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Le guide VICE de l'Europe 2014

Le guide VICE de Paris 2014

La capitale française est toujours peuplée de blogueuses mode et de DJs imbuvables – voici quelques conseils pour les éviter.
14 juillet 2014, 8:00am

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(Photo : Basile Hémidy)

Les grèves de trois jours font désormais partie du passé, mais certains éléments du patrimoine français restent intacts : les DJ techno sont toujours des enfoirés, les serveurs continuent de râler et la scène nocturne est toujours aussi nulle. Qu’il s’agisse des vogueurs gays parisiens ou des raves en banlieue, la meilleure partie de Paris est parfois à l’abri de tout regard.

Pour passer directement à la section qui vous intéresse, cliquez sur les liens ci-dessous :

OÙ FAIRE LA FÊTE
DROGUES ET LOIS LOCALES
POLITIQUE LOCALE, RACISME ET MANIFESTATIONS
OÙ MANGER
CE QUE MANGENT LES GENS ICI
OÙ ALLER BOIRE UN COUP
OÙ DORMIR
LE PARIS LGBT
OÙ TRAÎNER EN ÉTAT DE SOBRIÉTÉ
COMMENT ÉVITER LES ARNAQUES
COMMENT NE PAS SE COMPORTER COMME UN TOURISTE INFERNAL
QUELQUES PERSONNES ET ENDROITS À ÉVITER
UN PEU DE MUSIQUE LOCALE
NOTRE CARTE DE LA VILLE

(Photo : Melchior Ferradou Tersen)

OÙ FAIRE LA FÊTE

Si vous fuyez comme la peste ces clubs blindés de gens venus moins pour la musique que pour exhiber leur nouveau T-shirt Sixpack, retenez le Rex (1 boulevard Poissonière, 2ème arrondissement), La Java (105 rue du Faubourg du Temple, 10ème arrondissement) ou La Machine du Moulin Rouge (90 boulevard de Clichy, 18th arrondissement). Là-bas, les gens essaient de danser pour de vrai.

Dans Paris intramuros, les clubs les plus connus sont le Social Club, le Nouveau Casino, le Wanderlust et Chez Moune. Ils ont les défauts classiques des boîtes de nuit (visio chiant / conso chère / trop de monde / coin fumeur de l'Enfer / repaire de CSP+ en afterwork / etc) mais pensez tout de même à checker leurs programmations, des personnes décentes y sont (parfois) invitées.

Sur les quais du Canal St Martin, Le Comptoir Général (80 Quai de Jemmapes, 10ème arrondissement) est un endroit qui se transforme vite en dancefloor les soirs de week-end. Aménagé dans une ancienne étable de 600 mètres carrés, ce lieu est parfait si vous n'avez aucun problème à boire du punch assis sur une chaise rouillée à côté de portraits de dictateurs africains.

Ailleurs, la nuit parisienne est mise face au dur défi de se renouveler. Avec la Concrete, une péniche installée quai de la Rapée, la fête se fait nocturne un week-end sur deux, l’autre accueillant des afters auxquels on peut se rendre le dimanche dès 7h du matin. Si la faune d'adolescents cokés qui s'y trouve ne constitue pas trop pour vous un frein à la bonne ambiance, tout devrait bien se passer.  En banlieue, il y a aussi les soirées organisées par le collectif 75021 au 6B à Saint Denis. C'est souvent pas mal, à supposer que vous soyez suffisamment courageux pour dépasser la zone 2 du métro parisien.

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(Photo : Maciek Pozoga)

DROGUES ET LOIS LOCALES

Paris n’est pas un carrefour narcotique reconnu mondialement pour la qualité extraordinaire de ses drogues, mais leur utilisation reste assez fréquente. Les drogues les plus répandues sont le cannabis, le shit, la cocaïne, le crack – et la plus récente dans les soirées parisiennes est la MDMA. Puisque Paris n’est pas un port (soit une voie d’entrée sur le territoire), la qualité de la cocaïne est souvent déplorable parce que chaque intermédiaire la coupe sans remord.

La marijuana et le shit coûtent parfois assez cher par rapport au reste de la France, mais ces drogues sont très communes. Marchez tranquillement à Pigalle, Blanche ou à Barbès en faisant des trucs de touristes et vous entendrez des « Beuh, coke, shit » à moitié chuchotés – évitez ces gens. En France, la marijuana n'est pas légale selon la loi mais son utilisation reste tout de même très fréquente. L’achat et la vente de marijuana et de haschisch constituent une infraction pénale imposant une peine de deux mois à un an de prison et d'une amende de 50 euros à 1700 euros – mais pour être honnête, les potheads parisiens ne risquent pas grand-chose de plus qu'une confiscation de leur marchandise et une petite réprimande.

En ce qui concerne le crack, ce dérivé de la coke a franchi le périphérique pour rejoindre les alentours de Stalingrad, le métro Barbès, Château-Rouge et porte de la Chapelle. Le quartier de la gare à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) est devenu la capitale du crack en Île-de-France, ce qui en fait un trou misérable à éviter.

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(Photo : Melchior Ferradou Tersen)

POLITIQUE LOCALE, RACISME ET MANIFESTATIONS

Paris n’est pas exactement connue pour ses squats. Il faut dire que la ville est tellement soumise à la législation locale que les rares endroits « occupés illégalement » sont en réalité déjà listés (et largement surveillés) par la mairie. Vous l’aurez compris : plutôt balisée et cadenassée par les institutions, Paris ne regorge pas de hauts lieux de la dissidence. Mais si vous cherchez du côté des initiatives « mignonnes et tout à fait légales », vous trouverez de sympathiques façons d’aborder la capitale différemment, comme la mobilisation contre l’engorgement de la circulation automobile. À l’instar d’autres métropoles françaises, Paris accueille des « vélorutions », grands rassemblements cyclistes qui assiègent la ville et s’imposent comme un doigt d’honneur fait aux trop nombreuses voitures. « Vélorution Paris » est un collectif autogéré de militants et militantes franciliennes. Le premier samedi de chaque mois, un départ est organisé depuis Bastille. La manifestation est ouverte à tous – et qui plus est, les Vélorution font partie de ces rares moments où vous pourrez avouer que vous n’avez toujours pas le permis et ce, SANS ÊTRE JUGÉ.

(Photo : Arthur Liminana)

En ce qui concerne les manifestations, la légende veut que les Français fassent grève tous les trois jours. Si je devais me conformer aux clichés, je ne serais pas assis devant mon écran à rédiger ces lignes mais dans la rue à manger un merguez-frites et à me battre contre n'importe quel projet de loi qui ne me conviendrait pas.

En réalité, la France a rarement été aussi apathique. Les manifestations les plus récentes ont été organisées par des gens qui croient encore que la Bible devrait être le livre de chevet de tout individu – triste constat dans un pays qui a vu naître Montaigne et Voltaire. Le projet de loi du parti socialiste au pouvoir, qui a abouti à l'autorisation du mariage et de l'adoption pour les couples homosexuels, a provoqué une vague de protestations immense de la part d'une France qui ne jure que par les polos Ralph Lauren et les week-ends passés sur les plages de Normandie.

L'imaginaire français de la grève est pourtant plutôt accaparé par les grands mouvements ouvriers et étudiants qu'ont été Mai 1936 – l'arrivée du Front Populaire au pouvoir - et Mai 1968 – les grandes manifestations étudiantes à Paris. Mais aujourd'hui, les syndicats français sont aussi détestés que notre Président, et plus personne ne descend dans la rue alors que le gouvernement actuel met en place un plan d'austérité drastique. Malgré tout, la manifestation en France fait partie de ces mythes français que personne ne voudrait voir disparaître, hormis quelques patrons du CAC 40 qui souhaiterait établir dans l'hexagone un Code du travail identique à celui du Bangladesh.

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(Photo : Melchior Ferradou Tersen)

OÙ MANGER

Louchébem
31 rue Berger, 1er arrondissement
Véritable institution parisienne, le Louchébem (« l'argot des bouchers ») est un restaurant à viande situé dans une ancienne boucherie, dans le quartier des Halles. Si vous aimez la viande, commandez « l'assiette du rôtisseur », où on vous offrira cuisse de bœuf, gigot d'agneau, jambon à l'os et sa purée maison – tout ça à volonté. 23,90€ et 2 litres de vin de table plus tard, vous devriez avoir de quoi rentrer chez vous en équerre par rapport au bitume, avant de vous endormir la main sur un ventre proéminent mais heureux.

Café De L’industrie
16 rue Saint-Sabin, 11ème arrondissement
Paris regorge de brasseries en tout genre, mais celle-ci a le mérite d'être une des moins chères. Les adolescentes aux hormones en floraison précisent également qu’on y a aperçu plusieurs fois Romain Duris, un acteur qui – à l’instar de ses homologues français à la barbe de deux jours – fait semblant d’être pauvre. Situé près de Bastille, le Café de l’Industrie offre une cuisine de bistrot classique (magret de canard, andouillette-purée, entrecôte) aux prix plutôt raisonnables (8 euros la saucisse purée). Les râleurs noteront que « hmmm il y a quand même de meilleures tables à Paris », mais bon, si vous avez les moyens de foutre 50€ dans votre assiette, partez à La Coupole ou au Royal Vendôme et ne revenez jamais.

Phô 14
129 avenue de Choisy, 13ème arrondissement
Phô 14 est la meilleure cantine du 13ème arrondissement. Toute la diaspora vietnamienne s’y donne rendez-vous dans un incessant brouhaha quotidien. Si l’endroit a l’air tout pourri (en gros, il ne faut pas être contre s'asseoir sur une petite chaise en plastique pour enfants), il propose une carte généreuse et peu chère. La soupe vietnamienne y est délicieuse, à déguster avec une bonne bière Saïgon et des nems croustillants en entrée.

Voy Alimento
 23 rue des Vinaigriers, 10ème arrondissement
À l’origine, cet endroit était une petite boutique proposant des ingrédients bio ramenés d’Amérique du Sud : de l’acerola, du maca, de la chlorelle en poudre – avant de devenir une cantine végétarienne. Pour 12 euros, vous pourrez vous commander « l’assiette complète », compotée de potimarron, de soja mariné, de blinis à l’urucum et au maïs mauve – en gros, des trucs considérés comme de vrais aliments depuis 2006.

L’as Du Fallafel (Or King Falafel)
32-34 rue des rosiers/26 rue des rosiers, 4ème arrondissement
Ce sont deux adresses mondialement connues (elles se trouvent dans tous les guides touristiques de Paris) mais la réputation est méritée. L’as du fallafel ou King Falafel sont des passages obligés si vous vous trouvez dans le Marais un midi. Paris est divisé en deux écoles concernant la meilleure des deux adresses, mais honnêtement, l’une comme l’autre se valent. Il y a toujours une file d’attente devant, mais n’hésitez pas à prendre votre mal en patience, notamment en devisant joyeusement avec vos amis sur cette faune incroyable qu’offre le quartier, entre patriarches juifs à haut-de-forme, fashionistas hystériques à l’idée d’entrer dans une friperie et couples d’homosexuels épanouis.

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(Photo : Melchior Ferradou Tersen)

CE QUE LES GENS MANGENT ICI

Des sandwichs jambon beurre
Avec l'inflation, il est de plus en plus difficile de trouver un sandwich à croquer à midi pour moins de 3 euros. En attendant, le jambon beurre reste le grand incontournable des étudiants déjeunant sur le parvis des églises et des workers en trottinettes entre deux rendez-vous. Allez chez Aline (au 85, rue de la Roquette) : les « jambon beurre » y sont composés de baguettes tradition de chez Landemaine (un boulanger formé chez Paul Bocuse), de beurre demi-sel de chez Bordiambuc (c'est là qu'Alain Ducasse se fournit) et du véritable Jambon de Paris, fabriqué dans une cour du 11ème arrondissement et reconnaissable à ses larges tranches.

Des croissants au beurre
Ces 200 calories matinales sont l'incontournable des petits déjeuners français. Un bon croissant doit être légèrement feuilleté à l'extérieur et fondant à l'intérieur. Chez Du pain et des idées – au 34, rue Yves Toudic dans le 10ème –, vous en trouverez des fabuleux.

Des bo bun
Il y a encore quelques années, ces bols de vermicelles de riz à la viêtnamienne étaient encore réservés aux apôtres de la nourriture « healthy et exotique ». Aujourd'hui, tout le monde à Paris sait ce qu'est un bo bun et on trouve de plus en plus de restaurants proposant le plat. Allez plutôt dans le 13ème arrondissement ou vers Belleville – les quartiers asiatiques de Paris.

Des macarons
Si vous vous sentez l'âme d'une blogueuse mode gagnant sa vie via des billets sponsorisés beaucoup trop rémunérés, n'oubliez pas de cocher cette case dans votre découverte carte-postalesque de Paris. Mais avant toute chose, sachez qu'en réalité, personne ne mange de macarons Ladurée dans la vraie vie à part Inès de la La Fressange – c'est beaucoup trop cher pour ce que c'est.

Des burgers
Comme toutes les mégalopoles situées dans le bloc de l’ouest, Paris a vu fleurir sur ses terres une course effrénée aux meilleurs burgers. La capitale a même eu l’insolent culot de s’inventer une tradition tout sauf autochtone : celle des food-trucks. En attendant, si vous voulez manger un bon steak saignant coincé entre deux buns, allez au Camion qui Fume (souvent garé place de la Madeleine), au Paris New York, au Big Fernand (mais préparez-vous psychologiquement à vous faire hurler dessus par des serveurs faussements enthousiastes et à devoir prononcer le grotesque mot « hamburgé »), Blend ou encore au Beef Club. Il y en a encore plein d'autres, mais sachez que tout le monde a sa propre opinion sur le meilleur burger de Paris et que l'idéal serait de vous faire votre propre opinion en les testant TOUS.

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(Photo : Melchior Ferradou Tersen)

OÙ ALLER BOIRE UN COUP

Ménilmontant/Belleville
Dans les guides de Paris, le quartier de Ménilmontant / Belleville est décrit comme « cosmopolite et coloré ». Ce qu’il faut comprendre : c’est un coin rempli d’épiceries asiatiques et de PMU tenus par l’immigration que les Parisiens ont longtemps ignoré, mais qui est en train de devenir le hotspot des terrasses pas chères. Sur le boulevard de Ménilmontant, vous trouverez sans souci de nombreux bars proposant la pinte à 3,50€. Attention, ces antres du diable vous font parfois oublier qu’ « il est déjà 2h du matin et que vous n’avez toujours pas mangé », ce qui peut-être un début d’explication à votre état de gros relou bruyant incapable de laisser ses amis en placer une.

La Butte Aux Cailles
À l’origine, la Butte aux Cailles était une colline recouverte de prairies verdoyantes. Aujourd’hui, le quartier ressemble à un mini-village dans Paris, exempt de boulevards et de grandes avenues. Il y a quelque temps, un arrêté y interdisait la consommation d’alcool sur la voie publique, au plus grand désarroi des fêtards. Les riverains se sont mobilisés et depuis, on peut de nouveau se décapsuler une 86 dans les ruelles de la Butte aux Cailles. Vous voyez bien, les Français ne se dépolitisent pas.

Pigalle/Montmartre
Entre les consommateurs de relations sexuelles tarifées et les touristes visitant la basilique du Sacré-Cœur, vous trouverez dans ce quartier une série de bars et de terrasses plutôt agréables à l’arrivée des beaux jours. Un article de la presse américaine faisait récemment la description du « SoPi » (le « South-Pigalle »), nouveau repaire de jeunes fêtards. Il est vrai que vous y risquez désormais de vous heurter à des hordes de stylistes freelance dédaigneux, mais en vous éloignant un peu des grandes artères, vous trouverez sans difficulté quelques rades sympas qui ont survécu à la terrible « vague de gentrification ».

Les Batignolles
Si vous en avez déjà marre de Paris, allez passer l’après-midi dans un des quartiers les moins parisiens de la ville. Avec son square et son grand parc, les Batignolles sont une bulle de verdure et de sérénité dans la ville - chants des oiseaux et cygnes noirs dans l’eau à l’appui. Vous pouvez aussi vous arrêter au « Bloc », un ancien bloc opératoire à deux étages transformé en bar / resto, que tout le monde connaît dans le quartier. Siroter une petite pinte de blanche en observant les adorables petits vieux du coin vous fera le plus grand bien.

Le Canal de l’Ourcq
C’est à la fois le meilleur et le pire conseil de cette sélection. L’été, les Parisiens viennent s’agglutiner sur les rives du Canal de l’Ourcq, ce qui transforme la quête d’une petite place sur les quais ne sentant pas trop la pisse, en chemin vers l’Enfer. Pour autant, le coin est vraiment charmant, et entre les écluses et les passerelles il y a vraiment des promenades agréables à faire. L’institution ? Le « Bar Ourcq », où vous pourrez vous commander un pastis et emprunter des boules pour jouer à la pétanque en face.

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(Photo : Maciek Pozoga)

OÙ DORMIR

CHARONNE
Si vous envisagez de venir à Paris plus de trois jours, vous n'irez pas dans un hôtel, vous ferez comme tout le monde et vous passerez par Airbnb. C'est normal. Ça l'est d'autant plus à Paris où les hôtels sont tellement précieux, hors de prix et absolument pas adaptés aux contraintes de la vie de l'an 2000 qu'ils me font penser à ces gens qui s'expriment en vomissant du sang tout en parlant de manière tout à fait intelligible – vous n'en connaissez sans doute pas encore, mais ça ne devrait plus trop tarder vu que, HEY ! Vous êtes à Paris ! La question est donc de bien choisir le quartier où vous allez prendre votre appartement Airbnb. Si c'est votre première fois à Paris, Charonne est un choix idéal pour débuter, a fortiori si vous venez avec votre petite ami(e). C'est en effet un des seuls quartiers de la ville qui soit à la fois propre et situé à l'Est (la partie de Paris où vous pouvez trouver des bars ouverts après 19h et des rues fréquentées par des gens), il y a des arbres, plein d'endroits cools, jolis, pas chers et absolument pas branchés pour manger, boire un verre ou juste zoner et vous ne craignez à peu près rien, si ce n'est ce spot hyper chelou en face de l'hôpital Saint Antoine où les pigeons viennent chier en masse et où on peut sentir l’espace de quelques instants une odeur qui ressemble à un mélange entre du vomi, de la merde et des pneus brûlés.

LAMARCK/JULES JOFFRIN
Si vous êtes déjà un peu expérimentés mais encore un poil pied-tendre, Lamarck et Jules Joffrin sont des choix tout indiqués. Vous êtes désormais dans le nord-est de Paris, qui concentre pêle-mêle quartiers chiants, plans craignos, spots extrêmement recommandables, touristes ingérables, locaux qui campent sur les trottoirs, salles de concert inratables, clubs semi-clandestins, et restos ultra-vénères. Soit, en gros, tout ce que Paris à de pire et de meilleur à offrir. Lamarck et Jules Joffrin se situent pile au milieu de ce bordel, dans des coins relativement neutres et agréables, c'est à dire moins apocalyptiques qu'Abbesses ou Pigalle et moins horreur sociale que Porte de Clignancourt ou Château Rouge.

MONTREUIL
Si vous avez dans l'idée de passer un bon moment à Paris, genre deux semaines ou plus, vous seriez peut être bien avisés de ne pas louer d'appartement dans Paris même, mais dans une des villes situées en périphérie directe, qui vous donneront quand même l'impression d'être à Paris, vu qu'elles comptent autant de stations de metro et de Vélib que n'importe quel autre quartier de la capitale. Dans ce cas de figure, Montreuil sera votre option prioritaire, déjà parce que c'est un peu la seule (Bagnolet est vraiment trop sordide, Les Lilas sont pleins de jeunes couples chiants avec enfants, Pantin se cherche encore une identité même si ça commence à être OK, Vincennes est trop bourge, et Aubervilliers trop ghetto), ensuite parce que c'est la seule ville de la périphérie de Paris qui 1/ressemble vraiment à Paris, 2/est proche du centre et correctement desservie par les transports, 3/ où vous pourrez vous trouver une location ou sous-location longue durée sans trop de soucis, vu que Montreuil est, en gros, la seule ville du coin où les propriétaires acceptent de louer aux gens qui travaillent dans le cinéma, la musique, le théâtre ou pour la télévision – ce qui signifie aussi, vous l’aurez compris, qu’ils habitent tous là.

MAMA SHELTER
Si vraiment vous tenez à vous fader un hôtel, le Mama Shelter est un compromis à peu près acceptable dans le sens où il offre un bon rapport qualité/prix (pour peu que vous réserviez bien à l’avance, parce qu’ils se sucrent sur les retardataires), une déco hyper pétée, des cocktails avec des noms d'albums rap des 90's, et une clientèle faite de vieux bourgeois californiens en vacances avec les filles qu'ils ont eu de leur premier mariage, de vieux bourgeois californiens en vacances avec leur fiancée ukrainienne, de vieilles bourgeoises californiennes venues oublier leur dernier mari avec des types qui commencent à ressembler à un mash-up de Louis Garrel et de Jean Eustache après trois verres de Low End Theory ou de 3 Feet High And Rising, et de petits bourgeois parisiens venus fêter la fin de leurs exams. À noter qu'il y a une pizzeria dans le hall d'entrée, et que l'hôtel est situé pile en face de La Flèche d'Or, une ancienne gare réaménagée en salle de concert où on a pu voir le mois dernier The Men, Timber Timbre et Napalm Death. Plus important : vous êtes également à deux pas de Ménilmontant, qui est le 3ème quartier qui manque à cette liste, et où vous irez chopper un appart dès que vous aurez capté que vous ne tiendrez pas plus de 3 jours dans ce putain d’hôtel.

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(Photo : Melchior Ferradou Tersen)

LE PARIS LGBT

Tout dépend du quartier dans lequel vous vous trouvez, mais de manière générale, Paris est une ville assez accueillante pour les LGBT – il y a donc peu de chances que vous vous fassiez tabasser si vous tenez la main de votre partenaire. Même si de nombreux Français étaient réticents à l'idée de légaliser le mariage homosexuel, ces gens ne représentent pas une majorité à Paris.

Le Marais est réputé pour être le quartier gay de Paris. Si vous voulez faire quelques soirées, allez faire un tour aux Flash Cocotte – ne vous pointez pas trop tard, vous risquerez de faire la queue pendant des heures. Les soirées Wet For Me de La Machine du Moulin Rouge sont aussi une bonne option.

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(Photo : Melchior Ferradou Tersen)

OÙ TRAÎNER EN ÉTAT DE SOBRIÉTÉ

La Petite Ceinture
Ancien chemin de fer, les rails font le tour de Paris – cadre relaxant, jardins élevés, gares désaffectées devenues des squats pour certaines (la Gare aux Gorilles, anciennement Pont de Flandre par exemple).

Jardin des Plantes
Ce jardin botanique vous fera presque oublier que vous avez mis les pieds dans une ville ravagée par la pollution et les ordures. Il y aussi le musée d'Histoire naturelle et la galerie de l'évolution dans le coin – ce qui est toujours relativement cool à faire.

Les Puces de Saint-Ouen
Le commerce de récupération (ferraille, chiffons,…) existe à Paris depuis toujours. Le Marché aux Puces regroupe 14 marchés, et chacun a une ambiance unique. C’est un endroit chargé d’histoire est rempli d’antiquités, de meubles, d’accessoires, de fringues, etc. Cet endroit est un carrefour artistique qui regroupe antiquaires, créateurs, commerçants, designers, artisans et artistes – soit beaucoup de trucs trop chers, mais c'est sympa à voir quand même.

Bois de Boulogne
Deux fois et demi plus grand que Central Park à New York, le bois se situe dans l’ouest de Paris et possède de nombreux lacs et de belles pelouses – soit un spot parfait pour un pique-nique tranquille avec ses potes, loin du bitume et du rythme frénétique de Paris.

Canal Saint-Martin
OK, il y a beaucoup trop de gens là-bas pendant l'été, mais vous devriez quand même aller y boire une bière en observant avec mélancolie les cygnes nager au beau milieu des détritus.

La Cartonnerie
12 Rue Deguerry, 11ème arrondissement
Un ancien atelier de 450 m2 au cœur du 11e arrondissement reconverti en lieu d’événements, de création et d’expositions contemporaines. La Cartonnerie est un lieu chargé d’histoire qui porte encore aujourd’hui les traces de son passé artisanal. Vous pourrez y bosser ou rencontrer des gens dans un décor rempli de vieilles machines et de poutres en bois.

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(Photo : Melchior Ferradou Tersen)

COMMENT ÉVITER LES ARNAQUES

À Paris, les escrocs sont partout, mais surtout dans les lieux touristiques. Ils sont à la basilique du Sacré-Cœur, à Notre-Dame, sur la place Saint-Michel, au Châtelet, et au pied de la Tour Eiffel. C'est là que des groupes d'arnaqueurs passent leur temps à plumer des touristes en jouant au bonneteau – un jeu de « hasard » qui se joue avec trois cartes. Vous pariez sur une des trois cartes pour trouver le roi de Pique – et dans 95% des cas, vous vous ferez avoir par l’arnaqueur.

Dans ces mêmes lieux ainsi qu’au Pont des Arts et à Saint Germains, vous serez également assailli par des jeunes filles pseudo sourdes qui tenteront de vous faire signer des pétitions bidon pour des recherches inexistantes contre la surdité. Une fois votre signature sur le papier, elles ne vous lâcheront plus pour récolter quelques euros – soit un pillage lent et douloureux.

Barbès est la plaque tournante du « faux », avec des trafics de clopes provenant d’Afrique et de faux téléphones, alors ne vous faites pas avoir par les bas prix et la sympathie de ces vendeurs aguerris. De manière générale, les métros et les gares sont les lieux de prédilection des pickpockets et voleurs à l’étalage – surtout à Saint-Denis ou sur la ligne 13. Évitez de mettre vos porte-monnaies ou vos téléphones dans vos poches et faites gaffes aux fermetures éclair de vos sacs. Une autre arnaque connue est celle de la bague en or, qui peut vous arriver dans n'importe quel lieu touristique.

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(Photo : Melchior Ferradou Tersen)

COMMENT NE PAS SE COMPORTER COMME UN TOURISTE INFERNAL

Il est de notoriété publique que la plupart des Parisiens sont des enfoirés – ce qui peut en effet être le cas. À vrai dire, les touristes ne sont absolument pas dérangeants : c'est toujours très touchant de voir des gens qui ont l'air ravis d'être là, même lorsqu'ils sont en train de se prendre en photo devant ce tableau ridiculement petit qu'est La Joconde.

En réalité, les touristes les plus chiants sont les Français qui « montent à la capitale » sous prétexte que « le monde du clubbing est bien mieux à Paris ». Ce sont ces gens qui ne rechigneront pas à payer dix euros pour une bouteille d'eau de pluie chez Colette et qui traîneront sans problème dans des endroits aussi infréquentables que Le Baron ou le Silencio. Les autres personnes de passage sont aussi adorables que les touristes habituels.

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(Photo : Maciek Pozoga)

QUELQUES PERSONNES ET ENDROITS À ÉVITER

Les gens qui se revendiquent « parisiens »
Premier truc que doivent apprendre les gens qui viennent à Paris pour la première fois : ne jamais suivre les gens qui disent au tout venant qu’ils sont « de vrais Parisiens ». Ces gens-là sont horribles. Ces gens-là vous forceront à bouffer des escargots, à descendre dans les catacombes, à vous faire une expo au Centre Pompidou et à vous bourrer la gueule sur le Pont des Arts. Personne ne fait ça. Ensuite, ils vous avoueront qu’ils sont Lyonnais, Nantais ou genre, Strasbourgeois. Les vrais Parisiens disent : « j’habite Paris », pas « je suis Parisien ». Je sais que ce n’est pas le cas à New York, à Londres ou à Milan – que les gens qui y habitent sont super fiers de leur ville, et qu’ils en parlent en des termes beaucoup trop enthousiastes alors qu’ils paient aussi 700 dollars un 20m2 pourri. Mais ici, les gens sont tellement fiers de leur ville que JAMAIS ils ne l’avoueront. C’est pas logique ? Hey, c’est la France, fuckos.

Les mecs de la techno
Si vous avez le malheur de tomber sur un type mal rasé, casque sur les oreilles, bien dans son élément, attablé devant son laptop sur une table en extérieur, arborant nonchalamment un t-shirt « Cue-Stop », un seul conseil : fuyez. Ce mec est probablement DJ. Ou s’il n’est pas DJ, il est probablement manager de DJ. Ou s’il n’est pas manager de DJ, il occupe probablement une place dans l’une des multiples sous-couches qui composent cette grande institution qu’est la scène techno française. À Paris dans les années 1990, Laurent Garnier a tellement marqué les esprits que toute une génération a cru que c’était OK de porter des t-shirts à messages. Puis sont venus les Daft Punk. Puis Miss Kittin & The Hacker. Depuis, plein de douchebags en Air Max 1 et lunettes de soleil dont la seule finalité vitale est « d’aller en club » ont cru qu’il était bon de gâcher la vie de tous les gens qu’ils croisaient. Blagues lourdes, pets sonores, énumération quasi-exhaustive de leurs conquêtes sexuelles, calvitie naissante dissimulée sous une casquette, ces gens sont la raison pour laquelle les étrangers haïssent tant les Parisiens.

Les hipsters de droite
Je ne sais pas d’où ça vient, ni pourquoi ce phénomène n’a touché aucun autre pays si ce n’est la France – et sa capitale en particulier – mais Paris accueille un nombre considérable de gens âgés de 28 à 40 ans travaillant en agence de communication ou en agence de publicité ou dans l’une des centaines d’autres agences « connectées » basées dans le 9e, 10e ou 3e arrondissement, et sont de droite – et ce, même s’ils arrivent qu’ils votent à gauche. En gros, ils reprennent les codes extérieurs les plus évidents des hipsters basiques (barbe, workwear, Barbour) et les associe avec plusieurs autres éléments trouvant leur origine dans la culture douchebag internationale : sneakers New Balance, attirance pour les films de Quentin Tarantino, polos de rugby, chapeaux magiques de type Johnny Depp, haine frontale de la littérature, amour immodéré pour les « burgers chic » à 15 euros et la liberté d’entreprise. Ce sont eux qui râlent parce que les Français paient trop d’impôts et qui conseillent aux jeunes « de fonder leur boîte dans un autre pays » parce qu’il n’y aurait « aucune perspective d’avenir en France » – à cause des impôts. Ils sont globalement horribles et tout le monde les évite scrupuleusement, même les mecs de la techno.

PS : ce sont toujours eux qui jouent les pires morceaux de rap quand ils tombent sur un ordi en soirée.

Les étudiants
La Nouvelle Vague est la cause principale du lent, douloureux et profond déclin de la France – et de Paris – dans la compétition secrète que jouent entre eux les représentants de la jeunesse internationale. Les jeunes parisiens sont prétentieux, fainéants, riches et sales, c’est vrai, mais ces quatre défauts sont encore accentués lorsqu’ils arrivent à la fac. Tous les étudiants parisiens ont en effet une vibe inspirée de celle de Jean-Pierre Léaud dans Domicile Conjugal, à ceci près qu’ils ne retiennent que le pire du personnage : ses doutes existentiels, sa libido ridiculement libérée et sa collection d’écharpes en laine, en lin, en coton, pour le printemps, pour l’hiver, pour l’automne et pour toutes les grandes occasions, genre aller à la fac. Le soir, si vous avez le malheur de les croiser dans un bar, ils vous paieront une bière – cool, vous vous dîtes – puis vous inviteront à refaire le monde avec leurs potes, qui seront tous ivres au vin blanc et porteront tous des chaussures Gola. Puis ils vous trouveront chiant, diront que vous êtes de droite – vous avez refusé que ce mec à chapeau embrasse votre meuf « pour déconner » – et intimeront le patron de « passer ce morceau des White Stripes, là » en montrant leur bite en signe de protestation. François Truffaut était un sale con, mais il a fallu attendre les étudiants parisiens pour le saisir dans sa pleine mesure.

Burger King
En 1997, les restaurants Burger King ont disparu de France à cause de la concurrence de grosses enseignes comme McDonald's ou Quick. Cette soudaine pénurie de Whopper a donné une nouvelle occasion aux Français de geindre, jusqu'à ce qu'un nouveau Burger King ouvre à Saint-Lazare en mars dernier. Des milliers de gens ont attendu jusqu'à deux heures pour manger un burger. Ils sont très bons, mais personne ne devrait attendre aussi longtemps pour manger dans une gare.

Le Silencio
Ce club a été conçu par David Lynch, ce qui est apparemment suffisant pour faire payer ses membres 840 euros par an. Allez-y s'il y a un concert OK – ce qui peut arriver – mais de manière générale, laissez tomber les clubs susceptibles de vous faire payer une bière à 10 euros.

Les cafés Indiana
Ces restaurants Tex-Mex sont éparpillés un peu partout dans la ville. C'est un peu notre équivalent des Hard Rock Café – aucun caractère et de la bouffe nulle.

La ligne 13
Plus de 600 000 personnes prennent cette ligne tous les jours. À moins que ce ne soit une question de vie ou de mort, ne prenez jamais cette ligne. C'est la plus bondée de tout Paris, tout le monde la déteste et il y règne une terrible odeur d'aisselle.

Colette
Le seul concept de ce « concept store » est de vendre des pulls hors de prix, des art toys et des chaussures ignobles. En mars dernier, lorsque le magasin a été cambriolé et que  600 000 euros de marchandises ont disparu, tout le monde se répétait que le butin des voleurs devait s'estimer à trois montres et un tote bag.

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C'est à peu près tout. Passez d'excellentes vacances.

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