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L'Australie veut éradiquer les carpes grâce au virus de l'herpès

Les carpes encombrent les rivières du bassin Murray-Darling — le plus grand bassin hydrographique du pays, dont l’existence est vitale pour les régions agricoles d'Australie.

par VICE News
04 Mai 2016, 2:34pm

Photo de Shoko Muraguchi

Les autorités australiennes ont lancé un « Carpe-ageddon » contre l'espèce de poisson la plus abondante du pays. Et pour venir à leurs fins, elles comptent utiliser une arme de choix : l'herpès.

Le budget fédéral du pays, publié ce mardi, prévoit d'allouer 15 millions de dollars australiens (environ 10 millions d'euros) au nouveau programme de contrôle de la population des carpes. D'après le vice-Premier ministre, Barnaby Joyce, c'est le seul moyen d'éradiquer « ces poissons de fond suceurs de boue ». Joyce est membre d'une task force ministérielle dédiée à cette entreprise, aux côtés du ministre de l'Environnement Greg Hunt et du ministre de l'Industrie, de l'innovation et des sciences, Christopher Pyne.

Le problème est que les carpes encombrent les rivières du bassin Murray-Darling — le plus grand bassin hydrographique du pays, dont l'existence est vitale pour les régions agricoles.

« La carpe commune est un nuisible qui prolifère dans nos cours d'eau. Cette espèce représente 80 pour cent des poissons du bassin Murray-Darling, » précise Pyne.

Cette espèce — aussi surnommée « carpe européenne » — se reproduit très rapidement et concurrence les poissons indigènes. Puisque les carpes n'ont pas de dents, elles sucent les oeufs de poisson, les insectes, les moules et la matière végétale du lit des rivières — remuant ainsi les sédiments. En conséquence, la qualité de l'eau s'en trouve affectée et les poissons, qui se reposent sur leur vision pour survivre et se nourrir, sont mis en danger.

Les carpes sont particulièrement tolérantes aux eaux polluées — donc peu de gens en consomment. Et puisqu'elles se nourrissent des fonds des rivières, certains disent qu'elles ont le goût de boue.

Des scientifiques de l'Organisation scientifique et industrielle du Commonwealth (CSIRO) ont déterminé que la diffusion d'un herpès spécifique aux carpes dans l'écosystème permettait de se défaire de cette espèce de poissons sans risquer de mettre en péril les autres organismes.

Après la diffusion du virus de l'herpès, il devrait attaquer la peau et les reins des carpes jusqu'à ce qu'elles meurent. Le gouvernement espère que 95 pour cent des carpes de la région meurent d'ici 30 ans.

« Soudainement, il y aura des centaines de milliers, ou même des millions, de tonnes de carpes mortes dans le Murray [un fleuve du bassin Murray-Darling], » explique Pyne. Ce qui va donc nécessiter un vaste nettoyage des cours d'eau pour retirer les carcasses puantes des carpes.

L'arrivée des carpes en Australie remontrait à 1907 d'après Fishing World. Un homme aurait acheté des carpes dans une animalerie de Sydney et les aurait relâchés dans un bassin. Mais le poisson ne s'est vraiment développé que dans les années 1960, quand des carpes ont été transférées d'une ferme aquatique au fleuve Murray. D'importantes inondations ont aussi contribué à la propagation de l'espèce.

Les carpes ont aussi posé problème aux États-Unis, notamment dans le bassin du fleuve Mississippi. Les autorités américaines ont dépensé des centaines de millions de dollars pour endiguer la propagation des carpes, notamment grâce à des barrières électrifiées, des pistolets à eau sismiques et des pièges à odeur.


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