Musique

Un autre spectacle d’Enima annulé à Montréal

Le rappeur était censé se produire dans le cadre d’une soirée d’arts martiaux mixtes au Centre Bell.
09 décembre 2017, 12:17am
Photo : Capture d'écran/YouTube

Le rappeur Enima a annoncé jeudi soir sur sa page Facebook que la performance qu’il devait livrer au Centre Bell ce soir dans le cadre de l’événement TKO 41: Champions avait été annulée.

L’artiste devait se produire pour l’entrée dans le ring du combattant Charles Jourdain.

Dans sa publication, l’artiste pointe du doigt le Centre Bell pour cette annulation de dernière minute. Lorsque nous les avons contactés, Enima et son entourage n’ont pas voulu commenter davantage l’affaire.

De son côté, Philip Vanden Brande, responsable des relations médias et des réseaux sociaux pour Evenko, affirme que ni Evenko ni le Centre Bell n’étaient impliqués dans cette décision, qui relève plutôt d’un choix de programmation du promoteur.

Stephane Patry, président de Talion Sports Entertainment, propriétaire de la marque TKO MMA, explique que la performance d’Enima se serait organisée à la dernière minute, et qu’il n’aurait pas eu le temps d’avoir les autorisations nécessaires des diffuseurs de l’événement.

TKO 41: Champions sera diffusé en direct sur UFC Channel et Fight Network, ainsi qu’en rediffusion sur RDS2.

La police du rap

Les spectacles d’Enima sont régulièrement ciblés par le service de police de la ville de Montréal (SPVM). En mai dernier, un spectacle de l’artiste devant avoir lieu au Théâtre Berri avait été annulé, supposément après que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) soit intervenu auprès de la salle.

Le SPVM avait également ciblé un de ses spectacles un mois plus tôt pour procéder à son arrestation en lien avec un mandat émis par la province de l’Ontario. Ce qui avait fait dire à l’artiste que la police bloquait systématiquement ses spectacles à Montréal.

Charaf, fondateur du site Inter-Peura, a organisé deux spectacles avec Enima. À chaque fois, la police y était, mais n’est pas intervenue. Elle s’intéressait spécifiquement au rappeur, selon Charaf. « Je sais que des policiers étaient présents à l’Olympia [où Enima faisait la première partie du rappeur français Kaaris], et qu’ils sont sortis directement après la performance d’Enima ».

Le promoteur affirme que plusieurs artistes sont dans la mire de la police. Les rappeurs seraient ciblés « à cause de leur vécu, de leur dossier criminel et de leurs paroles », affirme-t-il. Et cette pression aurait son effet : certains promoteurs évitent des artistes qui rempliraient facilement des salles, comme KGoon, Lost, ou White-B, par crainte de représailles du SPVM.

Pour lui, il ne fait aucun doute que la police utilise la musique comme outil de renseignement : « Quand y’a un gars du ‘hood qui pop, c’est sûr que la police va aller écouter ses clips ».