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Des barricades dans Bangui : Au moins 21 morts lors de violences pré-électorales en Centrafrique

Des miliciens et des manifestants sont descendus dans les rues de Bangui dimanche, après qu’un quartier à dominante chrétienne a été attaqué en représailles du meurtre d’un musulman.
28.9.15
Photo par Legnan Koula/EPA

Des membres de milices chrétiennes armées et des manifestants ont envahi les rues de Bangui dimanche, en République Centrafricaine, après que des affrontements ont éclaté dans la capitale. Au moins 21 personnes sont mortes et une centaine d'autres ont été blessées samedi après qu'un quartier chrétien a été attaqué en représailles du meurtre d'un homme musulman.

Ce lundi, la ville de Bangui, capitale centrafricaine, s'est réveillée dans un calme précaire après une nuit agitée par des violences. De nombreuses barricades ont été dressées dans la ville.

Dimanche, des groupes de jeunes hommes avaient également bloqué les rues principales de Bangui à l'aide de barricades faites de troncs d'arbre. Les casques bleus ont tenté de vider les rues en lançant des gaz lacrymogènes. Le gouvernement a déclaré que les manifestants tentaient de perturber les élections prévues pour le mois prochain.

« Cela suffit. Nous voulons que la [présidente Catherine] Sanmba-Panza s'en aille, » a déclaré l'un des manifestants à Reuters. « Depuis qu'elle est là, les musulmans tuent en toute impunité. Elle ne fait rien pour les désarmer. »

Le retour des violences

Des témoins ont également rapporté des tirs d'armes sporadiques dans la ville, tout comme le pillage de maisons et de magasins. L'organisation Médecins sans frontière (MSF) a déclaré qu'elle avait reçu 75 patients, et a dit que de nombreux bâtiments en ville avaient été détruits ou endommagés.

« Il est très triste de voir à nouveau une violence d'une telle intensité, sachant que nous n'en avions pas connu comme cela depuis octobre de l'année dernière, » a déclaré Emmanuel Lampaert, le chef de mission pour MSF en Centrafrique. « Toutes nos équipes à Bangui ont été mobilisées et ont travaillé intensément pour apporter des soins aux blessés. Nous continuons à suivre la situation de près au cas où des violences recommenceraient. »

Ces affrontements ont été les pires à Bangui cette année, et des manifestants estiment que les forces françaises et celles des Nations Unies présentes là-bas sont peu intervenues pour stopper les violences de samedi. Certains ont réclamé que les Forces armées centrafricaines (FACA) assurent la sécurité.

Des élections à venir

« Nous appelons à un mouvement de désobéissance civile commençant dès maintenant et nous demandons le redéploiement immédiat et sans condition des FACA, » a dit à Reuters un chef de file de la société civile, Gervaix Lakossa.

Deux ans de violences ont fait des milliers de morts, déplacés et blessés. Le conflit a éclaté quand les rebelles Seleka à dominante musulmane ont pris le pouvoir dans ce pays à majorité chrétienne en 2013.

Les élections pour un nouveau président et un nouveau Parlement, doivent remplacer le gouvernement intérimaire de Samba-Panza. Elles doivent avoir lieu le 18 octobre prochain. Le ministre de la Sécurité Dominique Said Paguindji a dit à Reuters que malgré la violence dans la capitale et des retards sur le plan politique, le vote allait se tenir comme prévu.

Avec Reuters

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