La Grande Barrière de corail serait en partie mourante

Le blanchissement massif du corail a détruit 35 pour cent des parties nord et centrale de la Grande Barrière de corail.

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31 Mai 2016, 10:10am

Photo de David Gray/Reuters

Le blanchissement massif du corail a détruit 35 pour cent des parties nord et centrale de la Grande Barrière de corail. C'est un coup dur pour ce site classé au patrimoine mondial et qui génère chaque année 3,59 milliards de dollars en revenus touristiques.

Les derniers chiffres en matière de mortalité du corail risquent encore d'empirer puisque les 65 pour cent des coraux restants peinent à se remettre du phénomène de blanchissement, d'après les scientifiques australiens à l'origine des résultats dévoilés ce lundi.

Le rapport du Centre d'excellence pour les études des massifs coralliens (l'ARC) fait craindre le pire pour le développement à long-terme de la Grande Barrière de corail, dans le contexte d'un changement climatique. Des scientifiques ont indiqué que l'UNESCO pourrait finir par placer l'ensemble sur sa liste des sites en péril.

« La situation a empiré, » a indiqué à Reuters, Terry Hughes, le directeur de l'ARC et professeur à la James Cook University de l'État du Queensland.

Début mai, le Comité du Patrimoine mondial de l'UNESCO était sur le point de placer la Grande Barrière de corail sur une liste de sites « en danger », avant de se raviser. Cet épisode a jeté le trouble sur le futur du site.

En mars dernier, des scientifiques australiens ont annoncé que seulement 7 pour cent de la Grande Barrière de corail était encore intact et non-touché par le blanchissement. Les scientifiques en avaient profité pour exprimer leurs craintes quant à la partie nord du site. Après plusieurs survols de la zone et des sessions de plongée sur les 84 récifs de la région, les spécialises ont indiqué que l'impact du blanchissement était plus grave que prévu.

« C'est la troisième fois en 18 ans que la Grande Barrière de corail connait des épisodes de blanchissement massif à cause du réchauffement climatique, » a indiqué Hughes. « Et ce dernier épisode est bien plus extrême que les précédents. »

Les résultats auraient pu être pires, si le cyclone Winston de janvier dernier n'avait pas rafraichi les parties sud et centrale du récif, ont indiqué les scientifiques.

Le blanchissement se produit quand l'eau est trop chaude : le corail expulse les algues, il se calcifie et tourne au blanc. Les coraux à moitié blanchis peuvent se rétablir si la température chute, sinon ils meurent. Si la hausse des températures de l'eau est notamment due à El Nino (responsable de la hausse des températures dans le Pacifique occidental), les scientifiques estiment qu'un changement climatique est une cause du blanchissement.

Les résultats de l'ARC ont été publiés quelques jours après que le ministère de l'Environnement australien a confirmé avoir omis de contribuer à un rapport de l'ONU sur l'impact du changement climatique sur les sites classés au patrimoine mondial, prétextant que cela créerait de la « confusion » et aurait un impact négatif sur le tourisme.

L'Australie est l'un des pays avec le plus haut d'émissions de carbone par habitant, notamment à cause de sa dépendance à l'électricité produite avec du charbon.


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