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LE NUMÉRO VERS NULLE PART

Les singes de laboratoire 
abandonnés des îles libériennes

Des nouvelles d'un peu partout – extrait du numéro « Vers nulle part » de VICE.
24.11.15

Illustration : Ole Tillmann

_Cet article est extrait du numéro _« Vers nulle part » de VICE__

En début d'année, le New York Blood Center, institution qui habituellement sauve des vies, a pris une décision radicale qui pourrait ternir sa réputation. Le centre a en effet abandonné des dizaines de singes de laboratoire sur diverses îles du Liberia.

Les chimpanzés ont été amenés dans la région dans les années 1970, alors que le NYBC y dirigeait un centre de recherches. Si ses études ont conduit à des découvertes majeures, comme le vaccin de l'hépatite B, le labo a fermé en 2005, notamment en raison du rejet de l'expérimentation animale par le public américain. Les singes ont alors été « mis à la retraite » sur des îles marécageuses voisines qui ne disposent pas de nourriture ni d'eau fraîche. Le NYBC a ainsi décidé d'embaucher des locaux afin qu'ils apportent chaque jour des condiments aux animaux – cela jusqu'en mars dernier, lorsque le NYBC a cessé de financer le programme.

Divers groupes de défense des animaux, y compris la Fondation Jane Goodall et la Humane Society, sont alors intervenus pour soutenir les chimpanzés. Ils ont rassemblé plus de 130 000 euros de dons via une campagne de crowdfunding, qui leur ont permis de nourrir à nouveau quotidiennement les animaux et de réparer un système de traitement de eaux endommagé.

« Il y avait des tensions quand les singes n'étaient pas nourris chaque jour, explique Jim Desmond, vétérinaire embauché par la Humane Society. Après une semaine de repas quotidiens, on a pu noter une évolution dans leur comportement. Ils étaient plus détendus ; ça a vraiment été positif. »

Les associations expliquent néanmoins que les fonds récoltés permettront de tenir seulement quelques mois. Elles tentent toujours de faire pression sur le NYBC afin qu'il prenne de nouveau en charge les bêtes abandonnées. Dans le même temps, le centre a cessé de répondre à toute requête, expliquant ne plus être responsable des singes.