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Camille Grignon, la « baby face » du catch féminin

« Les gens sont toujours étonnés que je sois catcheuse. Pour eux, c’est un truc de gros costauds. »

par Axel Lambert
28 Février 2018, 7:00am

Photos : Sébastien Pons

Avant, les catcheuses étaient surnommées les « bimbos » - elles n’étaient là que pour distraire le public. Maintenant, on nous appelle les « divas » et on vient montrer qu’on est aussi violentes que les mecs. Même si, soyons honnêtes, la plastique est toujours importante…

J’ai 24 ans et je suis catcheuse indépendante depuis 3 ans. J’y suis venue naturellement car c’est une passion familiale : mon grand-père, mon père et ma mère étaient catcheurs. Je n’appartiens à aucune fédération, car cela me permet d’adapter mon catch à la scène internationale. En parallèle, je suis en master de droit, à Amiens. J’essaie de gérer comme je peux ces deux vies mais, avec cinq entrainements sportifs par semaine et les compétitions le week-end, je fais clairement plus de catch que de droit ! Mes potes de fac sont toujours étonnés d’apprendre que je suis catcheuse : pour eux, c’est un truc de gros costauds, voir un de gros beauf. De toutes façons, je n’en parle pas beaucoup parce qu’on me pose toujours la même question : « est-ce que c’est vrai ou faux ? ».

La vérité, c’est qu’on est comme des magiciens : on ne dévoile pas nos tours. Mais on se fait mal « pour de vrai » ! Même si on apprend à chuter, après une compétition, on a mal au dos, à la nuque, aux coudes… Le catch, c’est surtout une question d’attitude. Sur le ring, il y a deux types de personnages. Le « gentil » - on dit le « face » - est souvent un voltigeur et il joue beaucoup avec les réactions du public. L’autre, c’est le « méchant », le « heel ». Lui, il est plus violent et il est là pour provoquer le « face ». Moi, je suis plutôt une « face » et comme je suis très souriante, on m’appelle « baby face ».

Le samedi 24 février, j’ai affronté Délia qui est aussi une « face ». Dans ce type de combat – « face » contre « face » - il faut être très technique pour réussir à intéresser le public. Cela signifie qu’on doit multiplier les figures très travaillées, les grosses prises violentes au sol. Mais, comme dans tout combat de catch, il y a aussi des coups improvisés. C’est essentiel parce ça permet à nos réactions d’être plus authentiques. Et c’est ce que le public préfère ! Il est aussi très attaché à certains codes : par exemple, pour conserver la magie du spectacle, on ne montre pas aux spectateurs qu’on connaît son adversaire, qu’on se parle, qu’on se respecte. Il faut garder une attitude méchante jusqu’au bout… Disons, au moins jusque dans les vestiaires !

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