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Daniel Everett prend des photos froides comme le monde d’aujourd’hui

Nicolas Poillot

J'ai découvert Daniel Everett en 2009, lorsque je travaillais sur un projet de publication pour l’ancêtre d’Études Books.

Daniel Everett, 32 ans, est un artiste et photographe américain originaire d’Hudson, dans l’Ohio, et installé depuis peu à Provo, dans l’Utah. J'ai découvert son travail en 2009, lorsque je travaillais sur un projet de publication pour, à l’époque, notre collectif Je Suis une Bande de Jeunes – l’ancêtre d’Études Books. Je me souviens avoir tout de suite trouvé ses boulots uniques, plastiquement parfaits – si parfaits qu’ils avaient l’air trop parfaits – et, sans vouloir en faire trop, à la fois extrêmement normaux, quotidiens, et extrêmement fous.

On a donc, naturellement, eu envie de travailler à nouveau avec Daniel. Ça s’est concrétisé en 2011, lorsque nous avons bossé sur projet d’expo à Paris, à la galerie 12 Mail, Bartholomew. Depuis, nous avons à nouveau bossé ensemble ; d’abord sur un livre paru chez Études Books au début de l’année 2012, puis sur une exposition Études chez Colette, à Paris, en mai 2013.

Ça fait aujourd’hui quatre ans qu’on échange des mails – toutes les deux, trois semaines, il nous donne des nouvelles, à sa manière : un simple « Hey, ça va ? », aussi raide et concis que ses boulots. Au cours de ces minutes passées devant nos ordis respectifs, j’ai appris que Daniel aimait, plus que tout autre chose, photographier ce qu’il appelle « l'architecture contemporaine », dans tout son dénuement. Comme il le dit, « Une partie de moi veut croire dans les promesses et les idéaux liés à la modernité. Mais je sais bien que je suis né trop tard pour avoir décemment ce genre de réflexion. » C’est dans cette âge moderne qu’il trouve les sujets de ses boulots : « La fadeur m'inspire, l'esthétique clinique aussi. »

Aussi, il n'aime pas photographier les gens qui, d'après lui, sont « toujours trop spécifiques et cupides ». C'est pourquoi vous ne verrez probablement jamais de présence humaine dans ses travaux, ni le moindre centimètre de fun.

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