La Corée du Nord récupère le corps de Kim Jong-nam et trois ressortissants

Les trois Nord-Coréens ont pu être interrogés par la police malaisienne et ont été autorisés à quitter le pays.

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31 Mars 2017, 3:05pm

ASSOCIATED PRESS

Trois Nord-Coréens, recherchés pour être interrogés sur le meurtre du demi-frère de Kim Jong-un, ont été rapatriés chez eux ce vendredi, dans le cadre d'un échange avec la Malaisie.

Cet échange a permis à neuf Malaisiens, coincés en Corée du Nord depuis trois semaines, de pouvoir rentrer chez eux. Ils sont arrivés tôt ce vendredi matin. En plus des trois hommes, la Corée du Nord a aussi réussi à récupérer le corps de Kim Jong-nam.

« C'est une victoire pour la Corée du Nord, » estime Daniel Pinkston, un expert des relations internationales à la Troy University de Corée du Sud. Et ce n'est pas la seule nouvelle qui a réjoui le leadership nord-coréen ce vendredi : la présidente destituée de Corée du Sud, Park Geun-hye, a été arrêtée ce vendredi matin, soupçonnée de corruption.

Le contingent nord-coréen était retenu en Corée du Nord, suite à la querelle née de l'assassinat de Kim Jong-nam dans l'aéroport de Kuala Lumpur. La Corée du Sud est persuadée que le meurtre, réalisé grâce à un agent toxique (le VX), a été orchestré par des agents nord-coréens.

Les autorités malaisiennes ont cherché à questionner huit ressortissants nord-coréens dans le cadre de l'enquête. Cinq d'entre eux étaient déjà rentrés en Corée du Nord, alors que les trois autres étaient à l'abri dans l'ambassade du pays ermite en Malaisie. Agacée par l'enquête malaisienne, la Corée du Nord a imposé une interdiction de voyager aux Malaisiens au début du mois, bloquant trois diplomates et six membres de leurs familles à Pyongyang. En réaction, la Malaisie avait alors empêché 300 Nord-Coréens de quitter le pays.

La police malaisienne a indiqué avoir pu interroger les trois Nord-Coréens cachés dans l'ambassade – Hyon Kwang-song, un employé de l'ambassade ; Kim Uk-il, qui travaille pour la compagnie aérienne nord-coréenne ; et Ri Ji-u – mais n'avait pas de raison de les garder plus longtemps.

« Nous avons obtenu ce que l'on voulait d'eux, » a confié aux journalistes le chef de la police locale, Khalid Abu Bakar. « Ils nous ont aidés et ont été autorisés à partir. »

Le Premier ministre malaisien, Najib Razak, a estimé que le dénouement de cette affaire était « un succès », en précisant que lui et son équipe avaient « intensivement oeuvré dans l'ombre » pour régler ce problème.

« Nous avons surmonté plusieurs défis pour assurer le retour de nos concitoyens, » a dit Razak, ajoutant que son gouvernement était complètement engagé pour faire respecter la justice et la souveraineté. L'enquête de police va donc suivre son cours.

Deux femmes – originaires respectivement du Vietnam et d'Indonésie – ont été inculpées pour le meurtre de Kim Jong-nam. Les deux suspectes ont été filmées en train d'étaler une substance sur le visage de Kim, qui attendait son vol. Elles ont par la suite dit qu'elles pensaient participer à un canular.

Si la Corée du Nord peut se réjouir du retour de ses concitoyens, les trois hommes peuvent s'attendre à un retour compliqué, selon Pinkston.

« Peut-être que le régime va estimer que se faire attraper était une erreur inexcusable, » avance le spécialiste.

Avant cet incident diplomatique, la Malaisie était l'un des rares pays à entretenir une relation privilégiée avec la Corée du Nord – si bien qu'aucun visa n'était nécessaire pour se rendre en Corée du Nord pour les Malaisiens, et inversement.

Razak a dit qu'il ne comptait pas geler les liens diplomatiques avec la Corée du Nord suite à cet incident. Le Premier ministre espère juste que cela ne reproduise pas.

« Cela détériorerait les relations qui existent entre les deux pays, » a dit Razak.

Leonid Petrov, un spécialiste de la Corée de l'Australian National University, ne s'attend pas à ce que les relations entre les deux pays en pâtissent sur le long terme – mais il pensait que la Corée du Nord serait plus prudente pour couvrir ses opérations menées à l'étranger.


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