Un gourou népalais fait l’objet d’une enquête sur la disparition de ses disciples

L'homme, surnommé « Buddha Boy », a déjà été accusé d'agressions sexuelles et de viols.

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10 Janvier 2019, 8:16am

Image via YouTube/Raidenway

Il serait la réincarnation de Bouddha. Ram Bahadur Bomjan, 28 ans, surnommé « Buddha Boy », fait l'objet de nombreuses accusations accablantes. La police locale s’inquiète de la disparition d’au moins quatre de ses disciples et a décidé d’ouvrir une enquête. Par le passé, Ram a déjà été accusé de violence physique, d’agression sexuelle et de viol, rapporte le Guardian.

« La police a commencé à enquêter sur ces plaintes contre Bomjan », confirme Uma Prasad Chaturbedi, porte-parole du bureau central des enquêtes du Népal à Katmandou. « L'enquête en est au stade préliminaire et nous ne pouvons pas fournir plus de précisions. »

Buddha Boy a gagné en notoriété et en gloire en 2005 après que plusieurs de ses disciples ont affirmé qu'il pouvait méditer pendant des mois dans la jungle népalaise sans bouger, sans manger, sans boire et sans dormir. Des milliers de personnes ont défilé pendant des jours rien que pour assister à ces prétendus « miracles de la méditation ». Mais au cours des dix dernières années, Ram a également fait face à diverses accusations de comportement immoral et abusif.

En 2010, la police du district de Bara, au Népal, a reçu 17 plaintes d’agression à l’encontre de Ram. Selon la BBC, Ram a admis avoir giflé « deux ou trois » villageois qui avaient perturbé sa méditation. « Ils m’ont dérangé pendant que je méditais… [et] ont essayé de me malmener… J'ai donc été obligé de les frapper. » Les villageois ont affirmé qu'ils cherchaient tout simplement des fruits et des légumes lorsque Buddha Boy les a attaqués et ont insisté sur le fait qu'ils avaient été agressés plus sérieusement que suggéré, selon les médias locaux.

Plus récemment, Ram a été accusé d’exploiter sexuellement des nonnes dans ses ashrams, comme le révèle une série de reportages du journal népalais Setopati. Plusieurs de ses anciens fidèles et leurs familles l'ont accusé d'exploitation sexuelle et, en septembre de l'année dernière, une religieuse de 18 ans l’a accusé de l'avoir violée. Le Kathmandu Post rapporte que de nombreux incidents ont eu lieu au sein des ashrams et qu’ils n’ont pas été signalés à la police. D'autres anciens disciples ont raconté que le chef spirituel avait recours aux menaces et à l'intimidation pour faire taire ses détracteurs.

Maintenant, quatre familles différentes ont déposé des plaintes contre Ram, affirmant ne pas pouvoir contacter leurs proches depuis des années. L'un des disciples disparus, Chunmo Dolma, n'a plus donné de nouvelles depuis qu’il a quitté l'ashram Sindhuli de Buddha Boy en 2012. Les autres, Suresh Ale Magar, Sancha Lal et Fulmaya Rumba, se sont volatilisés il y a respectivement trois, quatre et cinq ans.

La police des différents districts où les disciples ont disparu a ouvert une enquête sur leur disparition. « Notre équipe est en train de recueillir des informations auprès des familles de Fulmaya et de Sanchalal », a déclaré SP Buddhi Bahadur Gurung, chef de la police du district de Makwanpur. « Nous allons également ouvrir une enquête sur ce qui se passe au sein de l'ashram. »

Le Bodhi Shrawan Dharma Sangha, une organisation associée à Ram, a récemment contesté les allégations de Setopati contre le chef spirituel et les cas de disparitions, d'agressions sexuelles et de violences physiques qui auraient eu lieu dans ses ashrams.

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