L’Homme qui massacrait des terroristes et passait son temps à baiser
Illustrations via les Requins Marteaux
Culture

L’Homme qui massacrait des terroristes et passait son temps à baiser

On vous file un extrait de la dernière B.D. de Benjamin Marra, qui sort ce mois-ci en France grâce aux Requins Marteaux.
1.7.16

« En 2001, en réponse aux attentats terroristes du 11 septembre, le président George W. Bush ordonne la création d'une équipe ultra-secrète d'agents internationaux dédiée à la protection des intérêts américains à l'étranger. Cette équipe était connue sous le nom des Prédateurs de la Terreur. Agissant en totale et complète indépendance et autorisées à tuer sans merci, ces unités ultra entrainées n'avaient aucun lien avec le gouvernement américain. L'histoire qui suit est celle de l'un de ces agents, répondant au nom de code O.M.W.O.T. (One Man War On Terror). »

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Sérieux, vous connaissez un meilleur pitch que ça ? J'aurais pu vous pondre une introduction plus ou moins remarquable, mais je préférais vous livrer le prologue du dernier comic book de Benjamin Marra – à qui l'on doit également le superbe Gangsta Rap Posse, toujours pas disponible en France. Grâce aux Requins Marteaux, le travail du dessinateur américain débarque enfin dans notre pays. Hémoglobine, décapitation et coïts à foison – telle est la Sainte Trinité de cette bande dessinée, dont on vous file un long extrait, qui correspond à l'ouverture du chapitre 2. En guise d'apéritif, j'ai interviewé l'auteur afin d'en savoir un peu plus sur son utilisation des couleurs primaires.

VICE : Salut Benjamin. Lors d'une interview pour VICE réalisée il y a sept ans, tu précisais la chose suivante : « J'aimerais que les super-héros de comics correspondent de nouveau aux clichés du mâle tout-puissant. » C'est ce que tu as fait avec O.M.W.O.T., non ?
Benjamin Marra : Oui, complètement. Dans mes bandes dessinées, je souhaite me rapprocher des comics américains du XXe siècle – ceux qui mettaient en avant des mecs ultra-testostéronés de manière brute et divertissante. C'est dans cet esprit que j'ai créé O.M.W.O.T. – vers 2013, si mes souvenirs sont bons.

Je ne m'intéresse pas aux comics dits « sérieux ». Je suis intimement persuadé que les comics sont, dans leur essence, comiques. De plus, je revendique un humour outrancier, qui confine au ridicule. Mon utilisation du langage reflète cette conviction – c'est pour cela que les mots que je choisis sont souvent extravagants.

Illustration via les Requins Marteaux

Je vois. En parlant des dialogues d'O.M.W.O.T., peux-tu me dire pourquoi tes personnages décrivent très souvent les actions qui se produisent – genre : « Il est en train de me tuer ! » ? 
Quand on m'a appris à créer une bande dessinée, on m'a dit qu'il était essentiel que les mots et les images évoquent des choses différentes, que l'on n'ait pas ce sentiment de redondance. Avec O.M.W.O.T., j'ai décidé d'aller à l'encontre de cela. Les mots et l'image transmettent les mêmes informations, afin de conférer un aspect comique à de nombreuses scènes.

Quel est, selon toi, le rôle de la satire – dont O.M.W.O.T. se réclame clairement ?
C'est assez simple, en fait. En tant qu'êtres humains, l'une de nos plus puissantes armes est l'humour. C'est l'ennemi le plus direct du fascisme.

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OK. Et avais-tu des influences en tête lors de la création d' O.M.W.O.T. ?
Bien sûr ! Je m'inspire tout le temps des films que je matais quand j'étais adolescent. Les comics sont une autre influence – ils jouent un rôle important dans la façon dont je dessine. Dans le cas d' O.M.W.O.T., je me suis inspiré du travail de Ken Landgraf, un dessinateur new-yorkais

Sinon, pourquoi utilises-tu uniquement des couleurs primaires ?
À l'origine, quand O.M.W.O.T. a été publié, il ne faisait que 32 pages, imprimées via une impression Riso. Afin de tirer le maximum de cette méthode, je me suis servi des couleurs primaires – rouge, bleu et jaune – ainsi que du gras. J'étais, bien entendu, tout à fait en mesure de les mélanger afin de donner naissance à des couleurs secondaires mais, la plupart du temps, je me suis contenté des couleurs « de base ». Quand j'ai allongé l'histoire pour qu'elle soit publiée chez Fantagraphics, mon éditeur américain, j'ai gardé la même approche.

Il y a quelque temps, tu as précisé à GQ que tu bossais à temps partiel pour la ligue de baseball américaine – tu t'occupais de gérer son site Internet. C'est toujours le cas ?
Ça l'est toujours, oui. Bon, aujourd'hui, je suis free-lance. Je les aide donc de temps en temps, mais c'est tout.

C'est bon à savoir. Merci Benjamin.

N'attendez plus. Commandez O.M.W.O.T.

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