corée du nord

Les épouses fortunées des dignitaires nord-coréens prendraient de la méthamphétamine pour perdre du poids

Ces femmes fortunées utiliseraient cette drogue qui coupe la faim, pour faire un régime. Le pays serait un des plus gros producteurs de meth au monde, avec la bénédiction de l'État.

par Olivia Becker
04 Août 2015, 10:20am

Photo par Fredrik von Erichsen/EPA

Une nouvelle mode inquiétante se développerait dernièrement chez les épouses fortunées de l'élite nord-coréenne : elles prendraient de la méthamphétamine pour perdre du poids. Alors que le reste de la population du pays peine chaque jour pour se nourrir, le journal en ligne Daily NK rapporte que ces femmes utiliseraient de la crystal meth pour faire un régime. Cette drogue leur permettrait aussi de se sentir mieux — du moins quand elles en sont sous l'emprise.

Des experts ont révélé, en 2014, comment la Corée du Nord est devenue, au cours des dernières décennies, un producteur de premier plan de méthamphétamine. Celle-ci annihile toute sensation de faim, mais fournit un boost énergétique. Dans un pays, où la nourriture se fait rare, la drogue se serait rapidement popularisée. La proportion de la population nord-coréenne qui consomme de la meth n'est en revanche pas simple à déterminer. Des études révèlent néanmoins que le niveau de consommation de meth dans le pays aurait atteint un niveau « endémique ». Des Nord-Coréens, qui ont fait défection, ont eux aussi rapporté qu'une grande partie de la population en consomme régulièrement.

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Une source anonyme a rapporté au Daily NK que les épouses des officiels nord-coréens et les compagnes des traders achèteraient de plus en plus de meth.

« Un bon nombre d'entre elles en consomme désormais comme complément pour faire un régime, » a expliqué la source au journal. « Prendre de la meth en Corée du Nord n'a rien de choquant. Les officiels du pays se retrouvent à autoriser de telles pratiques parce qu'ils veulent que leurs femmes soient minces. »

Le problème de drogue nord-coréen a créé des tensions avec la Chine voisine qui a lancé une guerre contre les narcotiques — et spécifiquement les drogues de synthèse, comme la meth, qui transitent depuis le royaume enfermé sur lui-même jusqu'à la Chine. La frontière entre la Chine et la Corée du Nord est aussi surveillée par les autorités nord-coréennes qui craignent que des ressortissants du pays fassent défection ou que d'autres tentent de faire entrer des produits interdits dans le pays.

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Les autorités nord-coréennes contestent le fait qu'elles faciliteraient la fabrication de meth dans le pays. Pourtant des laboratoires de drogue gérés par l'État existeraient, mais leur production décroît depuis quelques années. En revanche, il y aurait de plus en plus de petits producteurs dans le pays.

Nombre d'experts estiment tout de même que les laboratoires privés qui produisent de la meth opèrent avec la bénédiction du gouvernement, qui a pourtant essayé de se distancier de la pratique pour ne pas ternir sa réputation.

« Une fois que vous vous lancez dans le trafic, vous êtes accros, » expliquait l'année dernière, à VICE News, Raphael Perl, auteur d'un rapport parlementaire sur les activités illicites nord-coréennes, publié en 2007. « Toute une hiérarchie militaire est impliquée dans la production et la distribution de meth. C'est une industrie de grande envergure. Donc pourquoi voudriez-vous qu'ils se passent d'une industrie rentable, alors qu'ils ne risquent rien ? »

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Mais la réduction de la production combinée à la répression chinoise — qui empêche une bonne partie de la meth vendue au marché noir de circuler à travers la frontière — a fait fondre l'offre de méthamphétamine en Corée du Nord. La source du Daily NK explique notamment qu'une femme intégrée dans le milieu politique nord-coréen, qui vivait dans la ville d'Hyesan, avait choisi d'aller vivre chez son dealeur pour s'assurer d'avoir accès à de la meth.

« La répression sur la meth est de plus en plus sévère, alors ce genre de choses arrive tout le temps, » explique la source.

Il faut néanmoins rappeler que le « régime meth » — si tant est que cela existe — ne concerne qu'une minorité dans le pays. L'addiction à la drogue serait largement développée dans le pays, mais dans le même temps, la plupart des Nord-Coréens sont au bord de la famine et se trouvent réduits au travail forcé.

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« Le Nord-Coréen lambda n'a pas le temps et encore moins l'opportunité de gagner du poids entre le travail forcé et le manque de nourriture, » explique la source anonyme au Daily NK. « Si les épouses fortunées qui veulent perdre du poids, partageaient simplement la nourriture qu'elles — avec le reste de l'élite — confisquent, elles ne mangeraient pas tout toutes seules et ne grossiraient pas. »

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