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ain't it fun

The Mysterons ont les plus grosses couilles du Royaume Uni

Plus jeune, je rêvais d'un futur où ce grand cours d'eau salée qu'on appelle La Manche...

Photos : Sam Hiscox

Plus jeune, je rêvais d'un futur où ce grand cours d'eau salée qu'on appelle La Manche se verrait réduit comme une peau de chagrin pour que la Grande Bretagne soit enfin rattachée à la France, scellant ainsi la paix entre deux pays qui ont passé 800 ans à se foutre des pains dans la gueule. C'était avant que je ne parte vivre au pays des chavs en survets Burberry adorateurs de Nick Griffin, des rouquines obèses et des bars qui servent du cidre coupé au détergent.

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On me dira que je ne suis qu'un jaloux parce que La Marseillaise n'a jamais été aussi cool que leur God Save The Queen. Cependant, avec cette période horrible des années 2004-2005 et le déferlement des rockers foireux fans de Morrissey, mon intérêt pour la musique du Royaume-Uni s'est peu à peu effrité. J'ai préféré porter mon dévolu sur les groupes venant de la terre de la liberté et des armes en vente libre, type Bad Sports ou Foster Care.

Dans ma quête désespérée, j'ai fini par tomber sur The Mysterons. À eux seuls, ils incarnent toutes les théories des rock critics chiants à propos des « échanges musicaux transatlantiques entre les États-Unis et le Royaume-Uni ». En effet, ces mecs de Brighton sont de loin les mecs qui défoncent le plus actuellement sur ce caillou entouré d'eau posé juste au dessus de nous – et ils jouent la meilleure musique de la terre, le garage rock. On est allés leur parler pour qu’ils nous racontent ce que c’est d’être un bon groupe dans un pays de branleurs.

VICE : Yo, vous pouvez vous présenter ?

Tom : Ouais, ça nous dérange pas.

OK, je vous en prie.

Will : Je suis le batteur.

Theo : Je chante et je suis à la guitare.

Tom : Je m'appelle Tom, je fais de la basse et j'essaie de chanter.

Ollie : Hey, je chante et je suis le deuxième guitariste.

Je vais essayer d'être le plus chiant possible et dire que votre groupe sonne comme si vous étiez l’engeance de Motörhead et des Black Lips. Ça vous fait quoi ?

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Will : Ah, ah, si ce môme existait, il serai mort né. Sinon, merci pour la comparaison. De toute façon, nos influences viennent de tous les groupes qu'on aime, et surtout de ces deux-là dont on est fans.

Ollie : On écoute tous des trucs différents. Au final, on joue un truc et, parfois, quand ça rend bien ; on recommence sans se poser de questions. On a pas d’idoles, on s'en branle de ça.

Tom : Ouais j'aimerais bien le voir ce putain de bébé, genre tout en sang, en train de sortir du bide de sa mère. Sinon, les influences c'est chaud à maîtriser. À chaque fois qu’on veut en parler, on se retrouve avec une liste de groupes qui n'en finit jamais et qu'on oublie aussitôt. Pour être honnête, je m'en suis toujours un peu branlé de Motörhead.

Ouais, y'a même des morceaux qui ressemblent à du surf-rock.

Tom : Mec, j'ai jamais surfé une seule vague de toute ma vie. Mais ça me dérangerait pas d'essayer d'apprendre. J'ai toujours trouvé que Brighton était plus taillée pour se bourrer la gueule qu'autre chose, ce qui est parfait pour nous.

Will : Ouais, mais c'est parce que La Manche est trop dégueulasse. Je veux bien essayer avec une pagaie, à la limite.

Theo : Putain de parisien, tu te rends compte à quel point c'est froid cette merde ? On se les pelle vraiment dedans. En plus, c'est le déluge à Brighton en ce moment et du coup je suis trop déprimé pour me foutre à l'eau.

Les J.O commencent après-demain, je crois. Vous comptez mater la cérémonie comme des gros culs depuis votre canapé ?

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Theo : Non, je vais pas la regarder. De toute façon, j'en ai pas grand chose à faire de ce truc.

Tom : Ouais, je m'en fous de cette cérémonie. La torche va passer par la ville où mes parents habitent. Si je me débrouille bien, je vais peut-être l’apercevoir et je vais tenter de balancer une bière pour l'éteindre. Ou même la tirer histoire d'avoir le briquet le plus badass du coin.

Will : J'ai pas de piaule ni d'appart, donc pas de télé.

J'ai vécu à Newcastle pendant un an et demi, à une époque où la ville était peuplée d'horribles groupes de reprises des Cure et des Smiths. Comment ça se fait que les Anglais ne fassent plus que de la soupe ?

Will : Mauvais endroit, mauvais moment. Il y a des bons trucs là-bas, faut juste les repêcher au milieu d'une énorme mare de merde.

Tom : Je ne me suis jamais vraiment aventuré dans des concerts du Nord. Des potes m'ont dit que, parfois, tout devient complètement dingue et que c'est la ramasse totale. À Londres, les gens se foirent complètement en essayant de mélanger les genres et, après, ils partent en tournée dans tout le pays. Nous, on s'en fout, on veut juste garder le son le plus primitif possible.

Ollie : Les scènes ça va et ça vient. La musique est fragmentée en plein de scènes en ce moment. Je pense que ce qui nous va le mieux c'est d'envoyer du lourd et de picoler.

Theo : Je crois que le problème en ce moment en Grande-Bretagne, c'est le manque de couilles dans la musique. Ça me plaît de penser que les Mysterons ont les plus grosses couilles du Royaume.

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Ouais. C'est quoi la différence fondamentale entre le nord du pays et Londres ?

Will : Aucune idée. Je trouve que Maxïmo Park sont chiants et énervants. Les Artic Monkeys sont OK, mais c'est parce qu’ils ont un batteur qui défonce. D'une manière générale, le Nord c'est bien pour se défoncer la gueule.

Theo : J'ai entendu dire qu'ils savaient faire la fête là-bas, mais en fait j'en sais foutre rien parce qu'on y est jamais allés.

Tom : J'ai beaucoup écouté le premier album des Artic Monkeys à l'époque. Mais j'en ai rien à foutre de Maxïmo Park. Je suis assez partant pour aller dans le Nord voir s'ils parlent la même langue que nous.

Je vois. Au final il existe encore un truc punk valable au Royaume-Uni ? J'ai l'impression qu'on en est toujours aux crêtes foireuses genre UK 82 et tout…

Ollie : Faut pas être aussi défaitiste, je crois que quand on cherche, on trouve. Aussi, je trouve que look UK 82 se fait de plus en plus rare et c'est encore plus rare de trouver des types qui ont l'attitude qui va avec. J'en ai rencontrés plusieurs dans un squat de Manchester – ils aiment head-banger jusqu'à se faire saigner.

Will : Pendant un temps, j'étais convaincu qu'il y avait une vraie scène garage mais désormais je n'en suis plus si sûr. Il n'y a pas un groupe britannique décent. Remarque, il y aussi ce groupe qui s'appelle Black Manila qui défonce.

Je vous demandais ça parce que je vous vois bien jouer au Rebellion Festival avec une blinde de groupes de Oi! hargneux.

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Ollie : Ouais, moi aussi.

Will : J'y suis allé à l'époque où le festival s'appellait encore « Wasted ». J'avais 14 ans et c'était à Blackpool. J'ai vu Leftover Crack et Millions of Dead Cops. En soi, l'expérience était cool mais j'ai passé pas mal de temps à dérouiller en voyant ce que je percevais à l'époque comme le « punk » et qui n'était pas du tout l'idée que je m'en faisais. C'était juste une putain de horde d'abrutis bardés de tartan écossais bourrés à la « special brew ».

Votre bio sur Twitter raconte que vous aimez « jouer fort et vous bourrer la gueule ». Vous êtes le groupe le plus « bro » du monde, en fait.

Tom :Si être bro se résume à traîner, répéter pendant des heures pour ensuite trouver le moyen le moins cher de se la coller, alors oui, ça nous décrit parfaitement.

D'ailleurs vous buvez quoi, de la Carling pas chère comme tous les Anglais ?

Theo : De la Bud, de l'Orangeboom ou de la Brooklyn Lager si on veut se la péter.

Will : Du Whisky, de la Sambuca, du Coca et de la weed – même si ça se boit pas.

Il y a un groupe français que vous aimez bien en ce moment ?

Theo : Euh je suis pas des masses les groupes français, attends… Serge Gainsbourg ?

Ollie : Et Brigitte Bardot non ? Ici à Brighton on peut capter FIP si t'arrives à choper la bonne fréquence. Le truc marrant c'est que la majorité de la musique qui passe là-dessus n'est pas française. Je préfère La Mouv'. Y'a du rap français dessus.

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Ah, ah, genre. Le Mouv'.

Theo : Mais si sérieux ! Moi j’aime Supreme NTM et Sion Supercrew, mais je crois que les gens se foutent de leur gueule en France.

Will : Ah ouais et The Feeling of Love défoncent ! On a joué avec eux il y a quelques années au 22 à Bourges avec un autre groupe – c'était intense ! Crash Normal étaient cool. Je suis aussi un gros fan de Yussuf Jerusalem et les bordelais de Flying Over sont des mecs coolos.

Donc, vous ne pensez plus que notre alcool est trop bourge et trop cher pour qu'on devienne enfin bons en musique ?

Tom : Pas du tout, vous au moins n'avez pas besoin de vous envoyer de la lager à la pisse ou de la vodka avec un goût de détartrant.

Will : Vous avez défini le concept de « dîner raffiné ». Le truc différent, c'est que vous êtes plutôt civilisés et, pourtant, vous pouvez être un bande de tarés finis en même temps.

Dans ce cas pourquoi vous ne revenez pas en France ? Vous flippez ou quoi ?

Theo: On ne flippe pas, on t'a dit qu'on allait venir et siffler toute votre bière dans vos fêtes.

Will : Qu'est-ce qu'il y a de flippant en France ? Les escargots ?

Tom : Ouais, faut qu'on joue le plus fort possible partout où c'est possible. Surtout chez vous.

Merci, lads. 

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