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Crime

Yémen : 131 civils seraient morts, bombardés pendant un mariage

La coalition menée par l’Arabie Saoudite a rejeté toute responsabilité pour cet incident, qui serait l’attaque la plus meurtrière sur des civils jusqu’à présent au Yémen.
29.9.15
Photo par Hani Mohammed/AP

Le nombre de morts dans un bombardement qui a frappé lundi une fête de mariage au Yémen est monté jusqu'à 131 personnes, selon des infirmiers mardi. S'il est confirmé, cet incident serait l'attaque la plus meurtrière sur des civils jusqu'à présent dans la guerre qui a lieu en ce moment au Yémen.

Des accusations ont vite été prononcées à l'encontre de la coalition menée par l'Arabie Saoudite, qui bombarde les rebelles houtis depuis six mois au Yémen. Un porte-parole de la coalition a rapidement récusé toute responsabilité, en disant qu'il n'y avait eu aucune opération aérienne depuis trois jours dans la zone, et en qualifiant les comptes rendus à propos de cet incident d' « informations complètement fausses ».

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Deux missiles ont arraché des tentes du village Al-Wahijah, près du port de Mocha sur la mer Rouge, où un homme de la région affilié aux Houtis tenait une réception pour son mariage, selon des habitants.

Le nombre de morts dans l'attaque est monté ce mardi à 131, après les 27 morts d'abord annoncés lundi, selon une source médicale de l'hôpital local où victimes ont été prises en charge.

Des officiels de la sécurité yéménite ont déclaré à Associated Press que la coalition menée par l'Arabie Saoudite avait frappé le mariage par erreur. Hassan Boucenine, le chef de la mission de Médecins sans frontière au Yemen, a dit que beaucoup de personnes étaient mortes car elles n'avaient pas pu recevoir les soins médicaux appropriés.

« Ils ont frappé un mariage, il n'y avait que des civils et la plupart d'entre eux sont morts parce que l'hôpital de Mocha est fermé, faute de ravitaillement — pas de médicaments, pas de carburant, pas d'électricité, plus rien, donc le personnel est parti, » a dit Boucenine.

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a condamné ce bombardement lundi dans une déclaration, affirmant qu'il n'y avait pas de solution militaire au conflit dans ce pays, et que « sa poursuite n'apporterait que plus de souffrance humaine et de destruction. »

La coalition menée par l'Arabie Saoudite a commencé ses bombardements aériens en mars pour tenter de repousser les Houtis, qui sont alliés à l'Iran, en dehors des pans du pays qu'ils ont conquis depuis l'année dernière. La coalition veut réinstaller au pouvoir le président yéménite évincé Abd Rabbuh Mansour Hadi.

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Les forces du gouvernement pro-Hadi — soutenues par des milices locales, des renforts venus des pays du Golfe et des bombardements aériens — ont repris quelques parcelles de territoire aux Houtis, incluant le port d'Aden, où Hadi a érigé une base temporaire après être revenu de son exil en Arabie Saoudite.

Des groupes internationaux de défense des droits de l'homme se sont alarmés du nombre accru de morts civils durant ce conflit du Yemen. Sur les 4 500 personnes décédées de mars à septembre, au moins 2 355 étaient des civils, selon des chiffres des Nations Unies publiés ce mardi.

À Genève, le porte-parole du bureau des droits de l'homme aux Nations Unies Rupert Colville a déclaré qu'une équipe sur place au Yemen tentait de vérifier certains détails à propos du carnage de la réception de mariage.

Entre-temps, jeudi dans la capitale Sanaa, les forces de la coalition ont pilonné des cibles près de l'aéroport international, une zone de la ville où de nombreux sites militaires et bases aériennes sont situées. Il n'y a pas eu de rapport immédiat faisant état de victimes.

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