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Le nombre d’agressions sexuelles n’a pas baissé en dix ans

La plupart des autres crimes sont en baisse.
Crédit photo | Volkan Olmez

Statistique Canada a déposé ce matin son bilan des agressions sexuelles autodéclarées en 2014, et on y apprend que 635 000 agressions sexuelles ont été déclarées, en très forte majorité par des femmes.

Les données ont été recueillies dans le cadre de l'Enquête sociale générale (ESG) sur la sécurité des Canadiens.

On rapporte que ces crimes restent vastement sous-rapportés, avec seulement un signalement aux autorités sur vingt. Ce portrait n'a pas beaucoup changé depuis 2004 (avant-dernière fois que l'enquête a été menée), ce qui laisse supposer que la police a encore de grands efforts de sensibilisation à faire auprès des victimes pour s'assurer d'avoir leur confiance. Près de 40 % des victimes avouent ne pas avoir communiqué avec la police parce qu'elles ne pensaient pas que l'agresseur recevrait une sentence adéquate.

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« Parmi les raisons les plus souvent invoquées pour ne pas avoir signalé l'agression à la police figuraient le fait que, aux yeux de la victime, le délit était anodin et ne valait pas la peine d'être signalé (71 %), que l'événement était une affaire privée ou personnelle qui a été réglée de façon informelle (67 %), et que personne n'a été blessé pendant l'événement (63 %). »

Statistique Canada

Bon, si la plupart des statistiques n'ont pas changé depuis 2004, les agressions sexuelles doivent probablement avoir baissé chez les jeunes. Les safe spaces, tous les efforts de sensibilisation dans les écoles, dans les scènes culturelles, tout ça doit certainement avoir une incidence sur les stats?

Nope. Il se trouve que 68 % des agresseurs ont moins de 35 ans et que plus de 52 % connaissent leur victime.

L'enquête révèle par ailleurs que les agressions sexuelles sont plus fréquentes chez certains groupes. Les femmes avec des problèmes de santé mentale, les homosexuelles ou bisexuelles, les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans, les étudiantes, les autochtones et les célibataires sont celles chez qui on note le plus haut taux d'agressions sexuelles.

Il y a eu très peu de changements dans les dix dernières années dans les taux d'agressions sexuelles. Les statistiques sont à peu près similaires à celles de l'enquête de 2004, ce qui contraste avec la majorité des autres crimes, comme les voies de fait et les vols, dont les taux ont baissé durant la même période.

Pour l'ESG, on compte parmi les agressions sexuelles les attouchements sexuels non désirés, les attaques de nature sexuelle ou une activité sexuelle à laquelle la victime ne pouvait pas consentir (par exemple parce qu'elle était sous l'effet d'une drogue ou de l'alcool, ou encore si elle a manipulée).

Billy Eff est sur internet ici et .