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Quelques objets trouvés lors de mon emménagement

Vomi, chapelets anaux et crucifix : certains locataires laissent toutes sortes de choses derrière eux.
Dana  Alecu
Bucharest, RO
1.6.16

Une boîte contenant des godemichés et chapelets divers laissée par les anciens locataires de mon appartement. À ce jour, je n'ai pas encore retrouvé les objets manquants.

Il y a deux ans, j'ai emménagé dans un appartement à Bucarest avec deux filles de mon école. À notre arrivée, le lieu était dans un état déplorable – j'ai dû utiliser du Coca pour décrasser les murs et les tuyaux. Le matelas et le compartiment à légumes du frigo était maculé d'une espèce de liquide qui ressemblait à du sang. Les anciens locataires avaient laissé quelques-unes de leurs possessions dans un placard – au lieu de tout balancer, j'ai préféré les photographier. Cassettes d'UB40, radios, figurines grotesques : sauf mention contraire, toutes les images qui illustrent cet article représentent les objets que j'ai trouvés.

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Comme j'étais persuadée de ne pas être la seule à trouver ce genre de bizarreries, j'ai demandé à mes amis bucarestois de me faire part des surprises qui les attendaient dans leur nouvel appartement.

Claudia, 23 ans

« Mon copain et moi avons emménagé dans un studio à Bucarest, en avril 2014. Le propriétaire était un chauffeur de taxi à la retraite, qui avait un intérêt tout particulier pour nous – il est même allé jusqu'à me demander dans quelles écoles mes parents avaient étudié. J'ai pour habitude de tourner mon matelas deux fois par an, et je me suis dit que le propriétaire n'était pas nécessairement aussi maniaque que moi. Du coup, c'est la première chose que j'ai faite en arrivant – et c'est comme ça que je suis tombée sur un préservatif usagé, au beau milieu du lit. Après en avoir discuté avec mon petit ami, je me suis dit que ce n'était probablement pas au proprio. Une de mes camarades de classe avait vécu dans cet appartement avant moi. Je pouvais très bien l'imaginer en train de baiser une dernière fois avec son copain, tout en marquant son territoire pour de bon. Je pense que c'était une décision consciente – je ne vois pas trop comment quelqu'un pourrait spontanément soulever son matelas et mettre une capote en dessous. J'ai fait croire à mon propriétaire que j'avais des problèmes de dos pour le convaincre d'acheter un nouveau matelas. »

Cristian, 25 ans

« J'étudiais dans une université de Londres quand j'ai décidé de prendre un studio à Shepherd's Bush, en 2011. Tout mon étage était géré par une femme surnommée Angie, dont l'âge oscillait entre la cinquantaine et la soixantaine. En arrivant, j'ai jeté un œil sous le lit, où j'ai trouvé une collection de vieux magazines érotiques anglais. Il devait y en avoir une dizaine, publiés entre 1952 et 1955. Les filles présentes dans le magazine étaient très bien habillées. Je me rappelle surtout d'une femme à forte poitrine aux cheveux blonds et bouclés – elle portait un maillot de bain noir une pièce et posait lascivement en bord de mer. Quand j'ai montré le magazine à Angie, elle m'a simplement répondu : « Oh là là ! » Le précédent locataire était un étudiant en philosophie – je vous laisse en déduire ce que vous voulez.

Laura, 23 ans

« Il y a environ cinq ans, je suis partie de chez ma mère pour emménager dans un grand appartement avec deux amies. Il appartenait à une fille qui était partie à l'étranger, et qui en avait hérité après la mort de ses parents. Quand on a commencé à tout redécorer, on est tombé sur un petit placard qu'on n'avait pas encore pris la peine de regarder. On y a trouvé un album rempli de vieilles photos en noir et blanc. Il y avait beaucoup de gosses sur les images, et quelques photos d'un baptême chrétien. Il y avait aussi une mèche de cheveux bruns scotchée sur une page. On a demandé à la propriétaire si on pouvait s'en débarrasser – elle s'en fichait éperdument. »

Quelques trésors trouvés par Clau dans deux de ses appartements.

Clau, 26 ans

« En 2014, j'ai déménagé du dortoir où j'avais passé quatre ans et demi, avant de m'installer avec des potes dans une vieille villa à Bucarest. Quelques-uns de mes amis y avaient vécu juste avant moi. Dans le grenier, on a trouvé une boîte remplie de chips en polystyrène, lesquels recouvraient un gigantesque bang en cristal. On n'a pas réussi à déterminer qui en était l'heureux propriétaire, mais on a décidé de le garder.

Un peu plus tôt dans l'année, j'ai déménagé dans une jolie petite maison qui appartenait à une prof de physique. Dans sa chambre, il y avait un ours en peluche qui ressemblait à un accessoire de film d'horreur. On y a jamais touché – il est toujours posé sur un placard, probablement en train de scruter les sombres tréfonds de nos âmes. Je ne vais jamais dans sa chambre, mais je sais qu'il est toujours là. Il y restera sans doute pour l'éternité. »

Andrei, 20 ans

« En 2014, j'ai emménagé dans un appartement près de mon école. Ma propriétaire avait la quarantaine et avait quitté le pays. Dans le placard de sa chambre, je suis tombé sur des fouets qui avaient clairement beaucoup servi. Comme tout être humain normalement constitué, je les ai jetés et je n'ai jamais évoqué le sujet.

Au printemps dernier, j'ai déménagé une nouvelle fois, dans un lieu où avait vécu un couple de personnes âgées. Alors que je déplaçais les meubles, j'ai trouvé une flaque de vomi derrière le lit. Le vomi avait séché, mais à vue d'œil, ça faisait bien deux jours qu'il était là. Je me suis contenté de nettoyer comme un dingue – je ne savais pas trop quoi faire d'autre. »

Ema, 23 ans

« En 2014, j'ai emménagé chez mon petit ami, avec qui je sortais depuis trois mois. Quelques mois plus tôt, il vivait dans ce même appartement avec son ex – un fait auquel j'ai été confrontée en tombant sur des vêtements pour femmes dans son placard. Dans le reste de l'appartement, j'ai trouvé des photos d'une fille arborant des lunettes de soleil et plein de jouets Kinder Surprise dans un tiroir.

Tous ces objets appartenaient à son ex, même si cela faisait six mois qu'il n'était plus avec elle. Il m'a assuré qu'il n'avait pas remarqué que ses trucs traînaient encore là, et je veux bien le croire. J'ai tout jeté, et je me suis promis que si jamais je venais à quitter cet appartement, j'emmènerais tous mes objets avec moi pour épargner ce processus pénible à sa future copine. Mais depuis, mon petit ami et moi sommes devenus inséparables. »

Eduard, 23 ans

« Il y a deux ans, je suis allé étudier à Londres pour suivre des cours d'été. J'ai emménagé dans un nouvel appartement, qui appartenait à un type trapu et arrogant. L'appartement était dans un état irréprochable, mais un jour, j'ai dû me rendre dans la cave parce que les plombs avaient sauté. J'y ai trouvé un matelas usagé, un landau et six grands sacs en plastique remplis de jouets pour enfants. Il y avait aussi une peinture sur le mur, avec un message écrit en arabe. Quand j'y suis retourné un peu plus tard, j'avais l'impression qu'il y avait encore plus de sacs. »

Andreea, 23 ans

« Cette année, j'essaie de devenir propriétaire, et je visite toutes sortes d'appartements à Bucarest. Une agent immobilier m'a fait visiter un appartement très rapidement, et j'ai préféré mener ma propre enquête pendant qu'elle téléphonait. Je savais qu'une vieille dame était morte ici, mais je ne m'attendais pas à trouver ses objets dans la salle de bains. Il y avait notamment une vieille chemise orange à rayures, dont le motif évoquait l'ère communiste. En fait, la pièce tout entière donnait l'impression que la vieille femme allait revenir à tout moment. C'était à la fois flippant et beau, même si j'ai choisi de ne pas acheter l'appartement – peut-être que je l'aurais fait s'il n'y avait pas eu cette fameuse chemise. »