répété avec Chris, notre première répétition c'était avec toi.

Christopher : Jesse et Timmy – un ancien membre du groupe – m'ont approché alors qu'ils étaient en plein enregistrement d'un disque pour leur groupe de l’époque. Tout ce qu'on avait en commun, c'était notre amour mutuel pour les Contortions, la vieille soul et le punk. On s'est bien entendus. Au départ c'était pour voir comment on sonnait ensemble – ça ne ressemblait à rien de ce que j'ai cité avant. Ou juste à du punk, un peu.

En tant que mecs de Brooklyn, comment vous faites pour éviter ces mecs que vous détestez de tout votre être ?

Jesse : Putain, à chaque fois que je sors, je me fous des œillères. Moins je les vois, mieux je me porte.

Patrick : Les hipsters se résument à cette seule citation : « Le seul moyen d'atteindre le cœur d'un mec, c'est par sa chatte. »

Ouais, je vois. Comment se passent vos concerts au fait ? Vous jouez devant de « vrais punks » ou des coreux crânes rasés qui se foutent sur la tronche ?

Ah, ah. Non, en fait, notre public ressemble exactement aux mecs dont on parlait plus haut.

Jesse : J'ai bien peur que ça empire de plus en plus. T'aurais dû venir avant, ils étaient OK. Maintenant, ça ne sert plus à rien de se bouger le cul pour venir nous voir.

À l'époque où on n'était pas nés, New York était la matrice du punk. Maintenant c'est de la merde. Vous avez pour ambition de devenir les porte-étendards du renouveau punk de la ville ?

Surtout pas. On n'a jamais reconnu l'existence des jeux olympiques punk, c'est pour ça qu'on ne portera jamais de bannière, ni d'étendard.

Christopher : On est juste l'un de ces innombrables groupes punk a être sortis de New York au cours des 30 dernières années. Tout le monde habite Brooklyn parce que personne ne peut plus se permettre de se payer une piaule à Manhattan, c'est tout.

Ouais, vous pensez que c'est baisé quoi.

Patrick : Pas forcément, si on a toute l'aide et le soutient de VICE.

Jesse : Mais pour aller où, hein ?

Christopher : Clear Channel – le conglomérat qui possède toutes les radios aux États Unis depuis dix ans – refuse arbitrairement de passer ne serait-ce que du garage-punk des années 1960 (même les Seeds ou Count Five), alors pour ce qui est des groupes plus récents, tu peux toujours te brosser.

Jesse : Et Viacom non plus d'ailleurs.

Ah, ah. Je ne suis jamais allé à Brooklyn mais je suis fasciné et en même temps effrayé d'y foutre les pieds. Vous pouvez penser ce que vous voulez, mais c'est aussi dangereux et dégueulasse que je l'imagine ou je suis juste en train de rêver ?

Jesse : Putain de Français, toujours aussi romantiques et idéalistes…

Patrick : Ne mets jamais les pieds à Williamsburg. Les hispters de là-bas sont des sauvages assoiffés de sang qui te tireront ton fric en te foutant un flingue sur la tempe. Va dans East New York et Brownsville, c'est là que ça se passe.

Vous avez l'air de haïr votre ville. Même le titre de l'album va dans ce sens, « Bad Vibe City ».

Christopher : On ne parle pas exclusivement de New York. C'était une réponse à tous ces groupes de reprises nuls qu'on devait se taper dans le bar où je bossais. Par contre il y a une grosse référence à New York dans l'album ; on y parle de la « Rape Alley », reconnue internationalement comme le spot favori des violeurs de la ville – et des mecs qui balancent des ordures illégalement, aussi.

Jesse : Ah, ah, ouais c'est à Ridgewood !

Revenons à la musique. On retrouve plusieurs membres de Ex Humans dans le groupe, vous vous êtes séparés ou quoi ?

Jesse : Les Ex Humans sont toujours ensemble, c'est juste que tous les membres du groupe ont des side projects. Todd – le bassiste – joue dans Fletcher C Johnson qui s'apprête à sortir un LP sur Burger Records, Josh notre batteur a fait une tournée avec Sony Vincent des Testors… On a tous été très occupés ces derniers temps, notre pote Punk Rock Jon vient de rejoindre le groupe et on va enregistrer un nouvel album cet automne.

Ouais, bizarre d'ailleurs ; les Carbonas et les Ex Humans sont deux groupes de pop-punk mignon alors que le son de Foster Care est beaucoup plus violent.

Christopher : Les gosses ont un accès plus facile qu'avant au punk des années 1970. Les albums des Saints, des Undertones se sont tous faits réédités. Du coup, tout le monde fait du punk '77. La plupart des groupes de la nouvelle vague hardcore s'inspirent de groupes obscurs, type Chronick Sick, Mecht Mensch ou Die Kreuzen, dont les disques sont introuvables ou hors de prix. Ça leur donne une fraîcheur que les autres genres n'ont pas. Et puis, de nos jours, on n'a plus besoin de s'affamer pour écouter tous ces trucs – avec cette merveilleuse chose qu'est Internet.

Ouais. Il reste des endroits bien, quand même ?

Ouais. 538 Johnson, Don Pedro ou Acheron.

Jesse : Ah ouais et sinon, rase-toi la tête si tu veux aller là-bas.

Patrick : Prends-toi une veste en cuir et porte-la à poil sans rien en dessous.

Jesse : Tu peux aussi demander de l'aide à la Banque Centrale Européenne.

Patrick : Appelle ton groupe Bang Language.

Jesse : Achète-toi une cigarette électronique.

Christopher : Non, ça, pas la peine.

OK, merci les mecs.

Merci à nous.

Sur les conseils de Foster Care voici une liste de groupes de Brooklyn a écouter et à voir – si vous avez assez de fric pour changer de continent.

1. Pampers

2. Night Birds

3. Crazy Spirit

4. Liquor Store

5. Nuclear Sant Claust 

6. Call of the Wild

7. 45 Adapters

8. Goosebumps

9. Mutant Genes

10. Livids

11. Family Curse

12. Offensive Weapon

13. Born Loose

Pour plus de Ain't it Fun, allez voir :

The Mysterons ont les plus grosses couilles du Royaume-Uni

Les Bad Sports s'en foutent du sport et d'Henry Rollins

On s'est fait une pizza et c'est reparti