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Comment les chats ont envahi l’Australie

L'Australie est le seul continent, avec l'Antarctique, où les félins étaient totalement absents jusqu'à l'arrivée des Européens. Aujourd'hui, le pays paye le prix de l'invasion des matous.

par Grennan Milliken
05 Janvier 2017, 8:00am

Image : amberapparently/Flickr/CC-by-2.0

L'Australie est le seul continent, avec l'Antarctique, où les félins étaient totalement absents jusqu'à l'arrivée des Européens (les vagues d'immigration du 17e-19e siècle, plus précisément). Aujourd'hui, elle est littéralement envahie par les chats. Une méta-étude menée par le Programme national de sciences de l'environnement du gouvernement australien, qui a impliqué 40 scientifiques australiens d'élite et plus de 90 études différentes, a révélé que les chats sauvages occupaient désormais 99,8% du continent, et 80% de la surface des îles australiennes. Cela a des conséquences directes pour les populations de nombreux mammifères et oiseaux, qui se sont régulièrement exterminés par les chats. Le rapport du programme gouvernemental a été publié le mois dernier dans le journal Biological Conservation.

Les chats font de formidables animaux de compagnie. Ils sont mignons, doux au toucher, faciles à élever, et possèdent une option réveil-matin. Cependant, ils sont également des tueurs sanguinaires, parmi les plus efficaces de la planète. Ces bons vieux matous peuvent bien se coucher en rond sur vos genoux après vous avoir consciencieusement patouné les cuisses en vous fixant de leurs grands yeux humides, pour peu que vous les laissiez poser une patte à l'extérieur, ils redeviendront immédiatement des assassins impitoyables. Sur les îles, où les chats sauvages sont particulièrement envahissants, de nombreuses espèces d'oiseaux ont été victimes de la fièvre sanguinaire du félin. En Australie, les chats ont causé l'extinction de 20 espèces de mammifères endémiques. Et ils ne semblent pas disposés à s'arrêter là.

"La population totale de chats sauvages en l'Australie varie entre 2.1 millions, en période de vaches maigres, et 6.3 millions, quand les pluies favorise l'abondance des proies disponibles", explique l'écologue et co-auteur de la méta-étude, Sarah Legge, dans un communiqué de presse. Ces chiffres sont plus faibles que les estimations précédentes, mais ils demeurent stupéfiants. L'importante fluctuation démographique entre saisons favorables et défavorables est elle-même très intéressante, et montre la capacité des populations chats à "se refaire" très rapidement, comme on le voit sur la carte ci-dessous (les zones plus sombres montrent une densité de chats plus élevée lors des saisons humides).

Image: Biological Conservation

Les chercheurs ont constaté que les chats étaient tout aussi répandus à l'intérieur des parcs nationaux qu'en-dehors des zones protégées : cela ruine donc tous les efforts de conservation qui passent par la définition d'espaces protégés. Les scientifiques ont également remarqué que les félins étaient jusqu'à 30 fois plus nombreux dans les zones fortement urbanisées que dans les campagnes - probablement en raison de la disponibilité de nourriture, plus importante dans les villes. Malheureusement, les centres urbains voient de nombreuses naissances de chats qui se déplacent ensuite vers les zones arborées où ils peuvent chasser facilement.

"Les chats sauvages sont une calamité", se plaint Gregory Andrews, le Commissaire aux espèces menacées du gouvernement australien. "L'Australie est le seul continent, outre l'Antarctique, où les animaux ont évolué dans un environnement où les félins sont absents. Notre faune n'est pas adaptée à ces nouvelles conditions d'existence ; elle est donc extrêmement vulnérable face aux chats. Il est nécessaire d'éliminer les chats sauvages de manière éthique et efficace", ajoute-t-il.

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