FYI.

This story is over 5 years old.

Vice Blog

CEREBRAL BALLZY JOUAIT À LA MIROITERIE MARDI DERNIER

18.11.10

Premier truc : Cerebral Ballzy est le meilleur nom de groupe depuis… hum, Killed by Death. Deuxième truc : ils tournent en ce moment avec Trash Talk, groupe ultra-violent avec qui ils partagent une passion pour les casquettes de base-ball et le fait de hurler. Troisième truc : ils font le seul type de hardcore que j'aime, celui qui plaît à d'autres gens que les nerds, chauves, talibans, connards qui constituent une part non négligeable de cette scène. Et pour cause, ils font juste du punk très rapide, et n'affichent aucune autre ambition - pas la moindre trace de morale, de haine stupide ou de problème oedipien à l'horizon. À part ça, ils font du skate, sacrifient des animaux en l'honneur de Suicidal Tendencies et l'un d'eux s'est fait tatouer un logo Slayer sur la jambe sans en avoir conservé le moindre souvenir. Ils étaient bourrés et on a parlé de Big L.

Vice : OK. C'est la première fois de votre jeune vie que vous venez en France, c'est ça ?

Honor : Ouais. On est venu pour faire la fête, voir des jolies pépés. Ce genre de trucs, tu vois.

Publicité

Vous connaissez quoi de la France ?

H : Je connais deux Françaises que j'ai rencontrées à Brooklyn, dans une fête. La différence avec les Américaines, c'est, tu vois, elles sont plus intéressantes. Enfin, elles s'intéressent à d'autres trucs. Les Américaines ne connaissent rien à rien. Surtout celles qui viennent de l'Ohio. Ce sont les pires.

Je ne suis jamais allé en Ohio.

Melvin : Les Françaises, c'est un autre délire, tu vois. Elles sont cultivées, enfin, j'aime l'idée qu'elles soient cultivées.

H : Elles sont plus dans ça, tu vois.

« Dans ça » ? Non.

H : Ouais, et puis on ne les comprend pas très bien, ça rajoute au…

M : Mystère. La barrière de la langue, tu vois. Même si elles parlent bien anglais, tu sais qu'au fond elles sont incapables de tout capter. Elles rient pour n'importe quoi, mais tu sens qu'elles se forcent.

Et qu'en est-il des Américaines, alors ?

H : Faciles.

Et celles de l'Ohio ?

H : Elles sont géniales. Ce sont d'adorables petites amies, la plupart du temps. Tu t'aperçois que leur père part tous les matins couper du bois dans la forêt, depuis 1979. Elles ont des histoires à raconter.

J'ai cru comprendre, en regardant votre Myspace, que vous n'avez pas toujours été punks. Vous avez grandi en écoutant du rap, il me semble.

H : Ouais, du rap New Yorkais, Mobb Deep.

M : Les Beatnuts, CNN..

H : LL Cool J, Big L. Big L est le meilleur, mec.

Je suis d'accord.

H : No more iron horses, cause I'm buying Porshes.

Publicité

Mmh. « Ebonics » ?

H : « MVP », mec. Le meilleur morceau. Ce truc me tue encore, tous les jours.

Ah ouais. Je me souviens d'une phase assez géniale sur Whoopi Goldberg, aussi.

H : Ouais, ne me dis rien s'il te plaît. I got girls that make that chick Toni Braxton look like Whoopi.

M : Ah !

Ah !

H : Ah ! Je n'écoute presque plus de rap aujourd'hui, mais on continue de me faire connaître des groupes. People Under the Stairs, des trucs comme ça. J'écoute encore Hieroglyphics aussi, des fois.

Jason : En trucs nouveaux, on est à fond sur Waka Flocka.

Vous avez écouté Flockaveli ? L'album est violent.

J : Ouais c'est trop bien. Il a inventé un genre de punk-rap que personne n'avait fait avant. Enfin, à ce point. Je veux dire, aussi bien. Il y a en lui un genre d'énergie comme dans le hardcore.

M : T'exagères là, quand même. C'est lourd mais ça n'a rien à voir avec…

[Débat confus autour de Waka Flocka Flame, brouhaha général, rots]

Ouais. Qu'est-ce que vous faites de vos journées, loin de New York ?

H : On fume énormément d'herbe. On voit des filles, on se bat. Avec des mecs. Ne va jamais nulle part avec Abe, ce mec se bat dès qu'il peut. Jamais.

Abe : Je ne me suis jamais battu avec un type qui ne le méritait pas. Je suis juste, mec.

H : Ce mec se bat autant qu'il peut.

M : Dans toutes les villes où l'on a foutu les pieds, il trouve toujours le moyen de se latter avec des mecs. Parfois, des organisateurs.

Publicité

Mais vous avez une préférence pour un type de mecs en particulier ? Les gros cons ?

J : Non, tout le monde, peu importe. Les mecs gentils, surtout.

Changeons de sujet, alors. Vous savez où vous dormez, ce soir ?

M : Pas vraiment. Sans doute chez le mec qui nous fait jouer.

H : Non, je ne suis pas sûr.

M : Alors sans doute sur ce canapé. Assis, de préférence.

A : Tant qu'on parle de ça, tu connaîtrais un endroit où dormir, avec de la weed si possible ?

Non, désolé. J'aimerais bien vous aider, mais je ne suis pas spécialiste.

A : Et on peut faire une fête dans les bureaux de Vice ?

Il n'y a pas grand-chose là-bas. Pas de weed ni d'alcool, à ma connaissance.

A : Et des filles ? Des stagiaires ?

C'est possible d'en trouver.

A : Je n'ai jamais vu autant de meufs que dans les soirées Vice à New York. On dirait que vous les ramenez de force. Ce sont des esclaves, quelque part. Esclaves de vous.

H : Mais tu peux nous présenter les stagiaires françaises si tu veux.

Vous avez l'air d'afficher une nette préférence pour les stagiaires.

H : Elles sont gentilles, elles travaillent gratuitement.

A : Comme moi. Je suis mon stagiaire personnel. Mon propre stagiaire. C'est pour ça que j'ai un respect infini pour les stagiaires. Nourrissez vos stagiaires.

Abe, comment tu t'es fait ça ? [il porte un bandage sur chaque bras, au niveau du coude]

A : C'était en Allemagne, il y a quelques jours. On était chez des filles, et l'une d'elles était artiste, tu vois, et elle nous montrait les grosses sculptures qu'elle faisait pour son école. Elle a voulu en faire une devant nous, avec de la cire brûlante. J'ai essayé moi aussi, et je me suis fait ça. Du coup, je ne peux pas enlever mon sweat sans avoir extrêmement mal et hurler.

H : C'est fatigant, d'ailleurs. J'ai refusé de participer à ça, et j'en suis bien content. Les enfants, ne jamais jouer avec de la cire chaude. Jamais.

INTERVIEW : KELLY SLAUGHTER

PHOTOS : DON CALMONE