Master P interview rap
Capture d'écran du documentaire No Limit Chronicles (2020) @ BET France

Master P, à jamais le premier super rappeur-producteur vraiment indé

Rencontre avec le fondateur de No Limit Records, à l'occasion des 30 ans du label rap US mythique et d'un documentaire. Au programme : la nécessité d'être son propre patron, les embrouilles entre Snoop et Suge Knight, de l'amour et de la solidarité.
28.10.20

Difficile de couvrir l’intégralité de la carrière de Percy Miller alias Master P. Entre ses débuts où il était un énième lascar du ghetto qui voulait s’en sortir en refourguant des mixtapes avec pour seule boutique le coffre de sa voiture et l’empire tentaculaire qu’il a monté depuis, un improbable embryon de carrière pro en NBA, sa philantropie façon mi-mécène du ghetto mi-activiste et sa boulimie entrepreneuriale, il faudrait bien plus que 15 pauvres minutes d’interview (mais on a pu en gratter 20 au final, l’honneur est sauf) pour ne serait-ce qu’effleurer un début de résumé du parcours du natif de Nouvelle-Orléans.

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Outre-Atlantique, le bonhomme est évidemment une légende du gangsta rap indé mais ici, il ferait presque figure d’oublié de l’Histoire. En effet, quand on évoque les plus grands businessmen du rap US, les sudistes sont en général assez snobés, tout au plus on cite Birdman (et c’est surtout par rapport au succès de Lil Wayne), mais sinon on reste sur le trio Diddy/Jay-Z/Fifty. Grave erreur puisque Miller les a non seulement précédés mais en plus a fait ce qu’aucun d’entre eux n’a accompli depuis, à savoir posséder sa propre musique et donc en récolter la majeure partie des bénéfices, en laissant simplement la distribution à la maison de disques, et rien d’autre. C’est la base de tout, l’indépendance qui lui a permis d’investir un peu partout comme bon lui semblait. Aux dernières nouvelles, notre ami a lancé sa marque de riz avec comme objectif affiché de concurrencer Oncle Ben’s et « réinjecter de l’argent dans la communauté », rien que ça.

À l’occasion de la promo d’un documentaire dispo sur BET France jusqu’à la fin du mois d’octobre (No Limit Chronicles, dépêchez-vous parce qu’après ce sera uniquement en V.O sur youtube), on a rencontré l’un des rares super-rappeurs-producteurs qui peut passer le plus naturellement du monde de sa vision du mouvement Black Lives Matter à la promo de sa dernière paire de basket sans que ça sonne comme un monstrueux foutage de gueule. Sacré Percy.

VICE : Tu as été l’un des premiers rappeurs-producteurs à être un « vrai » indépendant, tu possédais ton propre label mais aussi ta musique, tes masters… encore aujourd’hui ça reste rare d’être indé à ce point. Qu’est-ce qui t’a donné le déclic à l’époque ?
Master P : Eh bien, je voulais pas me faire exploiter, c’est tout. Michael Jackson était le plus gros vendeur à l’époque, la plus grande star. J’ai pris contact avec son avocat pour me renseigner un peu. Il m’a dit que MJ touchait seulement 22 % sur sa musique… Sa propre musique. Du coup j’ai demandé à l’avocat s’il existait un autre deal qui permet de toucher plus que ça. C’est là qu’il m’a parlé des contrats de distribution. Je veux dire, c’est là qu’une lumière s’est allumée en grand dans ma tête [Sourire]. J’ai compris que c’était ça qu’il me fallait. C’est ça que je voulais. À partir de là j’ai commencé à me renseigner, à étudier les différents deals de distribution, à passer de plus en plus de temps à la bibliothèque pour potasser tout ça. Parce que je commençais sérieusement à me dire que beaucoup d’artistes étaient juste en train de se faire… utiliser par des grosses compagnies, pour rester poli.

« Je voulais créer une industrie, pour ma famille »

Il y a toujours eu beaucoup de talents en Amérique, mais très peu arrivaient à générer autant d’argent qu’ils le méritaient. J’ai grandi dans la misère, je vivais dans une cité, on tenait à 17 personnes dans 3 chambres… J’avais besoin de posséder mes masters, de posséder ma musique. C’était pas négociable de mon point de vue. Fallait que je sois mon propre patron. Très peu d’Afro-Américains possédaient leur société, leur label, leur marque… Je voulais être le premier. Je voulais que mon succès ne connaisse aucune limite, d’où le nom du label No Limit Records. J’y ai cru et voilà où ça m’a mené, une centaine de millions de disques vendus plus tard. On a parcouru un chemin incroyable. C’est une bénédiction, vraiment.

C’était pas évident, c’était un pari : il y avait un côté « ça passe ou ça casse », j’aurais pu tout perdre, y compris ma vie, pendant mon ascension. Parfois tu dois renoncer à certaines choses, changer ton état d’esprit, tant que c’est pour aller dans le bon sens. C’est ce que j’ai décidé de faire. Je voulais créer une industrie, pour ma famille. Ça demande bien plus de boulot de faire ça en indé, de ton côté, ça veut dire que tu es le patron, mais ça veut aussi dire que d’autres, dans l’industrie, ne vont jamais te soutenir, pas autant que les artistes qui ont d’autres types de contrat en tout cas. Tu ne peux pas faire ami-ami avec n’importe qui. C’est juste du travail, et c’est normal que tout le monde ne soit pas prêt à faire ça.

L’autre spécificité c’est que tu as assez tôt produit et réalisé tes propres films, qui faisaient très prolongement de la Blaxploitation…
Être capable de faire des films, dans le sens écrire, réaliser et produire tes propres films, compte tenu de là d’où on vient, c’est pas rien. Mais l’avantage que tu as, c’est que tu es issu de la même culture que ton public : tu sais parfaitement ce qu’on attend. C’était une sacrée opportunité. Pareil que pour la musique finalement. On allait au cinéma comme tout le monde, on voyait bien ce qui plaisait à la communauté, mais aucun d’entre nous n’avait la moindre idée de comment faire un film, que ce soit au niveau business comme au simple niveau technique. Même chose pour les programmes télévisés d’ailleurs. J’ai appliqué la même chose que quand je me suis lancé dans la musique, concrètement.

J’arrête pas de le répéter à tout le monde, tout le temps : diversifiez-vous, ayez toujours plusieurs cordes à votre arc. La musique, les films, les vêtements, ça doit aller ensemble et c’est comme ça qu’on progresse.

Snoop a dit cet été que c’était toi qui l’avais empêché de faire un album intitulé « Fuck Death Row » à l’époque où il était remonté contre Suge Knight.
Ouais… J’essaie d’être un mec intègre, tu vois ce que je veux dire ? On a fait de l’argent, à ce moment précis il se trouve que Snoop rejoint notre équipe, tout va pour le mieux. C’était inutile de clasher qui que ce soit. Ça ne nous aurait servi à rien du tout, vraiment. Pourquoi je l’aurais encouragé à insulter un autre boss de label, pourquoi j’aurais participé à un énième clash entre deux Noirs haut-placés dans l’industrie de la musique ? Suge Knight, on en pense ce qu’on en veut, mais il a contribué à ouvrir des portes pour Snoop, c’est seulement après que la relation entre les deux a complètement foiré. A partir de cet instant, Snoop Dogg, pour moi, devait aller de l’avant, être au-dessus de tout ça. Et ne surtout pas perdre son temps avec ces conneries. Jamais s’enfoncer dans le négatif. C’est ce que je lui ai dit à l’époque et il se trouve qu’il m’a écouté. Je pense que ça lui a évité pas mal d’emmerdes qui auraient découlé d’un album pareil. Je suis très content qu’il m’ait écouté et qu’il ait choisi la maturité plutôt que les enfantillages. Il a fait ce qu’il fallait. Parfois c’est dur de prendre la bonne décision.

D’ailleurs comment s’est passée la conversation avec Suge Knight quand tu es allé lui rendre visite en prison pour négocier la signature de Snoop ?
C’était juste du business ! C’est vrai que ça peut faire fantasmer beaucoup de gens mais c’était uniquement une conversation entre deux hommes d’affaires. Voilà le truc : plein de gens n’avaient pas encore pleinement réalisé la puissance de Snoop. Pour moi, c’était un diamant brut. Donc j’étais prêt à faire tout ce qu’il fallait y compris me déplacer en personne pour avoir l’occasion de le signer et bosser avec lui. Même en tant qu’auditeur, avant tout ça, j’étais fan de lui depuis ses débuts !

« Bien sûr, le système aurait voulu que Suge et moi on s’embrouille autour de Snoop : deux boss de labels, noirs, tu connais l’histoire »

Et après l’avoir rencontré, franchement, j’ai jamais été déçu : c’est vraiment un mec bien. Donc mon raisonnement était le suivant : j’ai du succès, mon label marche très bien, j’ai l’opportunité de le démarcher pour qu’on bosse ensemble, allez on fonce. Parce que de l’autre côté, Snoop était toujours prisonnier de son deal avec Death Row, et eux allaient simplement le vendre à n’importe qui tant que la somme était élevée. Il se serait retrouvé chez Sony, qui tu veux, ça aurait été la première major prête à aligner des millions qui l’auraient remporté, ils voyaient Snoop comme un produit, sans plus.

J’ai simplement dit « laissez-moi parler directement à Suge Knight et voyons si j’arrive à négocier un deal qui soit une porte de sortie pour Snoop tout en restant satisfaisant pour tout le monde ». C’est ce qui s’est passé. Bien sûr, le système aurait voulu que Suge et moi on s’embrouille autour de Snoop : deux boss de labels, noirs, tu connais l’histoire. On n’a pas pris ce chemin-là, et tout ce que ça nous a coûté, c’est une discussion. On a conclu un deal, Death Row a été payé et on a tourné la page.

Tu gardes ton attachement au ghetto malgré les années : tu as plusieurs assos, tu as levé de l’argent pour la reconstruction du quartier de Calliope… C’est toujours aussi important pour toi ?
Absolument. J’ai connu la misère très jeune, et c’est important de ne jamais complètement tourner le dos au ghetto, de ne jamais oublier d’où tu viens. J’ai eu la chance d’y survivre et de profiter des opportunités que le ciel a mises sur ma route, pour finalement me permettre de changer de vie. Maintenant, ce serait dommage de ma part de ne pas faire profiter les gens de mon expérience ; si je peux réinvestir, soutenir des initiatives, bref faire tout ce que je peux pour aider les gamins des ghettos, c’est mon devoir. Tu ne sais jamais ce qui peut arriver : peut-être que je vais trouver un diamant brut, comme moi je pouvais l’être à l’époque…

Je finance un programme à Compton depuis plus de 25 ans maintenant. Ça concerne le basket, j’ai pu faire venir plein de stars de la NBA, comme DeMar DeRozan ou Brandon Jennings. On vient de perdre un gosse, au moment où je te parle. Quartorze ans, victime d’un drive-by. Ce gamin aurait pu être le prochain Jordan, on ne le saura jamais. C’est pour ça que je reviens toujours au hood. J’ai l’impression que c’est le moins qu’on puisse faire pour sauver, enfin, essayer de préserver un peu notre avenir. On peut au moins éduquer la nouvelle génération.

C’est tout ce que j’aurais voulu, quand je me rappelle mes jeunes années dans le quartier : avoir quelqu’un qui a réussi et qui partage son expérience et son savoir avec toi. Quelqu’un qui ne fait pas comme si on n’existait pas. Je pense que c’est le genre de trucs basiques qui peuvent motiver les jeunes à poursuivre leurs rêves en sachant que c’est possible. Je te parle pas d’injecter de l’argent et de dire « ça y est j’ai fait ma B.A », mais de vraiment passer du temps avec eux. Sans te faire tous les détails, ma fondation Let The Kids Grow pousse pour ce genre d’actions, et j’ai aussi une autre fondation, Team Hope, qui se concentre sur l’éducation. Avec Team Hope, on s’occupe aussi de la prise en charge des personnes âgées. En termes de soin et même de nourriture, dans notre communauté on a malheureusement un peu tendance à les oublier.

Vers le milieu des années 2000, tu as pris tout le monde à contrepied avec le clip « Gutta Time », qui ridiculisait le Ku Klux Klan en les représentant dans un mode de vie de mecs du ghetto, comment ça t’est venu ?
Hmm. Comme tu sais, il y a beaucoup de violences policières. Pas seulement de là où je viens, partout. Évoluer dans ce pays en tant qu’homme noir, rien que ça c’est un combat quotidien. Tu dois affronter le racisme, ça te prend du temps et de l’énergie, surtout si en parallèle tu veux juste réussir ta vie, posséder une société, etc. Ça fait beaucoup de trucs à gérer. Personnellement, j’étais un peu un acharné. Tu me fermes la porte, je vais la défoncer, et si je ne peux pas, on passera par la fenêtre, aucun souci. Évidemment, depuis que je suis riche j’échappe à pas mal de trucs, mais je suis bien lucide sur ce qui se passe. Ça aurait été hypocrite de ne jamais utiliser ma parole pour dénoncer la situation, ou même juste pour alerter les miens sur certains dangers. J’ai pu faire ça à travers la musique.

« On doit s’y mettre : à la banque, à la finance, placer les gens concernés aux postes importants »

Sur ce clip, on est vraiment partis sur de la satire, avec un côté absurde, mais il faut pas oublier le message à la fin de la vidéo [Suite à leur défaite lors d’un match de basket, l’équipe du KKK quitte les lieux et on peut lire que plus jamais le playground ne subira la ségrégation mais qu’en revanche les joueurs noirs se sont tous faits lyncher le lendemain, NDLR]. C’est le minimum de partager un peu de lumière médiatique pour ces questions en particulier, toutes ces injustices qu’on a connues à travers toutes ces années. Là on proteste dans la rue, on fait des manifs, mais personnellement je pense que l’étape supérieure c’est l’émancipation économique.

On doit s’y mettre : à la banque, à la finance, placer les gens concernés aux postes importants. Avoir des gens qui nous ressemblent et nous comprennent à des postes-clés, avoir des gens qu’on puisse tenir responsables en toutes circonstances. J’en parle depuis longtemps et je ne suis pas le seul mais à présent je pense que c’est le plus urgent. Donc j’utilise ma voix et mon espace médiatique pour aller dans ce sens là.

C’est ce qui t’a inspiré le morceau « Say Her Name » ?
Oui. Le morceau sur Breonna Taylor que j’ai écrit, c’est un des morceaux que j’avais besoin de faire. Tu regardes tout ce qui se passe, et tu réalises qu’on a perdu tellement de gens, il y a eu tellement de meurtres policiers, c’est fou. Mais le fait que ce soit une femme, ambulancière, je voulais le souligner. Parce que ça veut dire qu’on peut perdre n’importe qui. Breonna Taylor était une dame qui n’avait pas de casier judiciaire, elle était ambulancière et elle est morte beaucoup trop tôt. C’est quelque chose qu’il est important de mettre au centre, surtout avec le mouvement Black Lives Matter : on ne fait pas que « brûler nos propres blocs » ou je ne sais quoi, non, on s’éduque pour pouvoir les reconstruire derrière. C’est ça l’essentiel.

Il y a des artistes de la nouvelle génération qui t’intéressent ces temps-ci ?
Oh ouais. C’est eux l’avenir, tu vois ce que je veux dire ? Parfois les mecs de mon âge s’enferment un peu dans la mentalité « ouais mais de mon temps ça se passait comme ça… ». C’est cool mais faut garder l’esprit ouvert. Le monde avance. Nos parents devaient nous regarder pareil, sans capter, et ils ont fait l’effort d’essayer de nous comprendre sans trop nous juger. À nous de faire la même avec la nouvelle génération d’aujourd’hui. Je suis très attentif à tout ce qui se passe et si je peux faire quoi que ce soit pour aider, j’y vais. Si je peux être leur brouillon, une sorte de modèle à suivre, une éponge à expériences et connaissances, allons-y. Ce qui compte pour moi c’est de leur faire comprendre en priorité qu’il ne faut pas se limiter au rap.

Une carrière de rappeur peut s’arrêter en seulement 3 ans. C’est ce qu’on montre dans le documentaire, j’étais préparé à me retirer en tant que rappeur et à me diversifier, me reconvertir direct. Tu ne pourras pas rapper toute ta vie, donc ne t’endors pas… là tu vois [Il sort une paire de chaussures d’une boîte NDLR] j’ai les nouvelles MoneYatti, ma marque de vêtements, et maintenant on fait aussi des sneakers. Le nom, MoneYatti, ça veut dire «Motivating Oneself Now Encourages You Actively To Think Independently » [se motiver t’encourage à penser activement de manière indépendante, évidemment ça sonne dégueu traduit en français NDLR]. Faut que la nouvelle génération pense de manière indé ; être riche et célèbre n’est pas une fin. Tu dois t’impliquer dans de la production, c’est la clé. C’est ce qui est censé arriver juste après le talent. C’est ça mon message aux jeunes : une fois que t’as un pied dans la porte et que tu vends ta musique à grande échelle, tu dois convertir tout ça dans du concret, des produits, des vêtements, ce que tu veux.

J’ai cru comprendre que tu avais enregistré plusieurs morceaux avec Nipsey Hussle…
On en a sorti un seul, pour la bande originale du documentaire No Limit Chronicles. Mais ouais, tôt ou tard, les autres sortiront. On a fait un clip vidéo en dessin animé pour le morceau Real Shit. L’enregistrement était fou, mec. Nipsey Hussle avait un talent incroyable, on l’a également perdu bien trop tôt. On doit vraiment apprendre à préserver nos stars, à les protéger. Il faut les honorer et leur donner de l’amour de leur vivant, pas à chaque fois attendre qu’ils nous aient quittés.

Comment tu vois l’évolution de l’industrie de la musique par rapport à tes débuts ?
Si tu contrôles ton business, et j’insiste vraiment là-dessus, alors c’est du positif. Ca n’a plus rien à voir avec l’ancienne époque : tout est digital, dématérialisé, de la promo via les réseaux sociaux en passant par la musique elle-même sur les plate-formes de streaming. Évidemment, ça représente beaucoup de travail de tout contrôler, c’est difficile, mais si tu construis ton business, ta marque, tu peux générer de l’argent pendant que tu dors ! [Rires] On pouvait pas du tout faire ça à l’époque… Des avancées technologiques ont lieu tous les jours, faut rester sur le coup.

Quand tu repenses au passé, qu’est-ce qui te manque le plus ?
C’est uniquement l’unité qui me manque, personnellement. Aussi loin que je me souvienne, on essayait quand même de faire gaffe aux gamins dans notre communauté. De nos jours j’ai le sentiment que plus personne ne pense à la génération d’après. C’est un peu chacun pour soi. Dans mes souvenirs il y avait encore un peu de solidarité, les anciens nous tendaient la main et nous aiguillaient pour qu’on ne reproduise pas leurs erreurs, qu’on essaie de s’en sortir. Actuellement on va tous trop vite, faut revenir à l’amour et la solidarité. C’est ce qui manque au ghetto aujourd’hui. Faut revenir à ça, qu’on arrête de s’envier et de se mettre des bâtons dans les roues.

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