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Vapoter a aidé 6,1 millions d'Européens à arrêter de fumer, selon une étude

Cette estimation, basée sur une enquête, montre surtout que nous avons sous-estimé la cigarette électronique comme substitut au tabac.

6,1 millions d'Européens ont arrêté de fumer grâce à la vape, selon une étude publiée la semaine dernière dans la revue Addiction.

Certes, il ne s'agit que d'une estimation ; mais l'étude indique bien que la vape peut aider les gens à arrêter de fumer. Une donnée potentiellement importante à prendre en compte alors que de nouvelles régulations sur la cigarette électronique sont sur le point d'être mises en place dans l'Union Européenne et aux Etats-Unis – à tel point que certains estiment qu'elles menacent toute l'industrie de la cigarette électronique.

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Les chercheurs ont en fait analysé des données récoltées en 2014 et rendues publiques l'année dernière par la Commission européenne. On y découvrait que 2% seulement des individus interrogés utilisaient une cigarette électronique, et que 14% d'entre eux sont parvenus à arrêter complètement de fumer en passant à la vape. Mais ces données concernaient en fait tous les fumeurs qui avaient déjà touché à une e-cigarette (même une seule fois, ce qui ne témoigne pas franchement d'un effort colossal pour arrêter de fumer). C'est pourquoi les chercheurs sont allés un peu plus loin dans leurs analyses, et ont découvert que le taux de succès était en réalité bien plus élevé.

Si l'on ne prend en compte que les gens qui utilisent régulièrement une cigarette électronique, 35% d'entre eux sont d'ex-fumeurs qui sont parvenus à arrêter. Et il y a une corrélation avec la fréquence d'utilisation : 30,6% des individus qui vapotent quotidiennement ont arrêté de fumer, contre 8,9% de ceux qui disent vapoter une fois par semaine ou moins.

Si l'on rapporte ces chiffres à la population totale de l'Union Européenne, on peut donc estimer que 6,1 millions de personnes ont arrêté de fumer grâce à la vape, et que 9,2 millions de gens ont ralenti le rythme en fumant moins grâce à leur cigarette électronique.

Evidemment, l'étude ne fait pas mention des milliers d'Européens pour qui cela n'a pas marché, et que la cigarette électronique n'a pas dissuadés de continuer à fumer de « vraies » cigarettes ; mais cela vaut aussi pour toutes les autres aides à l'arrêt. Les médicaments sur ordonnance – les plus efficaces, en théorie – ont un taux de succès de 23%, alors que des traitements comme les patches et les chewing-gums à la nicotine ne fonctionnent que dans 6% des cas.

À l'automne dernier, des représentants de Pfizer m'avaient affirmé que le Chantix, leur médicament anti-tabac, avait été prescrit à 22 millions d'individus à travers le monde depuis son lancement. Avec un taux de succès de 23%, cela signifie que le médicament a aidé environ 5 millions de personnes à arrêter de fumer, et donc que la cigarette électronique a un taux de succès au moins équivalent à ce que nous avons développé de mieux jusqu'à présent dans ce domaine.

Hélas pour les évangélistes de la vape, ce type d'analyse a des limites. Le chiffre de 6 millions d'individus n'est qu'une estimation, extrapolée à partir d'autres chiffres. L'étude n'a concerné que 27.801 personnes, et comme il s'agissait d'entretiens, elle n'est fondée que sur des déclarations. Comme le soulignent les auteurs, « alors que plusieurs enquêtes et sondages ont montré que de nombreux fumeurs parvenaient à arrêter de fumer grâce à la cigarette électronique, des essais contrôlés randomisés ont au contraire montré que l'e-cigarette n'avait que des effets modestes, et son efficacité en la matière est parfois contestée. »

Autrement dit, nous ne disposons pas de preuves irréfutables de l'efficacité de la vape, mais les auteurs soulignent que des recherches plus approfondies sont nécessaires, et qu'il faudrait peut-être adopter une approche différente de ce que nous avons fait jusqu'ici.

« Il y a peu de chances qu'un usage occasionnel de la vape ait des effets importants sur la consommation de cigarettes, écrivent les auteurs. Beaucoup d'enquêtes ne font pas la distinction entre usage régulier, occasionnel et unique, ce qui fait que l'on surestime le nombre d'utilisateurs tout en minorant l'efficacité de la cigarette électronique auprès de ceux qui souhaitent vraiment arrêter de fumer. »