Je voudrais revenir sur ma colonne et la grande variété des thèmes que j’aborde. Pour de nombreux sujets, le substantif « brutal » convient parfaitement. En revanche, je ne parle jamais de ces attaques sournoises et invisibles, cette violence glaciale et omniprésente exhibée aux vus et aux sus de tout le monde depuis plusieurs dizaines d’années. Le cinéma d’aujourd’hui semble faire partie de cette catégorie de violence. J'ai découpé mon argumentation en deux points, par delà les conventions de la pertinence.
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1. LES FILMS SONT DE PIRE EN PIREIls sont à l’antipode du mot « drôle ». Ils sont déplaisants et futiles. C’est vraiment humiliant d’être obligé de filer du fric pour s’asseoir dans une pièce sombre et supporter deux heures de braillement, d’explosions, de grognements et de rap-métal.« Et alors » vous allez me dire, « OK. Les films sont nases. Vous n’avez qu’à créer un groupe de lecture. Où est le problème ? » Le cinéma fusionne 50 000 ans de peintures rupestres dans les grottes, d’Histoire et de littérature orale, et TRANSFORME VOS RÊVES EN RÉALITÉ. Malheureusement, le problème c’est qu’Hollywood s’est emparé de cette invention pour la transformer en tirelire géante qui vomit de la diarrhée Technicolor DANS VOTRE PROPRE BOÎTE À RÊVES.2. LES SPECTATEURS SONT DE PIRE EN PIREC’est impossible de voir un film sans être obligé de partager une pièce toute noire avec des gens qui apportent leurs téléphones portables, des jeux vidéos dans leurs téléphones portables et des bébés. Parfois, ils font des bébés. Occasionnellement, ils ont des bébés. Ils parlent et après ils mangent des sushis, puis ils se mettent à crier, et ils finissent par se foutre des coups de couteaux. Les règles du cinéma n’existent plus. Cet été, je suis allé voir avec un pote Captain America, eh bien, c'est un vrai film de poules mouillées. Au milieu du film, j’ai ressenti le besoin de rejoindre un gang pour retrouver ma virilité.Au premier abord, ça ressemble à une relation de cause à effet. Les films sont de pire en pire, par conséquent les spectateurs sont de pire en pire. Peut-être que mon avis serait différent si je n’habitais pas à côté de L.A. Aussi, j’ai remarqué une dégradation de la politesse dans à peu près tous les cinés. L’année dernière, j’ai pris ma caisse pour aller à l’Egyptian Theater à Hollywood pour voir un film de 1954, Désirs humains. Pendant le générique, un homme de la taille d’une Mini Cooper s’est affalé à côté de moi, il a sorti une flasque de Martini – avec un verre, et il a commencé à raconter sa vie intime et trépidante à tous les spectateurs. Il n’y avait pas d’autres places. J’aurais pu partir en plein milieu du film, mais je refusais de capituler. J’ai beaucoup appris sur moi-même ce soir-là, mais entre le prix du pop corn et du parking, cette leçon de vie m’aura tout de même coûté 15 dollars.Et pourtant, une lueur d’espoir se produit quelquefois : il arrive que les films soient pires que les spectateurs. Il y a sept ans à Pasadena, la Warner a organisé une projection en avant-première de L’Exorciste : au commencement. Au bout de dix minutes, l'un des spectateurs s’est mis à hurler, « les mecs qui ont chié cette daube sont parmi nous ! » On a entendu une autre voix gueuler : « où ça? » La première personne s’est levée, s’est retournée pour voir au le fond de la salle, et a crié : « ILS SONT LÀ ! » Dans la dernière rangée de sièges, un groupe de mecs en costume s’est dirigé en courant vers la sortie et s’est fait courser dans la rue par les spectateurs, visiblement très remontés.Puisque l’authenticité de cette rumeur fait débat (apparemment, ce genre de truc se produit dès que quelqu’un sort une suite de L’Exorciste ; les gens disent à chaque fois que c’est le pire film qu’ils aient jamais vu), je terminerai par raconter ma propre version des faits. Les spectateurs ont réussi à rattraper les producteurs, ils les ont désapés, ils les ont dépecés et ils ont accroché le cadavre sans derme de ces pauvres mecs sur Hollywood Boulevard. C’était d’une violence extrême. Profondément remuée par cet acte de barbarie absurde, l’industrie du film a juré de ne plus faire que des films de qualité. Cette promesse n'aurait pu être tenue sans la participation des syndicats, des impôts, et des restrictions budgétaires. Merci, Obama.http://twitter.com/#!/sammcpheeters
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