Gaming

Avec le hacker qui piège les cheaters

En moins d'un an, ScriptKid a trollé des milliers de joueurs sur CS:GO et PUGB.
14.10.20
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Cinq antiterroristes courent autour de la carte Rooftop Control du jeu vidéo Counter Strike : Global Offensive quand soudain, l'un d'entre eux saute dans le vide et se tue. Quelque part en Europe, le hacker qui a piégé le joueur doit bien se marrer.

ScriptKid, comme il se fait appeler, a créé un « faux » logiciel de triche qui se retourne dans le jeu contre les joueurs qui le téléchargent, les obligeant à se tuer, à se faire exploser avec des grenades ou à s’aveugler avec un flash au beau milieu d'une fusillade.

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Cela fait près d’un an maintenant que ScriptKid traque les cheaters – ou « sheeters » comme il les appelle – sur PlayerUnknown's Battlegrounds et Counter Strike : Global Offensive. « Je ne piège pas les tricheurs de façon permanente, dit-il. Leur gâcher le jeu au moins une fois, c’est une punition suffisante. Beaucoup de joueurs me demandent de faire exploser leur PC ou de les exposer en révélant leur nom, mais cela ne m'intéresse pas vraiment, ni les problèmes juridiques qui pourraient en découler. »

Le hacker, qui dit vivre en Europe et avoir la trentaine, en a eu assez de jouer contre des cheaters dans PUBG l'année dernière et a commencé à réfléchir à des moyens de se venger. Puis il a vu la vidéo virale de la « bombe à paillettes » de Mark Rober, ce qui l'a motivé à piéger les cheaters. Il a commencé à analyser les logiciels de cheat open source qui circulaient sur les forums populaires. Dès qu'il a eu un concept, il a compris que le meilleur moyen pour amener les cheaters à utiliser son logiciel était d’acheter des annonces Google pour le faire apparaître en haut des recherches liées aux logiciels de triche PUBG.

ScriptKid affirme que son tout premier logiciel PUBG a trompé plus de 1 000 joueurs, ce qui l'a motivé à continuer. Il s'est ensuite concentré sur CS : GO, car il y joue depuis 2001 et sait très bien comment embêter les joueurs. Son dernier faux cheat – ou « appât » comme il les appelle – modifie les paramètres du joueur : le viseur devient si grand qu'il couvre tout l'écran et l'opacité passe au maximum, aveuglant le joueur d'une lumière blanche qui ressemble à une flash.

Son dernier cheat est conçu pour fonctionner en arrière-plan chaque fois que le tricheur joue à CS : GO et ne se déclenche qu'après quelques matchs, afin de ne pas être trop évident. Dans certaines cartes, cependant, le cheat est configuré de manière à ce que le tricheur saute toujours du rebord et se tue.

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Capture d'écran du dernier faux cheat de ScriptKid sur CS:GO, appelé BlueFlame. (Image : ScriptKid)

En moins d'un an, et avec seulement quatre vidéos, ScriptKid a accumulé près de huit millions de vues sur Youtube et a trompé quelques milliers de cheaters. Aujourd'hui, il fait aussi des live streams sur Twitch, apparaissant devant la caméra affublé d'un masque de Salvador Dalí et d'une combinaison rouge, comme les personnages de la série Netflix La Casa de Papel.

Selon un employé d'une société de jeux qui travaille pour le service anti-triche (qui a demandé à ne pas être nommé parce qu'il n'est pas autorisé à parler à la presse), les exploits de ScriptKid sont drôles, mais il est peu probable qu'ils aient un impact sur l'écosystème de la triche. « Son truc est cool, mais c'est juste pour déconner, dit-il. Ce n'est pas quelque chose qui va arrêter les cheaters. »

Mais peu importe pour ScriptKid. « Pour moi, il a toujours été très évident que cela n'aurait pas vraiment d’impact, dit-il. Je le fais parce que j’aime voir les cheaters se faire rouler. »

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