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L'écrivain chinois qui voulait ressembler à Shakespeare

Zhang Yiyi a dépensé plus de 200 000 euros pour avoir les mêmes traits que son dramaturge préféré – et a réussi (à moitié).
16.4.15

Shakespeare (à gauche) et Zhang Yiyi

(à droite), à l'issue de dix opérations chirurgicales censées lui faire ressembler au célèbre dramaturge anglais

« Le fou se croit sage et le sage se reconnaît fou », faisait dire Shakespeare au bouffon Touchstone dans sa pièce de théâtre Comme il vous plaira. Zhang Yiyi, Chinois de 34 ans, admirateur du dramaturge anglais et écrivain à succès, a récemment décidé de faire raisonner l'expression. Au début du mois, au terme de dix opérations de chirurgie esthétique pour un montant avoisinant les 210 000 euros, Zhang Yiyi atteignait son but : ressembler à son modèle – selon lui.

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Auteur de plusieurs best-sellers, l'homme a pu financer ses transformations chirurgicales grâce à son succès. En 2008, il a publié The Study on Sensationalization, livre que certains organes de presse comme ChinaPress ou Nouvelles d'Europe ont depuis porté à l'occasion d'un poisson d'avril dans le top 10 des monuments littéraires chinois, aux côtés de L'art de la Guerre de Sun Tzu ou Le Rêve dans le Pavillon Rouge de Cao Xueqin.

Dans ce livre, Zhang Yiyi « se compare à Confucius et Laozi », explique le site China.org. Cette audacieuse comparaison lui a aussi valu en 2011 d'être consacré par des internautes au premier rang du top 10 des Chinois les plus fous, vraisemblablement réalisé avant l'annonce de sa chirurgie. Quelques années auparavant, en 2006, il avait déjà attiré l'attention des médias en adressant une lettre publique à une présentatrice de télé chinoise bien connue dans laquelle il listait six bonnes raisons qu'elle accepte de l'épouser.

L'homme manifestait sa volonté de transformation physique depuis 2011. Dès cette date, une série de dix opérations ont alors été programmées par son chirurgien, le docteur Zheng Churong. Dans des propos rapportés par le site Chinapost.com, le médecin s'était montré confiant : « Ça ne sera pas difficile parce que Zhang a un visage sculpté avec un nez affuté et des yeux profonds qui présentent quelques ressemblances avec ceux de Shakespeare. »

Pour défendre ses motivations, l'écrivain avait notamment expliqué que « la vie [était] une succession d'efforts pour devenir une meilleure personne » et que cette transformation allait « permettre aux gens autour du monde de pleurer la disparition de Shakespeare », décédé il y a près de 400 ans.

La trajectoire de Zhang Yiyi est assez exceptionnelle. Originaire de la province du Hunan, une région reculée du centre de la Chine, l'homme est né dans une famille désargentée et criblée de dettes et n'a en conséquence pas pu suivre d'études. Mais, passionné d'écriture et de poésie, il a réussi à force de travail à devenir un écrivain réputé et apprécié – un destin qu'on pourrait mettre en perspective avec celui de Sir William Shakespeare dont le père avait fait faillite, ce qui l'avait empêché d'aller à l'université.

Si le phénomène n'est pas nouveau – on a ainsi pu déjà voir certains dépenser des sommes colossales pour ressembler à Barbie, Ken, Justin Bieber ou Michael Jackson –, l'entreprise chirurgicale de Zhang Yiyi a la particularité de se baser sur des peintures vieilles de 400 ans, seules représentations connues de l'auteur de Roméo et Juliette.