Manifestants et policiers s'affrontent de part et d'autre d'un ruisseau du Dakota du Nord

Les manifestants s'opposent à un projet d'oléoduc censé passer à proximité d'une réserve, où ils ont créé une sorte de ZAD.

|
04 Novembre 2016, 3:15pm

Des policiers en tenue antiémeute ont aspergé de gaz poivré et ont tiré des balles en caoutchouc sur des manifestants qui tentaient ce mercredi de traverser un ruisseau à proximité du trajet que devra emprunter le Dakota Access Pipeline, dans l'État du Dakota du Nord.

Le département du Shérif du Comté de Morton a indiqué que la police est arrivée sur les lieux pour détruire un pont en bois « illégal » que les manifestants avaient construit au-dessus du ruisseau Cantepeta. Les policiers avaient aussi reçu l'ordre d'interpeller tous ceux qui essayaient de traverser la petite rivière pour « intrusion illégale ».

Les balles en caoutchouc tirées par la police marquent un tournant violent dans l'affrontement entre les hommes du shérif et les centaines de manifestants qui se battent contre le projet de construction d'un oléoduc, qui — selon eux — menace l'eau et les sites sacrés disséminés autour de la réserve de Standing Rock Sioux.

Dans une lettre envoyée ce mardi, le Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis a demandé de l'aide au département du shérif : « Apparemment, des groupes isolés se sont déplacés pour installer un campement dans les zones plus au nord de l'actuel camp, » sans avoir la permission d'accéder à cette zone régie par la loi fédérale.

Conor Handley, un manifestant qui était présent sur place, explique à VICE News que le pont a été construit au-dessus du petit ruisseau pour que les personnes âgées puissent traverser et accéder à une tombe située de l'autre côté de la rive.

Quand les manifestants installés dans le camp d'à côté ont appris la nouvelle, un groupe d'individus s'est déplacé sur place. Handley dit que certains d'entre eux ont pénétré dans l'eau glacée pour traverser le cours d'eau, mais que la police ne voulait pas les laisser monter sur la rive.

« Ils ont réagi de manière brutale, » dit-il à propos des policiers.

« Personne n'a eu de gestes déplacés envers la police », assure Handley, « mais les policiers ont intensifié leur usage de la force. »

« J'ai vu quelqu'un les arroser avec de l'eau — voilà le geste le plus violent que les manifestants ont eu envers les policiers, » explique Handley.

« Des officiers de police ont ordonné aux manifestants de se retirer du pont et leur ont dit que s'ils essayaient de traverser le pont ils seront arrêtés pour intrusion illégale, » indique un communiqué du département du shérif. « Cet ordre leur a été notifié à plusieurs reprises. »

« Plusieurs manifestants ont continué d'ignorer les injonctions de la police et ont traversé la rivière en nageant, en utilisant des canoës et des kayaks. L'affrontement avec la police a pris fin peu après 14 heures quand les manifestants se sont retirés pour retourner au camp. »

Alors que la pression continue de grandir sur la construction du Dakota Access Pipeline, « on arrive dans le money time là, » estime Handley.

« J'ai toujours eu beaucoup de respect pour les forces de l'ordre, » indique Handley. « Mais après ça, ils m'effrayent pour être honnête. Je suis effrayé par leur violence et les méthodes qu'ils utilisent. Ce n'est pas une manière de faire. »

Ce dernier affrontement survient au lendemain d'une prise de parole du président Obama. Il avait indiqué que le Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis étudiait des pistes potentielles pour modifier le tracé de l'oléoduc — afin qu'il évite la zone de Standing Rock.