Les Louanges nous fait retomber en amour avec les années 90 et la banlieue grise
Photo: Jean-François Sauvé
Culture

Les Louanges nous fait retomber en amour avec les années 90 et la banlieue grise

Vincent Roberge a puisé son inspiration dans la banlieue de Lévis. Il nous explique pourquoi.

Vincent Roberge, le musicien derrière Les Louanges, s’est inspiré du quotidien de la banlieue asphaltée pour nous livrer La nuit est une panthère, un album teinté de nostalgie mid‘90s qui jongle entre le R&B, le hip-hop, le funk et le jazz.

Depuis qu’il a à peine 13 ans, le multi-instrumentiste sait qu’il veut faire de la musique, point barre. En 2015, il s’est rendu en finale au Festival international de la Chanson de Granby avant de livrer Le Mercure, un premier EP aux notes indie-rock, l’année suivante. Aujourd’hui, c’est surtout son désir de créer, en français, un son lo-fi et planant avec des touches de jazz qui pousse le musicien de 23 ans à rassembler ses chansons en un album, La nuit est une panthère. « Je suis comme un petit mélomane qui ne trouvait pas ce qu’il voulait, donc je me suis dit : tu sais quoi? Je vais le faire ».

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VICE s’est entretenu avec l’artiste pour parler de création en studio et de bonne vieille nostalgie.

VICE : Salut Vincent! Ton premier album La nuit est une panthère respire la nostalgie et les années 90. Te considères-tu comme un grand nostalgique?
Je pense que je suis quelqu’un qui apprécie la nouveauté et qui a hâte de voir du nouveau stock, mais c’est certain que je revisite beaucoup, dans mes textes, l’époque de ma vie à Lévis.

C’est quelque chose que j’avais moins vu aussi, cette nostalgie de l’espèce de vie plate. C’est une époque que je regarde avec des petites lunettes roses : l’entre-deux de « on vient d’être majeur, mais on sait fuck all où on s'en va dans la vie pis je suis encore pogné à Lévis ». Il y a quelque chose de poétique là-dedans, et c’est pour ça qu’il y a des tounes comme Tercel.

Qu’est-ce qui t’inspire de ces années-là?
Il y a une œuvre qui m’a vraiment fait triper! Elle s’est déclinée en un documentaire, un livre et une expo, et ça s’appelle Beautiful Losers. Ça rassemble plein de peintres, de skaters, de réalisateurs de films et de graphistes qui ont vécu en banlieue dans les années 90. Ils ont orienté leurs procédés artistiques sur la rawness de la banlieue, sur le côté qui n’est pas très léché, dans une esthétique vraiment ‘90s. C’est certain que dans la vie, je vois ça un peu comme une ligne directrice, cette gang-là qui a créé des trucs fous avec un quotidien qui pouvait être aussi asphalté et fade.

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Comment en es-tu arrivé à ton style actuel?
Quand j’ai fait les Francouvertes en 2017, j’étais déjà un peu tanné de mes tounes indie-rock. Je ne les hais pas, mais je ne sentais pas qu’elles étaient très particulières. Comme j’ai étudié en musique et que j’ai goûté à l’aspect jazz, c’est dur de revenir en arrière. J’avais déjà des brouillons de la chanson DMs et Jupiter à ce moment-là et je me suis mis à travailler sur mes affaires, sachant que j’allais en faire un album. J’essayais de changer le son, de trouver comment j’allais chanter là-dessus pour que ça sonne naturel.

Est-ce que l’album était déjà tout écrit lorsque tu es allé en studio?
Je ne suis pas le genre de gars qui arrive en studio avec des accords et des paroles. Je suis plutôt du genre à trouver le petit son de synthé, la petite ligne de guitare sur laquelle je tripe. Après, je dois me démerder pour écrire une toune. J’arrive en studio avec un dossier quand même avancé sur mon ordinateur, puis on expérimente avec ça. J’invite des gens à venir jouer et on monte des chansons.

Quand on est arrivé au mix, il y avait encore deux chansons sans paroles, Romains et Westcott. On était dans le studio de mixage, et moi, j’étais à côté avec mon micro à essayer de finir les paroles pour que quand le mix serait fini, la voix soit terminée.

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Photo: Jean-François Sauvé

Avec La nuit est une panthère, tu as trouvé ton identité sonore. À quoi peut-on s’attendre pour tes prochaines sorties?
Il y a une personne qui m’a influencé durant les années 90, et c’est Thom Yorke. Si je me fie à lui, il n’y a pas un seul truc de pareil. Je pense que faire la même affaire, c’est stagner, tomber dans un piège. Je réécoutais le documentaire de Quincy Jones qui vient de sortir sur Netflix et c’est complètement fou : le gars est passé de Dizzy Gillepsie à Ray Charles à Michael Jackson à produire des tracks de rap.

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Peut-être que si je sors un truc l’été prochain, je vais me permettre le luxe de rester un peu dans mes pantoufles et de poursuivre dans la même veine que l’album. Après ça, ce sera ma « job » en tant que créateur de faire un truc un peu différent.

Lylie Korzer est sur Instagram.