Du bonheur de jouer les méchants dans Star Wars Battlefront 2
Image : Electronic Arts.

Du bonheur de jouer les méchants dans Star Wars Battlefront 2

"Je n'ai pas peur de le dire : l'Empire a nettement plus de classe que la Rébellion."
Paul Douard
Paris, FR
20.10.17

Pour les gens un poil ennuyeux – comme les fans de 4X –, la saga Star Wars peut se résumer ainsi : d'un côté il y a les gentils qui veulent se battre pour leur liberté sans trop savoir pourquoi, de l'autre, les méchants avides d'ordre et d'uniformes impeccables. Dans cette galaxie particulièrement lointaine où tout est question de perception, il faut avant tout « choisir son camp ». C'est là-dessus que réside en partie le scénario du mode solo de ce nouveau Star Wars Battlefront 2.

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Commençons par la chose la plus exaltante de ce mode solo que beaucoup attendaient : on prend (enfin) place aux côtés des forces de l'Empire – ceux qui brûlent la forêt des Ewoks et passent le plus clair de leur temps à regarder des flottes de Super Destroyer Stellaire Impériaux naviguer dans l'espace, depuis une salle panoramique toute sombre. Certes, le précédent épisode donnait déjà la possibilité d'incarner les forces du côté obscur, mais dans un cadre multijoueur et non scénarisé.

On incarne Iden Verso, une femme membre des Forces Spéciales qui voue un véritable culte à l'Empereur. C'est un peu la première de la classe de l'Empire, celle qui lève toujours la main pour répondre avant les autres. Comme vous vous en doutez, son formidable idéal de dictature théocratique sera progressivement mis à mal. Le personnage est excellent. Je n'ai pas peur de le dire : l'Empire a nettement plus de classe que la Rébellion. Sans doute qu'en grandissant, j'en ai eu assez de toujours jouer ces rebelles en pyjamas qui ressemblent tous à des étudiants en arts du spectacle de Nanterre. Ne me parlez pas de morale : quand la Rébellion détruit l'Étoile de la mort, combien d'hommes et de femmes sont morts sans jamais avoir été soldats ? Voilà.

Image : Electronic Arts.

Incarner une femme qui n'est ni Jedi ni Sith était jusque là plutôt rare, voire quasi inexistant dans la série. On se trouve dans la peau d'un soldat de l'Empire, ce qui permet – du moins dans un premier temps – de s'affranchir de la dichotomie Jedi VS Sith omniprésente dans les autres épisodes. Cela donne un tout autre aspect à cette guerre intergalactique entre Rebelles et Impériaux puisque qu'elle est racontée et vécue par le prisme d'une jeune soldate envoyée en mission aux quatre coins de la galaxie. Bien évidemment, la trame principale de Star Wars pointera le bout de son nez assez rapidement, nous raccrochant aux anciens épisodes.

Ainsi, j'ai pu m'essayer aux trois premières missions du jeu. Sans vous spoiler quoi que ce soit, l'une d'elle était une phase d'infiltration au cœur d'un vaisseau rebelle à l'aide un droïde, l'autre un massacre de rebelles sur la Lune d'Endor, et la troisième une bataille spatiale ultra nerveuse à bord d'un Tie Fighter – le tout au milieu d'un champ d'astéroïdes. Ce mode solo est pour moi une très bonne surprise : les missions sont variées et disposent de réels objectifs. Pas de mode multijoueur offline pourri avec des bots à tuer sur une map quelconque. Ici, la trame scénaristique se déroule de manière fluide et les missions ne sont pas déconnectées les unes des autres. Sans pour autant le comparer à des jeux solos nettement plus profonds, le scénario vous captivera pendant six à sept heures de jeu.

Image : Electronic Arts.

Côté gameplay, l'alternance entre cut-scene scriptées, gunfight et phases plus calmes est équilibrée. Même s'il est évident que les gunfights occuperont 60% de vos parties, l'impression d'évoluer dans un contexte spécifique reste bien présente. Le jeu est aussi très beau – surtout en 4K.

Si l'absence de mode solo était l'un des principaux défauts qui avait entaché l'opus précédent – les critiques accusant les développeurs de DICE de proposer un contenu trop monolithique et de forcer les joueurs à s'affronter online, il est évident que ce mode solo constitue également un argument marketing : il finira de convaincre les sceptiques qui avaient regretté le manque de consistance du premier opus. Pas d'ambiguité, Star Wars Battlefront 2 reste un jeu majoritairement tourné vers le multijoueur.

Néanmoins, reconnaissons que l'effort de DICE – apporter une touche plus personnelle à un jeu multijoueur ultra bourrin – est louable. Surtout quand on sait que les éditeurs ont un peu perdu leur enthousiasme pour le développement de jeux solos. Récemment, la nouvelle de la fermeture du studio Viceral Games – qui était sur le développement de Star Wars 1313, un jeu solo qui avait l'air de tout défoncer – est une preuve supplémentaire que dans un futur proche, nous allons sans doute devoir nous satisfaire de modes solo faiblards qui n'auront pas d'autre intérêt que de mettre en avant le mode principal : le multijoueur.