Photo : Alexander Katsis

Rafina : les images de la ville grecque ravagée par les flammes

Le photographe Alexander Katsis était sur place, et a capturé les images de la zone sinistrée.

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juil. 25 2018, 1:09pm

Photo : Alexander Katsis

Cet article a été initialement publié sur VICE Greece

À l’heure où nous écrivons ces lignes, les incendies qui ont ravagé la région grecque de l’Attique en début de semaine ont fait 79 morts et 187 blessés, selon le dernier bilan officiel. Pour les autorités locales et les secours, les chiffres auraient encore des chances de croître au cours des prochains jours : plusieurs dizaines de personnes sont toujours portées disparues.

Alors que le gouvernement tente d'identifier la cause - volontaire ou non - de ces incendies, le premier ministre Alexis Tsipras a déclaré l’état d’urgence ainsi que trois jours de deuil national.

C’est dans la ville portuaire de Rafina qu’on a trouvé le plus de morts : 26 corps sur la même parcelle de terre, tout près d’une plage. Selon la police, l’épaisseur de la fumée a empêchés les victimes d’atteindre la mer à temps. Pompiers, secours et bénévoles ont déjà sauvé 700 personnes qui tentaient de fuir vers la côte.

Mardi matin, la police de Rafina a établi un périmètre de sécurité autour de la parcelle en question. Il est toutefois encore possible d’apercevoir l’ombre des corps calcinés sous leurs draps blancs. Bénévole envoyé sur place, Nikos Andiopoulos nous raconte : « Il y avait des familles entières. Certaines victimes sont mortes dans une dernière étreinte. »

Au lendemain de l'incendie, certaines maisons se consumaient encore lorsqu’on traversait la ville. Arrivé sur les lieux, Spyros Hatziandreou témoigne : « Là, c’était chez ma cousine. J’essaie de la joindre depuis hier, en vain. »

Les camions de pompiers dégagent tant bien que mal plusieurs épaves de voitures de la route. À quelques pas de là, Theodoras Zouzoulas est assis dans la cour de sa demeure calcinée : « Il ne reste plus rien. » Costas Boufi a réussi à atteindre la plage à temps : « C’était une question de secondes. En quelques instants, ma maison a été réduite en cendres. »

Savina, elle, est allemande et possède quatre villas sur la parcelle voisine. Trois d’entre elles ont brûlé de la cave au grenier, mais la quatrième est intacte. Encore sous le choc, elle confie : « Je n’ai pas la moindre idée de ce qui s’est passé. J’ai fait comprendre à mes voisins qu’ils pouvaient venir chez moi à tout moment, mais en même temps je me mets à leur place : cela doit leur faire bizarre de voir ma maison en parfait état, comme si rien ne s’était passé. »

Ci-dessous, d’autres photos de Rafina prises mardi matin.

Savina
Costas Boufi
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