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Crime

On a visité le bout du tunnel par lequel El Chapo s'est évadé

On a vu ce petit trou rectangulaire dans le sol en terre d'un bâtiment à moitié terminé, situé à plus d'un kilomètre et demi du complexe pénitentiaire d'Antiplano, dans l'État de Mexico.

par Jan-Albert Hootsen
13 Juillet 2015, 3:00pm

Photo par Brett Gundlock / VICE News

Voilà la fin du tunnel, par où le baron de la drogue "El Chapo" se serait évadé d'après les autorités mexicaines. Joaquin Guzman se serait glissé hors de sa prison (une deuxième évasion pour El Chapo) grâce à ce passage tout juste assez large pour un homme de taille adulte. Il fait une cinquantaine de centimètres de large. On a vu ce petit trou rectangulaire dans le sol en terre d'un bâtiment à moitié terminé, situé à plus d'un kilomètre et demi du complexe pénitentiaire d'Antiplano, dans l'État de Mexico.

À lire si vous n'avez rien suivi : Le baron de la drogue "El Chapo" s'est évadé à moto par un tunnel

Ce dimanche, le trou était entouré de petits monticules de terre fraîche. On a retrouvé également des seaux en plastique, abandonnés là. Une corde à linge était toujours tendue au dessus du trou. Des pinces à linges rouges y étaient accrochées.

Toutes les photos sont de Brett Gundlock pour VICE News

Au-delà de ça, il n'y avait rien d'extraordinaire autour et dans ce bâtiment. 

Après une évasion remarquée en 2001, il aura fallu à l'ancien boss du cartel de Sinaloa plus de 16 mois cette fois pour trouver un nouveau plan de fuite. Il avait été repris en février 2014 à Mazatlan, Sinaloa. 

Une vue sur la propriété, depuis le centre de détention de sécurité maximum d'Antiplano. 

Les autorités ont expliqué que El Chapo s'était échappé via un trou creusé dans une cabine de douche. De là, un autre trou l'a emmené directement dans un tunnel creusé spécialement pour son évasion, avec système d'éclairage et de ventilation. On a même trouvé, d'après le commissaire de la sécurité nationale, un système de moto sur rail. 

"C'est complètement abandonné," a dit de l'endroit la procureure général de la République du Mexique, Arely Gomez Gonzalez à des journalistes sur place.

Des agents fédéraux gardent l'endroit par lequel El Chapo s'est évadé.

Le propriétaire du terrain est inconnu pour le moment.

Devant la prison d'Antiplano, considérée avant l'évasion comme l'une des plus sûres du pays, des cortèges d'agents fédéraux, de représentants de la justice et des troupes de l'armée mexicaine se regroupaient, alors que des hélicoptères tournaient au-dessus des têtes. Des checkpoints ont été mis en place.

 La porte d'entrée d'Antiplano.

Aux portes de la prison, une douzaine de familles attendaient de pouvoir entrer pour rendre visite à ceux qui sont emprisonnés. Certains nous ont dit que la prison était bouclée et qu'ils ne pouvaient pas parler à leurs proches enfermés à l'intérieur.

"Les prisonniers sont traités avec rudesse, et nombreux sont ceux qui ont peur de raconter ce qu'il s'est passé là-dedans," nous a dit Ericka Martinez qui disait être là pour rendre visite à son mari. "Nous n'avons pas entendu de rumeurs faisant état d'une évasion."

Le fils d'El Chapo, en revanche, pourrait avoir donné des signes avant-coureurs de cette évasion, via un compte twitter (non authentifié) qui lui serait associé. Ivan Archivaldo Guzman Salazar est l'un des trois enfants connus de El Chapo, issu d'un premier mariage.

Le mardi 6 juillet le fils avait ainsi publié le cryptique mais suggestif : "Tout vient à point à qui sait attendre." 

D'après Ericka Martinez, El Chapo jouissait de certains privilèges derrière les murs d'Antiplano.

"Nous rencontrons nos proches à l'intérieur dans un hall commun, avec d'autres personnes, mais lui avait toujours le droit de rencontrer sa famille en privé," nous explique Ericka.

Des proches de prisonniers n'avaient pas le droit de leur rendre visite ou de leur parler.

Beaucoup de ceux qui étaient devant la porte de la prison ont expliqué qu'ils craignaient que les membres de leur famille se trouvant à l'intérieur subissent des représailles après l'évasion du chef du cartel de Sinaloa.

"On a peur qu'ils les accusent d'être les complices de cette évasion, qu'ils les transfèrent dans une autre prison, sans nous le dire," nous explique une femme venue de Veracruz, qui voulait rester anonyme.

"Nos hommes n'ont rien à voir avec ce gentleman," dit-elle en parlant de Guzman. "Mais ils les punissent pour tout et rien. On a peur pour leur sécurité."

Daniel Hernandez a participé à ce reportage.

Toutes les photos sont de Brett Gundlock. Suivez-le sur Twitter: @BrettGundlock

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