Pour protéger les exploitations agricoles, un robot sorti des enfers

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8.8.17

Tiens, mais qu'avons-nous là ? Mais oui, c'est un robot à tête de loup bien décidé à vous arracher la tête afin de la faire rouler jusqu'au Styx et de la confier à Charon, qui en fera un accessoire de pétanque pour s'occuper tout l'été.

Selon The Japan News, cette abomination robotisée que l'on a l'outrecuidance d'appeler "robot d'assistance agricole" a été conçu dans le cadre des essais techniques de la coopérative JA Kisarazu-shi, située à Kisarazu au sud-ouest de la préfecture de Chiba. Il a reçu le doux nom de Super Monster Wolf, et très honnêtement, c'était le seul nom de baptême valable.

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Notre créature mesure 45 cm de haut pour 60 cm de long, des dimensions très similaires à celles d'un vrai loup. Cependant, les observateurs attentifs auront remarqué que les vrais loups ne possèdent pas de brasier infernal au fond des yeux et ne scrutent pas leur environnement comme s'ils allaient annihiler toute vie animale, végétale et minérale dans les prochaines minutes.

Le robot-loup est capable de détecter des intrus (des espèces invasives, par exemple) sur une parcelle donnée grâce à des capteurs infrarouges. Il essaie ensuite de les intimider grâce aux LED rouges terrifiantes qui lui servent de paire d'yeux, et produit des sons intimidants selon 18 cycles distincts allant des grognements aux coups de feu, en passant par des rumeurs de voix humaines. Au secours.

Dans une vidéo tournée par Kyota Tsutsumi de The Asahi Shimbun, le loup mécanique balance lentement sa tête de droite à gauche et montre les crocs aux spectateurs. Pour un petit effet dramatique supplémentaire, il hurle à la mort, au cas où il resterait des rieurs dans l'assistance. On ne peut s'empêcher de remarquer qu'il ressemble comme deux gouttes d'eau à Gmork dans l'Histoire sans fin.

Apparemment, notre robot-loup remplit parfaitement son office : les représentants de la municipalité de Kisarazy ont affirmé à The Japan News que depuis sa prise de fonction le 11 juillet, nulle trace d'animal sauvage nuisible, ni même d'animal sauvage tout court, n'avait été détectée dans les environs.

Alors certes, employer un robot-loup pour protéger les cultures est un peu ironique quand on sait qu'à la fin du 18e siècle, il était de coutume de s'exclamer : "Oh, seigneur Loup, que dites-vous ? Que diriez-vous de chasser le sanglier de nos champs?" quand quelqu'un croisait un loup au Japon.

Dans les années 1870, cependant, comme les idées occidentales sur les prédateurs ont commencé à imprégner le Japon, la relation entre l'homme et le loup a changé de manière radicale sur le territoire. Les loups ont commencé à être exterminés ; on leur coupait les oreilles et les pattes, avant de les amener à la municipalité pour obtenir une prime.

À la fin des années 1800, le loup de l'Hokkaido - baptisé d'après la préfecture la plus septentrionale du Japon, où le fabricant de Super Monster Wolf a élu résidence, s'est éteint après une campagne d'extermination basée sur des appâts empoisonnés à la strychnine. Aujourd'hui, certaines régions du Japon sont envahies par les cerfs et les sangliers, ce qui nuit aux activités agricoles et a suscité un tout nouveau débat sur la réintroduction du loup. Ce dernier pourrait contribuer à éliminer les espèces nuisibles et à maintenir la biodiversité de ces régions, selon la méthode employée au parc national de Yellowstone, aux États-Unis.

Super Monster Wolf sera commercialisé fin septembre pour 200 000¥, soit 1600$. Un prix plutôt abordable pour un gadget possiblement hanté par les âmes des milliers de loups japonais exterminés au 19e siècle.