Crime

Le Soudan du Sud pourrait replonger dans la guerre civile

Depuis 5 jours, au moins 272 personnes ont été tuées au cours de combats opposants des factions rivales du Soudan du Sud.
11 juillet 2016, 8:49am
Des soldats rebelles du Soudan du Sud lèvent leurs armes dans un camp militaire à Juba, le 7 avril 2016. (Photo de Jason Patinkin/AP)

Depuis 5 jours, au moins 272 personnes ont été tuées au cours de combats opposants des factions rivales du Soudan du Sud. 33 civils font partie des victimes a annoncé ce dimanche un représentant du gouvernement, alors que les affrontements continuent ce lundi matin. De nombreuses personnes ont trouvé refuge dans une base des Nations unies.

Ce nouvel épisode de violences fait craindre un retour à la guerre civile dans le pays. Le pays est récemment sorti de deux ans de guerre civile, qui avait commencé en décembre 2013 quand le président Salva Kiir avait écarté le vice-président Riek Machar.

D'après des témoins cités par l'Associated Press, les combats sont encore violents ce lundi matin à Juba, la capitale du Soudan du Sud. D'après un journaliste d'AP présent dans la ville, des coups de feu ont retenti. Une explosion importante a eu lieu vers 9 heures (heure locale) ce lundi matin dans le quartier de Tomping, d'après le témoignage d'un humanitaire.

Les premiers affrontements avaient commencé jeudi et vendredi dernier entre des soldats loyaux à Kiir et des soldats qui soutiennent Machar.

Un porte-parole du camp de Machar a indiqué à la BBC que le Soudan du Sud « replonge dans la guerre ».

Le Kenya voisin a appelé les deux leaders à éloigner les troupes des civils et de mettre un terme à la crise.

Ce samedi, il régnait un certain calme à Juba, mais dimanche un témoin et des locaux ont confié à Reuters que l'on pouvait entendre des coups de feu dans des quartiers excentrés de Juba — près des casernes des soldats de Machar.

« Pendant 30 à 40 minutes, on a entendu de l'artillerie lourde tirée en direction du quartier de Jebel, » a indiqué un humanitaire installé à Juba qui ne voulait pas révéler son identité.

Smoke seen from Jebel area of — Radio Tamazuj (@RadioTamazuj)July 10, 2016

Un habitant de la zone, Daniel Samson a indiqué avoir été témoin d'une « migration massive » de gens qui fuyaient dans les quartiers plus calmes au moment d'une accalmie. « Les coups de feu ont cessé pour le moment, » a dit Samson.

Breaking: Thousands of civilians fleeing into Tongping UNMISS base, near Juba airport — Rocco Nuri (@Rocconuri)July 10, 2016

Un autre habitant, qui se fait appeler Steven, a dit qu'il avait vu des centaines de personnes se dirigeant vers une base l'ONU. « J'ai vu des cadavres de civils et d'autres... qui bougeaient mais avaient du sang sur leurs corps, » a dit Steven à Reuters par téléphone.

Un témoin dit avoir vu des soldats commettre des actes de pillages. Ils seraient entrés dans un magasin et en seraient sortis avec de la marchandise. L'homme n'a pas pu dire si ces soldats soutenaient Kiir ou Machar.

Ce dimanche soir, le Conseil de sécurité des Nations unies a demandé aux pays de la région de participer à l'effort pour arrêter les combats qui font rage au Soudan du Sud. Il est aussi envisagé de renforcer la mission de maintien de la paix dans le pays (la Minuss) pour rétablir le calme.

L'ambassadeur français aux Nations Unies, François Delattre, a déclaré « Nous sommes extrêmement inquiets... C'est le résultat d'un manque de volonté politique des deux côtés... Le mot-clé est la pression, pour obliger les parties à prendre leurs responsabilités. »

La guerre civile du Soudan du Sud reflète aussi des fractures ethniques. Kiir appartient à l'ethnie des Dinka et Machar des Nuer. Ils ont chacun récupéré le soutien de leurs tribus respectives.

Un accord de paix signé en août dernier avait mis un terme à la guerre civile mais Kiir et Machar ont passé des mois à se disputer sur des détails de l'accord et doivent encore intégrer leurs troupes — un point essentiel de l'accord de paix.


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