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Drogue

Tout ce que votre dealer risque de vous dire un jour

Les échanges avec les dealers peuvent parfois être compliqués – souvent parce qu'ils ont tendance à marmonner au téléphone comme si leurs lèvres étaient soudées l'une à l'autre.
27.7.15
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Photo d'Andoni Lubaki

Les dealers vivent dans un monde étrange. Un monde dans lequel « J'arrive dans cinq minutes, poto » signifie en fait « Je joue à Destiny et je n'ai absolument aucune envie de bouger mon cul pendant les trois prochaines heures ». Un monde dans lequel « 1 gramme de matos pour ta soirée » veut dire 0,8 gramme de détergent en poudre, coupé avec du doliprane codéïné. Un monde dans lequel faire de la promo pour ses produits est sans risque grâce aux SMS et à leur langage codé – du style : « J'ai une angine Blanche, heureusement que j'ai aussi des Cristaux pour me soigner, bipe-moi si intéressé. »

Les échanges avec les dealers peuvent parfois être compliqués – soit parce qu'ils ont tendance à marmonner au téléphone comme si leurs lèvres étaient soudées l'une à l'autre, soit parce que faire cinq minutes de bagnole pour sceller un deal à 150 euros les emmerde. Ils peuvent aussi devenir très lourds et se mettre à vous coller. Ne vous laissez pas berner par les « prix d'ami » de « Mike » – au mieux, il est en train d'essayer de vous refourguer le fond du sachet ; au pire, l'effet de sa marchandise aura à peu près la même intensité que celle du panaché.

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Il y a bien sûr différentes sortes de dealers – le wannabee fan de rap, l'affable ex-criminel de guerre en exil, le dealos dreadeux et imberbe qui a facilement dix ans de moins que vous et aussi toute une poignée de gens corrects qui se sont juste mis à vendre de la drogue. Néanmoins, certaines généralisations peuvent s'appliquer au contingent majoritaire : nombreux sont ceux qui se baladent avec trois téléphones sur eux parce qu'ils sont convaincus d'être sur écoute, qui débarquent en trombe devant le Monoprix du coin avec du Kaaris à fond dans leur caisse et qui refilent leurs pochons à travers l'ouverture mi-close de leur fenêtre.

Quoiqu'il en soit, si votre but est de procéder à un échange de liquidités contre des substances qui vont vous faire kiffer pendant quelques heures – avant de vous faire tomber au plus bas quelques heures plus tard –, vous allez devoir faire avec ces quelques inconvénients. Voici à quoi vous attendre.

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Photo de Marco Tulio Valencia

SI VOUS RENCONTREZ VOTRE DEALER EN PERSONNE

Cela peut arriver n'importe où – il peut vous refiler une carte de visite avec son nom et son 06 imprimés en ComicSansMS lors d'une fête étudiante ou vous accoster dans le coin fumeur d'une boîte. Ou encore vous offrir une trace aux funérailles d'un proche avant d'écrire son numéro sur votre main et vous faire des clins d'oeil glauques pendant toute la durée de la mise en terre – et vous n'arrivez pas à savoir s'il s'agit d'un toc de toxicomane ou si vous êtes juste en face du pire être humain au monde (quoiqu'un être humain assez entreprenant, certes).

Où que ça arrive, on peut s'attendre à deux choses : soit qu'il vous mente de but en blanc en vous disant qu'il a la came la plus pure du monde au meilleur prix, soit qu'il vous marmonne : « Tu cherches un truc mon pote ? »

QUAND TU APPELLES OU ENVOIES UN TEXTO POUR LA PREMIÈRE FOIS

Soyons honnêtes : il y a beaucoup plus de chances qu'un pote vous ai refilé un numéro plutôt que vous ayez rencontré un dealer dans la rue. C'est quand même rare que des types se baladent en public en vociférant des noms de drogues, sauf si vous vivez en plein centre-ville. Quoiqu'il en soit, le premier appel / texto ressemblera à ça :

Vous : « Salut, je m'appelle X, c'est Y qui m'a refilé ce numéro, t'es dispo ? »

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Et il vous répondra : « Ouais, OK, qu'est-ce que tu veux ? »

(Alternativement, si c'est un malade mental : « Donne-moi ton nom complet, ton adresse et ton code postal. » Ne le faites-pas.)

Puis vous répondrez : « Un 20, s'il te plaît. »

« Ok, viens à X [un endroit toujours introuvable sans Google Maps] dans 20 minutes. »

QUAND ON L'APPELLE 15 MINUTES APRÈS L'HEURE À LAQUELLE IL ÉTAIT CENSÉ ARRIVER

Vous faites le pied de grue devant le McDo d'un centre commercial depuis déjà un bon moment. 15 minutes après l'heure fixée pour le rendez-vous, le type n'est toujours pas là. Vous vous dites : « Est-ce qu'il va s'énerver si je l'appelle ? » Vous tournez en rond pendant un bon moment, puis vous concluez qu'il vaut mieux ne pas lui reprocher son manque de ponctualité, avant de finalement changer d'avis de nouveau et de l'appeler.

« Qui c'est ? » demande sèchement le type.

« Euh, c'est moi – je t'ai appelé et tu m'as dit que t'arriverais il y a un quart d'heure. »

« Ah, ouais, j'arrive. [Derrière, vous pouvez entendre sa télé.] Je suis là dans cinq minutes. Je suis dans une Clio noire. »

QUAND ON L'APPELLE 45 MINUTES APRÈS L'HEURE À LAQUELLE IL ÉTAIT CENSÉ ARRIVER

Vous en avez marre d'attendre. S'il s'agissait de Pizza Hut, vous auriez eu votre pizza offerte. Les dealers n'ont-ils pas intégré le concept du temps ? N'ont-ils pas compris que les gens qui veulent de la drogue en veulent le plus rapidement possible ? À moins d'être une sorte de survivaliste toxicomane qui vit reclus dans son bunker en attendant la prochaine guerre mondiale, on n'achète pas ses drogues à l'avance.

Vous aboyez dans votre téléphone : « Salut, t'étais censé être là y a une heure. » Vous êtes en colère contre vous-même pour avoir attendu comme un crétin pendant des lustres, de surcroit dans un endroit qui pue l'huile de friture et la mayonnaise bon marché.

« Les bouchons, mec. Je suis là dans cinq minutes. Devant l'entrée, OK ? »

QUAND VOUS VOUS RENDEZ COMPTE QUE VOUS ETES AU QUICK ET NON AU MCDO, LE LIEU DU RENDEZ-VOUS

« Salut, je cours juste au distributeur, je viens de réaliser que j'avais pas assez. Je suis là tout de suite », expliquez-vous.

« OK, grouille. J'ai une autre livraison », dit-il.

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Vous sentez la colère monter.

QUAND IL ARRIVE ENFIN

« Monte à l'arrière. »

Vous ouvrez la porte, mais un de ses potes est déjà assis de ce côté. Vous faites le tour de la voiture.

« Qu'est-ce qu'il te fallait ? »

« Juste un pochon de 20, s'il te plaît. »

Il répond : « Ah, je fais que des 40, mec. Je ne suis pas venu jusqu'ici pour un 20. »

Tandis que vous sortez votre portefeuille, il vous demande ce que vous avez prévu ce soir, sans pour autant prêter une once d'attention à votre réponse.

Vous tendez l'argent et il vous donne votre pochon.

« Tu m'appelles si t'as besoin d'un truc. Je fais la coke à 60 le gramme, 80 si c'est de la bonne. J'ai aussi des taz, de la ket, de l'herbe – tout ce qu'il faut. T'as mon numéro ? »

« Oui, je viens de t'appeler. »

« Bien. »

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QUAND IL VOUS ENVOIE CHAQUE JOUR DES SMS

« Super C à 140e le G. Bien pure. Je viens de m'en faire une trace. ;) »

« Ket et C toute fraîche. Bonne came pure dans les 2 cas. »

« MDMA bien pure, 50e le G et Coke à 100e. Prix spécial Ramadan. Bipe-moi. »

Ad nauseam.

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