Depuis l'arrivée du nouveau président philippin, trente "trafiquants de drogue" ont été tués

Pendant sa campagne, Rodrigo Duterte a promis de réduire à néant la criminalité. Mais ses propos incendiaires et sa volonté d’avoir recours aux assassinats extrajudiciaires font craindre le pire à de nombreux Philippins.

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05 Juillet 2016, 9:22am

Des employés des pompes funèbres portent le corps d'un des cinq présumés dealeurs tués par la police à Quiapo aux Philippines, le 3 juillet 2016 (Czar Dancel/File Photo/Reuters)

D'après la police, trente « trafiquants de drogue » ont été tués depuis que Rodrigo Duterte est devenu officiellement président des Philippines jeudi dernier. Les autorités ont aussi annoncé avoir saisi l'équivalent de 18 millions d'euros de narcotiques. Mais la « méthode Duterte » ne plaît pas un groupe d'avocats.

Duterte a remporté les élections en mai en promettant de réduire à néant la criminalité dans le pays. Mais ses propos incendiaires et sa volonté d'avoir recours aux assassinats extrajudiciaires font craindre le pire à beaucoup de citoyens qui ont en tête le passé autoritaire du pays.

Oscar Albayalde, le chef de la police de la région de Manille, a indiqué que 5 trafiquants de drogue ont été tués ce dimanche lors d'un affrontement avec la police dans un bidonville situé près d'une mosquée et du palace présidentiel.

« Mes hommes s'apprêtaient à délivrer des mandats d'arrestation quand des coups de feu ont retenti des une des maisons de la zone, » a expliqué Albayalde. La police a alors riposté et tué 5 hommes.

Quatre pistolets et 200 grammes de crystal meth ont été découverts. Trois autres trafiquants ont été tués dans d'autres quartiers de Manille ce dimanche. 22 autres ont été tués dans quatre districts situés hors de la capitale.

Depuis les élections du 9 mai, plus de 100 personnes sont mortes — principalement des présumés trafiquants, violeurs et voleurs de voitures — dans des opérations de police anti-criminalité.

Eder Olalia, le secrétaire général de l'Union Nationale des Avocats du Peuple, demande que les meurtres cessent.

« Les trafics doivent s'arrêter... Mais les exécutions sommaires de présumés dealeurs, qui semblent bien soudaines, un peu arrangées et prévisibles, doivent aussi cesser, » a dit Olalia dans un communiqué. « Les deux ne sont pas compatibles. »

Dans le nord de la principale île de Luzon, des agents des stups ont saisi 180 kilos de « shabu » (de la méthamphétamine) — soit 17,30 millions d'euros à la revente — venant de Chine ou de Taiwan.

La cargaison avait été larguée en mer, puis récupérée par des petits bateaux de pêche qui l'ont ramenée sur le rivage. La drogue avait ensuite été transportée dans le Chinatown de Manille.


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