Drogue

Le NPD pourrait élire un chef en faveur de la décriminalisation de drogues

Jagmeet Singh adopte une position qui détonne de son parti.
11.9.17
Crédit photo : CP/Darryl Dyck

Jagmeet Singh a profité du débat de la course à la chefferie du Nouveau parti démocratique (NPD) de dimanche à Vancouver pour mettre de l'avant une proposition sur les drogues beaucoup plus à l'avant-garde que celles de l'histoire récente de son parti.

S'il était élu chef du NPD, le candidat Singh « demanderait que soit décriminalisée la possession personnelle de drogues. Point final », rapporte le Huffpost.

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Les candidats à la chefferie étaient appelés à présenter des solutions à la crise des opioïdes qui bat son plein dans l'Ouest. En Colombie-Britannique, on compte 876 surdoses depuis le début de l'année.

Le député ontarien a évoqué son expérience d'avocat en justice criminelle pour étayer ses propos. « Je peux vous assurer que toutes les personnes qui sont accusées de possession personnelle de drogues sont souvent celles qui sont pauvres, qui ont des problèmes de santé mentale et qui ont des problèmes de dépendance […] Cela ne me paraît pas être un problème de justice criminelle. Ce me paraît plutôt un problème de santé et de justice sociale. »

Toujours selon le Huffpost, Jagmeet Singh juge qu'il faut « décriminaliser et travailler sur la réduction des méfaits, le soutien et la réhabilitation».

Les autres candidats n'ont pas soutenu directement cette proposition. Le député québécois Guy Caron a concédé qu'il s'agissait d'une bonne idée, mais qui méritait d'être mieux étudiée. Le député ontarien Charlie Angus a avancé l'idée d'un programme d'accès sécuritaire aux drogues. La députée manitobaine Niki Ashton a plutôt milité en faveur d'une accélération du processus d'approbation des sites d'injection supervisée.

La proposition plus radicale de Jagmeet Singh est celle mainte fois évoquée par des intervenants du milieu de la réduction des méfaits. Il est très rare de voir un politicien au pouvoir la défendre; même les libéraux qui ont milité pour la légalisation du cannabis ont toujours rejeté l'idée de décriminaliser les autres drogues.

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Au sein du NPD, c'est du jamais-vu, et ça détonne avec ce qui avait été proposé auparavant.

Déjà pour le cannabis, le parti s'est longtemps montré frileux. En 2012, lors de la précédente course à la chefferie, Thomas Mulcair avait assuré qu'il ne comptait pas même décriminaliser le pot. « Je crois que ce serait une erreur. Parce que l'information que nous avons en ce moment est que la marijuana sur le marché est extrêmement puissante et pourrait causer de graves problèmes de santé mentale. »

Mulcair s'est ravisé ensuite et prône désormais la décriminalisation de la possession simple en attendant la légalisation officielle du cannabis, bien qu'il n'ait jamais clairement soutenu celle-ci.

De son temps, feu le chef Jack Layton avait été un des premiers à militer pour la légalisation du weed dans du NPD, mettant de l'avant cette proposition dès sa course à la chefferie.

Une fois élu chef, il n'avait cependant pas reçu un accueil unanime de la part de ses députés. Lors des élections de 2008, Layton avait adouci sa position et militait plutôt en faveur de la décriminalisation du cannabis.

Justine de l'Église est sur Twitter.