Culture

On a demandé à des rastas blancs s'ils n'avaient pas HONTE de porter des dreadlocks

Hey, les joueurs de djembé ! Ça va l'appropriation culturelle ?

par Sophie Lamberts
30 Novembre 2017, 6:00am

On connaît tous la chanson. L'appropriation culturelle est dans toutes les bouches, et on ne compte même plus le nombre de polémiques ayant trait à cela. De Miley Cyrus et son twerk à une mannequin de Victoria's Secret et sa coiffure indienne, les exemples sont légion. À l'heure où tout est propice aux cris d'orfraie, les rastas blancs n'ont plus le vent en poupe, et pour cause. Du coup, on s'est demandé s'ils n'avaient pas HONTE de leur comportement et de leurs dreadlocks.

Tasha, 25 ans

Porte des dreadlocks depuis deux ans

VICE : Salut Tasha. Tu penses quoi des nombreux articles qui déconseillent aux blancs de porter des dreads ?
Tasha : Franchement, je ne comprends pas de tels articles. Tu sais, les dreadlocks remontent à des cultures anciennes : l'Égypte, la Grèce antique. L'une des premières représentations des dreadlocks remonte au dieu Shiva. Évidemment, aujourd'hui, les dreadlocks sont associées à la culture rastafari et à l'évolution du style afro, mais ça ne vient pas du tout de là. Si c'était associé à une seule culture, je pourrais comprendre les critiques. En plus, lorsque l'on parle à des gens noirs, ils vont vous dire qu'ils s'en moquent complètement – et certains vous complimentent sans peine. Selon moi, toutes ces polémiques sont créées par des social justice warriors blancs en manque d'engueulades.

Et pourquoi as-tu décidé de porter des dreadlocks ?
J'ai toujours aimé ça sur les autres, et je détestais brosser mes cheveux. Puis j'ai pas mal voyagé et j'ai donc décidé de m'en faire pour éviter de perdre trop de temps avec le nettoyage de mes cheveux. Aujourd'hui, mes dreads me permettent de me sentir bien, détendue, à l'aise. Je rase les côtés de mon crâne pour ne pas avoir trop chaud.

Je dois t'avouer qu'aux yeux de pas mal de gens, les dreadlocks sont réservées aux fumeurs de joints…
Tu sais, je ne fume pas de weed, je me douche tous les jours. Et je connais un tas de gens qui passent leurs journées à fumer mais qui n'ont pas de dreads…

Gregory, 25 ans

Porte des dreadlocks depuis huit ans

VICE : Salut Gregory ! Est-ce qu'on t'a déjà dit que tu étais coupable d'appropriation culturelle ?
Gregory :
Personne ne s'est jamais plaint de mes dreadlocks. J'ai grandi sur une côte sur laquelle on surfe, et mes cheveux ont beaucoup souffert du sel. Du coup, les dreadlocks étaient une solution pratique avant tout – je ne savais même pas ce qu'était le mouvement rastafari, ou la culture afro. Je n'avais aucune idée de l'importance supposée des dreads pour certains noirs. Je les voyais au quotidien sur les plages, voilà tout.

Au lieu de nous plier aux impératifs du politiquement correct, nous ferions mieux de célébrer la diversité culturelle, les échanges. Tant qu'une personne noire ne m'a pas sorti d'arguments convaincants, je garderai mes dreads. À mes yeux, une remarque telle que « les dreadlocks appartiennent à la culture des noirs » est tout sauf progressiste.

Ça fait huit ans que tu en portes. Le temps ne te paraît pas long ?
J'ai décidé de m'en faire à l'âge de 17 ans, alors que ma mère me l'avait interdit – elle m'interdisait également de fumer ou de me faire des tatouages, choses que j'ai faites. Du coup, j'imagine qu'il y avait une dimension de rébellion. Aujourd'hui, j'hésite parfois à les couper, puis je me souviens pourquoi je les apprécie autant. Elles sont confortables, belles, et font partie de ma personnalité.

Katie, 26 ans

Porte des dreadlocks depuis trois mois

VICE : Salut Katie. Les dreads devraient-elles être réservées aux noirs selon toi ?
Katie :
Il faut en finir avec le mythe des dreads à la Bob Marley. Il s'agit d'un simple choix personnel, n'ayant rien à voir avec la culture. Aujourd'hui, tout le monde en porte.

Et pourquoi as-tu choisi de t'en faire ?
Je voulais des dreadlocks depuis toute petite. Je vivais entourée par des surfeuses et des types aux cheveux longs et aux dreads blondes. C'est vraiment hyper pratique : vous les nettoyez une fois par semaine, puis mettez un coup de spray, et c'est bon.

Quel est le pire cliché entourant les dreads selon toi ?
Qu'elles sont obligatoirement sales.

De quand date ta dernière douche ?
D'hier.

Josh, 21 ans

Porte des dreadlocks depuis près d'un an

VICE : Salut Josh ! Pourquoi as-tu décidé de te faire des dreads ?
Josh :
Tu as déjà rencontré quelqu'un à qui les dreads n'allaient pas ? Non. Les dreads vont à tout le monde, c'est ce qui fait leur beauté. Je les adore.

Et qu'en est-il de Justin Bieber ? Il ressemblait à une gigantesque serpillière avec.
Tu trouves ? Je ne suis pas d'accord. Je le trouvais bien avec.

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