Crime

La « révolution des boulettes de poisson » perturbe les festivités du Nouvel An chinois à Hong Kong

Les festivités du Nouvel An lunaire à Hong Kong ont été plongées dans le chaos très tôt ce mardi matin, alors que des vendeurs de rues s’en sont violemment pris à la police — un affrontement qui s’est soldé par des coups de feu tirés par la police.
09 février 2016, 9:21am
Photo de Trey Menefee

Les festivités du Nouvel An lunaire ont été plongées dans le chaos à Hong Kong très tôt ce mardi matin, alors qu'un affrontement violent entre des vendeurs de rue et la police s'est soldé par des tirs de sommation de la part des forces de l'ordre. Ces affrontements ont été surnommés "la révolution des boulettes de poisson" en référence aux efforts des autorités de la ville qui luttent contre les vendeurs de nourriture dans les rues — les boulettes de poisson frit étant un plat typique de Hong Kong.

Les festivités ont pris un tournant violent autour de 22 heures (heure locale), lorsque les agents de police ont commencé à enfiler des équipements antiémeute dans le but de vider l'une des principales artères de la ville de ses vendeurs et de leur marchandise. La foule a lancé des bouteilles en verre et des plats en céramique sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué à l'aide de spray au poivre. D'impressionnantes séquences vidéo tournées par des passants montrent les altercations entre la police et les colporteurs dans les rues de Mong Kok, un quartier résidentiel et commercial très actif de Hong Kong.

WATCH: When #ChineseNewYear goes wrong! Police fire warning shots at protestors in #HongKong (via @SCMP_News) pic.twitter.com/WCv0QVBMvo

— Jon Williams (@WilliamsJon) February 8, 2016

Nathan Road 0300. Confirmation police fired in the air earlier; protesters mobbed them afterward — Trey Menefee (@trey_menefee)February 8, 2016

Au 0300 Nathan Road. Confirmation selon laquelle la police a tir_é _en l'air plus t_ô_t; des manifestants s'en sont pris à eux par la suite #fishballrevolution

Un homme déclarant s'appeler Kam a raconté au South China Morning Post qu'il avait été piégé entre une ligne de la police antiémeute et la foule, et qu'il était en train de discuter avec la police lorsque les agents l'ont aspergé de spray au poivre sans le prévenir.

« Ils m'ont soudainement aspergé le visage alors même que je leur avais dit que je voulais partir », a-t-il expliqué.

Photo de Trey Menefee

Un porte-parole de la police, Stephen Yu Wai-kit, a indiqué aux journalistes que les policiers étaient intervenus seulement parce que les agents des services sanitaires n'arrivaient pas à faire cesser l'activité des colporteurs de Mong Kok.

2 shots, in day one of lunar New year. MINIMUM force????? — McSNSD (@mcsnsd_GG)February 8, 2016

2 tirs, le premier jour de la Nouvelle ann_é_e lunaire. Force MINIMUM????? #HK #fishballrevolution

4 cops against one girl. — Poppie (@jesuispoppie)February 8, 2016

4 flics contre une fille #fishballrevolution

Mong Kong on fire — Liveuamap (@Liveuamap)February 8, 2016

Émeute à Hong Kong: des briques des trottoirs sont pr_é_par_é_es en vue d'une confrontation avec la police

Un autre groupe s'est par la suite saisi de l'opportunité créée par cette agitation pour se faire entendre. Plusieurs heures après le début des affrontements, les Indigènes de Hong Kong, un groupe politique radical local, a annoncé sur Facebook qu'Edward Leung Tin-kei, leur candidat pour les prochaines élections législatives partielles, allait défiler dans le marché de nuit de Mong Kok, tout en appelant leurs partisans à les rejoindre.

Le message posté imposait aux gens désirant rejoindre le défilé de se munir de lunettes, de masques pour le visage et d'équipement de protection. Tin-kei a été arrêté aux environs de 2h00 du matin.

Photo de Trey Menefee

À l'image des Indigènes de Hong Kong, d'autres groupes politiques dans cette ville s'opposent fermement à l'ingérence de la Chine dans la politique de Hong Kong.

Ces scènes dans les rues de Mong Kok ce lundi soir et très tôt ce mardi matin rappellent celles de la « Révolution des parapluies » de 2014, lorsque des étudiants ont occupé les artères principales de la ville pendant des semaines pour protester contre des réformes du système électoral de Hong Kong visant à donner à la Chine le pouvoir de valider ou non les candidats se présentant au poste de dirigeant de cette ville. La réponse des forces de l'ordre, qui avaient eu la main lourde face aux manifestants, avait valu à Hong Kong d'être la cible de critiques internationales.


Photo via Wikimedia Commons

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